Deux jumeaux, un frère et une soeur séparés à la naissance et élevés en Grande-Bretagne par des familles adoptives différentes, se sont mariés sans connaître leur lien de parenté.
Un juge de la Haute Cour a récemment prononcé la nullité de cette union entre un frère et une soeur qui avaient toujours ignoré l'existence de l'autre.
On imagine sans peine le choc que ça a du être pour ce couple à qui on apprend après leur mariage qu'ils sont frère et soeur et n'ont pas le droit d'éprouver de l'amour l'un pour l'autre, que leur relation est incestueuse.

Ce fait divers relance le débat sur le droit ou pas pour les enfants adoptés d'avoir accès à l'identité de leurs parents biologiques en cas d'abandon à la naissance, ou bien de leur père ou mère biologique en cas de don de sperme, ou don d'ovule.
La loi de 1941 autorise les femmes à accoucher en France dans le secret, ne laissant aucune trace de son passé à l'enfant qui se voit attribuer un numéro par les services sociaux et est privé d'identité.
Cette loi a été votée pendant la deuxième guerre mondiale, alors la majorité des femmes étaient toutes seules, les hommes étant partis se battre, et il arrivait fréquemment que des enfants naissent de relations extra-conjugales ou de viols. On est plus vraiment dans ce schéma aujourd'hui...
La France est le seul pays, avec le Luxembourg, à permettre l'accouchement sous X, interdisant à l'enfant l'accès à sa filiation biologique.
Dans le cas des adoptions à l'étranger, la difficulté de la quête des parents de naissance et la souffrance ressentie sont identiques, les adultes adoptés ont tout autant besoin d'en savoir plus sur leurs origines et leur histoire pour se construire.

Je pense qu'il faudrait donc lors d'un abandon faire le maximum pour qu'un dossier le plus complet possible soit construit et disponible plus tard pour l'enfant. L'ignorance est trop difficile à vivre pour certains et les bloque dans leur épanuissement personnel. Personnellement, si j'adoptais un enfant, je ferais mon enquête personnelle dés la rencontre avec l'enfant, auprès de l'orphelinat ou des services sociaux, par amour pour lui. Il est évident que 20 ans après, il aura moins de chances d'avoir des témoignages ou informations intéressantes sur ses parents alors si je peux l'aider le plus tôt possible, voire même rencontrer ses parents pour obtenir des parcelles de son histoire, tant mieux.
Il est vrai que beaucoup de parents qui ont fait le choix difficile de l'abandon ne souhaitent pas laisser leur identité ou d'autres détails, mais tout n'est pas fait pour les y inciter et il est scandaleux quand les informations existent qu'elles ne soient pas divulguées à l'adulte en manque de repères qui les demande.
J'espère que les associations qui cherchent à faire évoluer la législation française vers une suppression de tout secret de la filiation vont atteindre cet objectif plus qu'humain et nécessaire.