Extrait du blog de Jean-Patrice, qui nous raconte sa vie et ses souvenirs entre deux critiques acerbes de blogs.

Enfants, ma soeur et moi nous détestions généalogiquement. Et d'autant plus à l'approche de la sanction de Noël.
Avions-nous été suffisamment aimants pour mériter les joujoux par milliers?
Mais ce que je sais, c'est que nous jouions à faire enrager maman, excellent prétexte pour nous adonner ensuite à la pratique quotidienne de la lettre au Père Noël.
Maman était doublement ravie, elle pensait que nous y croyions dur comme fer et nous lui donnions l'occasion de la laisser tranquille boire son thé.

Ainsi, et dès le début du mois d'octobre, la guerre des missives était déclarée.
Nous corsions l'affaire en nous faisant passer tour à tour pour l'autre, de façon à augmenter le débit de notre correspondance.
Nous y trouvions notre compte d'adversité et ça se passait en silence, seul le chuintement de la mine grasse du crayon gris et nos rires étouffés perturbaient la compétition.

"Cher Papa, pour Noël, je veux du caca dans ma culotte tous les jours et des draps en fil de fer barbelé, signé ta petite Hildegarde."
"Cher Papa Noël, cette année, j'ai été d'une sagesse karmique, ainsi ne pourras-tu pas me refuser la petite fiole d'arsenic que je t'ai commandé l'an dernier, signé ton dévoué Jean-Patrice."

Jusqu'à ce que ma mère découvre nos jeux épistolaires et ne trouve d'autres solutions que de tout nous avouer.

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