Savoir dire NON, un art difficile mais précieux


Hier ma fille faisait ses devoirs avec son papa.
Comme d'habitude, elle a du mal à se concentrer, remue sur sa chaise, ne relit pas, répond et calcule trop vite sans vérifier, d'où des erreurs d'étourderie facilement évitables.
Elle entrecoupe ses exercices de "c'est nul l'école, j'aime que la récré", ou "elle est nulle ma vie" qui n'arrangent rien.
Complaintes évidemment exagérées dans le but de nous apitoyer sur son sort, étant donné qu'elle adore sa maîtresse et travaille mieux avec elle qu'à la maison. Enfin bon.

Ce bout de dialogue m'a néanmoins fait réfléchir et rebondir sur un débat d'actualité, vous allez comprendre pourquoi :

Nectarine à son père :
- J'en ai marre, pourquoi tu me grondes pendant les devoirs ?
- Mais parce que tu ne te concentres pas, tu n'écoutes pas ce qu'on te dit !
- Et tes parents aussi ils te grondaient quand t'écoutais pas ?
- Euh, mais oui, bien sûr !
- Ah d'accord, alors tu fais comme eux...Tu sais t'es pas obligé de faire tout comme tes parents hein !

Un peu retourné Misternec. Moi aussi, je rigole bêtement dans mon coin.

Vous vous souvenez de cette émission racoleuse, le jeu de la mort, reprenant l'expérience de Milgram ? Ou comment 80% des gens torturent un homme, malgré ses cris de souffrance, et vont jusqu'à le tuer potentiellement parce qu'une instance supérieure leur assure que c'est bien, qu'ils ne sont pas responsables, qu'ils doivent juste obéir aux instructions.

Depuis qu'on est enfants, on nous demande d'obéir au quart de tour. Tout parent tente comme il peut de juguler opposition, caprices, de formater les caractères difficiles, de maîtriser toute forme de rébellion et d'insolence. Beaucoup discutent avec leurs chérubins, mais combien, à bout de force, ou parce qu'ils ont été ainsi éduqués, s'entendent asséner aux petits rebelles : "tu te tais, tu fais ce qu'on te dit, on ne te demande pas de réfléchir", ou "c'est comme ça, c'est moi qui commande, si tu continues à désobéir, tu seras puni".
Cela nous arrive aussi, même si on essaie d'expliquer, au risque de rentrer dans des négociations sans fin pas toujours heureuses.

A l'école, Nectarine a aussi bien compris qui est la chef, et qu'elle doit suivre les instructions, sans toujours réfléchir ou avoir le droit d'émettre une remarque si elles ne sont pas logiques.
Si l'institutrice demandait soudainement en plein cours à chaque enfant en insistant de foutre une claque à son voisin, que se passerait-il ? Qui oserait s'opposer ?
Ma fille rentrerait juste en me disant qu'elle a trouvé ça bizarre de la part de sa maîtresse, mais je ne suis pas certaine qu'elle aurait osé dire NON.
Idem au cours de poney où son prof est un bon mélange de gentillesse, d'humour et d'autorité. Il parle fort et impressionne les petits, qui suivent ses ordres à la lettre.
Puis ce sont les profs de fac, maîtres de stage, patrons au boulot qui prennent le relais.

Chez France Telecom et ailleurs, des dizaines de salariés au bout du rouleau en viennent à se suicider plutôt que de dire merde. Pourquoi ? La peur de ce petit chef tyrannique, leur emploi stressant et peu épanouissant mais qu'ils ne peuvent se permettre de perdre, le regard des autres, la perte de confiance en soi ?
Même lorsque l'on devient indépendant adulte, on est éduqué, habitué à avoir un plus fort que soi qui a tout pouvoir sur nous.
Là encore, la solution pourrait passer par le dialogue avec l'enfant.
Peut-on lui expliquer qu'il faut obéir, nous faire confiance parce qu'on est plus grands, plus intelligents et sages, mais qu'attention, si des ordres vont contre ses valeurs morales, s'il s'agit de blesser voire tuer un individu, faire du mal, agir contre ses convictions, il faut avoir le courage de s'opposer ? Je le crois.
J'ai essayé d'expliquer cette nuance à Nectarine. Obéir oui, mais savoir dire non quand un ordre nous semble injuste. Quitte à perdre le respect du chef en question, se faire virer, perdre de l'argent ou un ami. Qui profitent d'un charisme, d'un pouvoir pour nous pousser à faire du mal, ou nous faire du mal.
Mais conserver l'estime de soi, ses valeurs profondes intactes. Poser les limites à ne pas dépasser, et s'y tenir.

Et vous, savez-vous vraiment dire NON ?




 
 
Commentaires

1.   Bealapoizon  -  lundi 29 mars 2010 - 13:42


J'avais tout juste 19 ans lorsque j'ai étudié l'expérience de Milgram... à l'époque je me souviens, j'avais annoncé clairement que moi je n'aurais pas appuyé sur le bouton déclenchant les électrochocs.

A 37 ans, ton texte que j'apprécie beauoup me dérange, voire me "démange"... C'est vrai ça, est-ce qu'on sait encore dire non sous cette pression sociale permanente dans laquelle nous vivons ? Ne sommes nous pas comme tu le dis, conditionnés dès le plus jeune âge à nous soumettre et à obéir ?

Facile de dire... taratata moi je sais dire non... mais est-ce bien sûr ?

   
 

2.   Angélita  -  lundi 29 mars 2010 - 13:56


Alors là, bravo.
Cela fait 14 ans que chaque décision est commentée. Un non a toujours été suivi d'explication. Un oui aussi.
Cela lui permet d'avoir notre confiance et elle aussi confiance aussi. Ce qui fait qu'elle n'hésite pas à se confier par rapport à d'autres ados.
Cela ne se passe sans cris, certaines fois, loin de là.
Elle aussi, connait l'autorité et comme tu dis, si un prof lui dit de faire quelque chose, elle le fait, même si elle se rend compte que ce n'est pas bien. Mais au moins, elle raconte à la maison et s'il faut prendre des décisions, on les prend.
Toutes nos décisions ont été prises en commun.
Ce n'est pas parce que c'est une enfant qu'elle ne comprend pas (du moins quand elle était plus jeune) et elle aussi a droit à donner son avis

   
 

3.   Me myself and I  -  lundi 29 mars 2010 - 13:58


Je sais dire non. Dans les domaines que je maîtrise, je sais le faire. Au boulot par exemple, dans mon ancien taf où justement tout le monde se contentait de suivre comme un mouton, moi je claquais les portes. J'étais connue pour "ma grande gueule". Je le suis toujours.
Et quand je ne maîtrise pas (tout ce qui est émotionnel en fait), ce sont mes notions "de base", mes valeurs, qui reprennent le dessus.
J'ai un caractère fort. Un peu trop parfois. Je suis ce qu'on appelle communément "une femme de tête" ou "une chieuse". Avec l'intelligence (parfois) de savoir admettre quand j'ai tort (pas toujours hein).
N'empêche que mon ex-mari avait réussi à annihiler cette confiance que j'avais en moi. Je me demande encore comment j'ai pu me retrouver aussi bas avec le caractère que j'ai.
Personne n'est à l'abri de se retrouver le "mouton" de quelqu'un.
Dans mon cas précis, je dois dire que c'est le lien émotionnel plus que le lien hiérarchique ma faiblesse.
Ca fait réfléchir...

   
 

4.   Madame Sophie  -  lundi 29 mars 2010 - 13:59


Très difficile de savoir dire non. Je l'ai fait très récemment encore, au travail. On m'a retiré une mission puis on a voulu me la rendre car ma remplaçante ne savait pas faire. J'ai dit NON, assumez votre choix, j'assumerai les conséquences du mien. Mes collègues ont fait les yeux ronds, en trouvant que j'avais beaucoup de toupet. Moi aussi, j'ai trouvé que j'avais un culot monstre! :-) Mais j'ai failli laisser ma vie pour le boulot, je m'en suis sortie, je ne ferai pas les mêmes erreurs deux fois. Et j'essaye au maximum de me tenir à mes valeurs, mais c'est vrai que ce n'est pas toujours simple!!

Avec les enfants, c'est plus compliqué. je pense qu'il faut apprendre en même temps leur apprendre l'estime de soi, comme tu le dis, mais il faut aussi leur apprendre qu'on ne peut pas toujours dire non, malheureusement, car la pression sociale existe. Leur apprendre à composer avec les deux, en somme.

   
 

5.   MissBrownie  -  lundi 29 mars 2010 - 14:20


C'est marrant, TiBiscuit a le même genre de raisonnement que Nectarine !
Pour ce qui est du dire "Non", j'avoue, c'est pas toujours simple de dire non, mais au boulot, on a appris à dire "non" aux chefs! Ras le bol de se faire exploiter pour pas grand chose!

   
 

6.   Aurélie  -  lundi 29 mars 2010 - 15:18


Ce n'est pas si facile que ça de dire non... j'aimerais savoir le faire plus souvent! Mais il faut savoir le faire intelligemment ;)

   
 

7.   Max  -  lundi 29 mars 2010 - 15:21


deux articles du figaro de ce jour arrivés en même temps que le tien sur mon reader et sur le mêm sujet
:
www.lefigaro.fr/sante/201...

www.lefigaro.fr/sante/201...

   
 

8.   Faustine  -  lundi 29 mars 2010 - 15:30


Je t'avouerai que vis à vis des enfants, je ne sais pas trop vu que je n'en ai pas et je ne ferais pas la comparaison avec ceux que j'ai pu garder, car ça n'a rien à voir.
Maintenant dans boulot, j'arrive à peine seulement maintenant, au bout de presque 8 ans de boite à m'affirmer et dire non intelligemment ...
Très bon billet (comme toujours ;).
Au fait, je viens à l'instant de t'envoyer le mail que tu attendais depuis une éternité ;)

   
 

9.   AlexandraToday  -  lundi 29 mars 2010 - 16:32


En viellissant, je dis plus facilement non au boulot, mais c'est un non diplomatique et argumenté ! Aves mes enfants, je leur apprends que je peux râler, exiger des choses d'eux et qu'ils sont libres de me dire s'ils ne sont pas d'accord avec moi... et j'argumente aussi beaucoup ! Tout ça donne... soif !

   
 

10.   Lolotte  -  lundi 29 mars 2010 - 17:43


Ce n'est pas si facile de dire NON. Comme ce n'est pas si facile de dire ce que ne va pas ... surtout en milieu professionnel, beaucoup plus simple de féliciter !!!
Etre capable de trouver les arguments et parfois le courage est un long apprentissage. J'ai tendance à faire comme Angelita, donner une explication au "oui" comme au "non" mais ce n'est pas toujours possible et puis "non" aujourd'hui peut devenir "oui " demain ... pas simple.

   
 

11.   madamezazaofmars  -  lundi 29 mars 2010 - 18:33


Avant impossible de placer un non, trop timide, trop gentille... mais depuis que je bosse a la pharmacie, je suis une ordure

   
 

12.   Aude Nectar  -  lundi 29 mars 2010 - 22:27


Pour que de tels résultats d'expériences soient atteints, que des exterminations d'êtres humains, dénonciations aient lieu comme sous Hitler, ainsi que ce harcèlement que subissent des salariés au point de se suicider, oui on doit être un minimum conditionnés depuis l'enfance. Dans certains cas les hommes agissent malgré eux, contre leurs valeurs, ce qu'ils croient justes. Ils n'osent remettre en question l'autorité, ou se sentent importants et fiers de suivre la voix du pouvoir.
Il y a parfois trop de risques à dire non, et je reconnais que ce n'est pas toujours évident. Je n'ai pas toujours osé le dire de mon côté. Il suffit d'un chef ou quelqu'un qui a l'air très sur de soi pour nous faire hésiter un peu.
Mais avec l'expérience et l'âge, on apprend à se démarquer, prendre du recul par rapport à ce que pensent les gens (ou j'aurais arrêté d'écrire !) et ça devient plus facile. Et puis être en accord avec soi-même est important.
C'est ce que nous devons apprendre à nos enfants autant que possible.
Sans être trop souples parce que malgré tout, ils ont besoin de limites, comme on peut le lire dans les articles du Figaro (liens de Max).

On voit dans vos coms qu'au boulot ce n'est pas facile de s'opposer aux collègues, au patron, de sortir des rangs. Risque financier, d'être jugé, déconsidéré, mal évalué, dans un contexte de chômage qui nous pousse davantage à être mouton pour garder sa place. Mais dans les cas extrêmes (ordres qu'on ne cautionne pas, trop de pression, manque de respect...) il faut savoir dire NON, remonter les problèmes, partir s'il le faut. Bon courage...du stress ou des non étouffés au travail, on passe tous par là. Posez les limites (santé, famille..).

   
 

13.   Kahlan  -  lundi 29 mars 2010 - 22:38


C'est bien compliqué, comme questionnement...et dur de répondre à la question finale, tant qu'on n'est pas dans cette situation très particulière. Parce que ne pas dire non pour certaines choses qui nous paraissent sans conséquence, c'est différent que de ne pas dire "non" à des trucs plus graves...Et pourtant, la frontière entre les deux n'est sans doute pas si évidente à discerner.

   
 

14.   Sandra  -  lundi 29 mars 2010 - 22:56


Violentes tes images de la fin..........

Et non , je ne sais pas dire non, ça me gêne, question d'éducation peut-être

   
 

15.   teawithmilk  -  mardi 30 mars 2010 - 00:55


moi je ne sais clairement pas dire non...et c'est souvent tres dur, au boulot surtout. Malheureusement l'education y est pour beaucoup....je pourrais en raconter des tonnes.
Malheureusement je ne suis pas certaine de bien reussirà toujour sexpliquer à mes enfants.....j'essaie mais ce n'est pas evident...surtout quand ce n'est pas naturel hez moi.
Sujet douloureux!

   
 

16.   Bulles d'infos  -  mardi 30 mars 2010 - 09:32


Avec le temps j'arrive à dire "non", en tout cas je suis capable de m'exprimer plus clairement.
Mais dire non est encore parfois difficilement accepté dans notre société. Sans entrer dans les détails, je l'ai fait il y a peu de temps et j'en paye depuis les conséquences chaque jour. Je ne regrette pas mon choix mais me retrouve très isolée "idéologiquement" (tout le monde te dit dans ces cas là "tu as eu raison" mais personne n'aurait fait comme toi). Ce qui me fait tenir ? La force de mes convictions et la certitude qu'il faut savoir parfois s'opposer.

   
 

17.   UneChambreàMoi  -  mardi 30 mars 2010 - 10:01


Bonjour Aude!

As-tu lu "il est permis d'obéir: l'obéissance n'est pas la soumission" de Daniel Marcelli?
www.amazon.fr/est-permis-...

Le pédopsy tente exactement de répondre à ta question. Je suis en plein dans la lecture de ce bouquin, et le thème de l'expérience de Milgram y est d'aillleurs abordé.

je te le conseille!

   
 

18.   Leona  -  mardi 30 mars 2010 - 11:40


Ma fille n'ayant que 2 ans et demi, je n'ai aucun scrupule à lui dire sèchement "non !" sans toujours prendre la peine d'expliquer pourquoi. Elle est en plein dans la période où elle nous "teste", donc je lui pose des limites, point final. Quand elle sera plus grande, je "justifierai" plus souvent mes interdictions. Ca me paraît assez logique.

Sur le débat beaucoup plus difficile de l'obeissance aveugle et de la capacité de dire non, moi aussi j'ai une grande difficulté à dire non à certaines personnes, notamment au boulot. Par contre je suis capable de traîner pour effectuer une tâche que j'ai acceptée de faire, mais bien sûr c'est un mélange de lâcheté et de paresse. Et j'ai le "courage" de dire non quand c'est ma santé, celle de ma fille ou son bien-être qui est en jeu.

Qui peut affirmer la tête haute qu'il ou elle n'aurait jamais accepté de dénoncer quelqu'un pendant la Deuxième guerre, ou d'accomplir un acte méprisable, pour sauver sa peau ou épargner des souffrances à sa famille ?? C'est trop facile et très hypocrite d'affirmer le contraire alors qu'on a jamais eu à affronter ça.

   
 

19.   leoetlisa  -  mardi 30 mars 2010 - 11:45


Difficile de savoir où mettre le curseur, il faut obéir à des règles sinon c'est l'anarchie et avoir conscience que ces règles sont nécessaires et légitimes. Si ta fille ne se concentre pas elle n'aura pas de bons résultats, la sanction tombe d'elle même. J'aime beaucoup l'approche de Montessori qui responsabilise les enfants (peut être LA solution ?), malheureusement très peu d'école et à un coût prohibitif.

   
 

20.   emanu124  -  mardi 30 mars 2010 - 12:51


Oh OUI... C'est tellement jouissif de dire NON...
C'est une des choses principales que m'ont enseigné mes parents, ne jamais accepter parce qu'on te dit "c'est comme ça"..
C'est sans doute, avec ma paresse, ce qui explique mon peu de réussite professionnelle, car j'ai une tendance chronique à remettre en cause les consignes.
Une de mes devises est "ce n'est pas parce que 95 % de crétins font une chose qu'il faut systématiquement les imiter".

   
 

21.   Aude Nectar  -  mardi 30 mars 2010 - 14:32


Oui responsabiliser les enfants, mais ils n'ont pas toujours la maturité pour...
J'ai rencontré des personnes qui souffrant trop de ne pas savoir dire non, ont suivi une psychothérapie spéciale pour y arriver.
En fait ce qui est difficile, c'est qu'il faut juste réussir à en avoir rien à foutre de ce que vont penser les gens et des conséquences, que les valeurs soient plus fortes, même si le reste de la masse suit l'avis opposé. Il faut une sacrée indépendance et force de caractère, et je crois qu'on manque aussi d'entraînement !
Mais c'est fou parfois de voir les gens changer d'avis comme de chemise selon les personnes qui les écoutent, ou l'assurance de l'interlocuteur en face. "Ah oui, finalement, tu dois avoir raison..." et puis si autant de monde semble cautionner, le doute s'installe, peut-être qu'ils ont raison ? ("et si les juifs posaient réellement problème ?").
Bref je comprends, l'humain est faible, qu'on puisse être influencés, même si aujourd'hui on est convaincus que non, c'est impossible.
Au boulot j'ai appris à dire non, je ne suis jamais revenue bosser le samedi comme les collègues, je refusais, et je m'arrangeais pour prouver à mon supérieur que je pouvais finir plus tôt, que c'était inutile, et ça marchait. Il faut dire que comme Manu, je n'ai jamais été prête à sacrifier ma vie privée pour le travail, tant pis pour les mécontents.
J'ai souvent réfléchi à ce que j'aurais fait pendant la seconde guerre mondiale, j'ai des amis juifs alors ça aide. Je suis convaincue que j'aurais caché ceux que je pouvais chez moi, même si j'avais du être exécutée pour cela. Je ne souhaite pas revivre cette période pour tester mon courage et mes valeurs, et je découvrirais peut-être que je ne suis qu'une couarde, mais je ne pourrais vivre avec ça sur la conscience de toutes façons.

J'avais entendu parler de l'approche de Montessori. Il devrait vraiment y avoir un cours de morale (sans obligatoirement y mêler la religion), de savoir-être et vivre à l'école, au lieu d'apprendre les noms des fleuves par cœur.
En plein dans le sujet Marine en effet, je note cette référence !
Merci, et bon non !

   
 

22.   Marine  -  mardi 30 mars 2010 - 16:14


Une bien jolie illustration pour une question de taille... tout le monde pense que oui, dire non, on sait le faire, mais lorsqu'on se retrouve confrontée à une situation délicate c'est forcément moins évident...

   
 

23.   M1  -  mardi 30 mars 2010 - 18:30


Une bien difficile équation !
Pourquoi est-ce qu'on ne dit pas non aux religions dont l'essence même du pouvoir est immorale ?

   
 

24.   olympe  -  mardi 30 mars 2010 - 22:53


je suis très contente que mes enfants sachent très bien dire non. mais quand ils ont 18 ans et le bac en poche, ça devient flippant pour les parents tu verras....

   
 

25.   Alizée  -  mercredi 31 mars 2010 - 16:29


Mhhh... difficile de se prononcer sur la question... Je rejoins assez Me, Myself and I, je suis une "grande gueule", qui a toujours su dire non à l'école (une de mes profs de 6ème [ça date!!] attend toujours que je lui rende une punition collective infligée injustement...), à la religion (j'ai été la première de ma famille à refuser d'aller au cathé, bien que loin d'être la première non-croyante... mais la pression familiale chez certains, un vrai poème!)...

Mais là où ça se gâte, c'est lorsque l'affectif entre en compte (notamment le chantage affectif maternel et grand-maternel). Même face à un médecin borné, je suis du genre à en changer plutôt que d'argumenter pour lui faire comprendre que non, ce qu'il affirme ou me propose n'est pas vrai/pas acceptable (encore que j'ai réussi à refuser le Gardasil et la vaccin Grippe A... je progresse!)...

Pfff... J'ai encore du pain sur la planche!

   
 

26.   Swann  -  mercredi 31 mars 2010 - 18:06


C difficile de dire non. Ça demande une sacrée indépendance d'esprit de savoir prendre le recul nécessaire pour s'opposer à une décision collective de masse.
Et le faire, ça veut aussi dire ne pas être d'accord avec cette masse, passer pour l'emmerdeuse de service ou tout simplement la personne différente. Ce n'est pas évident. Ça me fait penser à l'époque où on brûlait des femmes identifiées comme des sorcières. Pourquoi des sorcières? Parce qu'elle vivaient différemment du reste de la population, coucher avec des hommes mariés et vivaient célibataires.
Chaque époque ses interdits et ses rebelles qui savent dire NON!
;)

   
 

27.   JS  -  mercredi 31 mars 2010 - 18:25


Encore un très bon article suivi de commentaires construits, j'adore :)

Bref, pour en venir au sujet, dire non, c'est savoir prendre du recul par rapport à ce qu'on nous demande de faire / dire etc. Cela nécessite en fait de discerner quels sont les enjeux de la demande (et d'en être conscients !) tout en ayant la volonté d'assumer son choix... et tout ça souvent en un éclair, pour répondre à une simple demande ! Pfiou, pas facile ! Allez, on va dire oui, c'est plus simple... non ?

   
 

28.   Aude Nectar  -  mercredi 31 mars 2010 - 22:42


C'est clair que vos commentaires font aussi réfléchir et que ces points de vue ou témoignages sont intéressants.
Dans la religion, on peut prendre et ne garder que ce qui est bon et fait progresser, et il y a de bonnes choses, comme dans le bouddhisme, ou d'autres paroles de sages.

La rébellion à l'adolescence, le test du NON à deux ans, peut s'apparenter à ce désir d"indépendance qui est en nous, de pouvoir prendre nos propres décisions et dire merde. Mais en pratique, quand il faut gagner sa vie, se faire bien voir, c'est pas facile de s'opposer, et c'est triste de se retrouver puni ou isolé pour un acte courageux.
Ces gens là, on hésite pas encore à les enfermer ou les tuer dans d'autres pays.
Les manifestations en Iran...impitoyablement écrasées.

Parfois en effet il y a le manque de temps, devoir répondre vite, le stress que ça engendre...

On vit en plus dans une société qui a édicté des règles, des codes, qu'on doit suivre, sans être toujours en accord.

   
 

29.   le Journal de Chrys  -  jeudi 1 avril 2010 - 08:58


En maintes occasions, enfant, je n'ai pas pu dire non, alors aujourd'hui, je ne m'en prive pas!!!!!

   
 

30.   chocoladdict  -  jeudi 1 avril 2010 - 09:47


je crois que pour savoir dire non, une fois adulte (pas à un enfant mais dans d'autres situations), il faut avoir confiance en soi..ce qui n'est pas mon cas même si en vieillissant je m'affirme quand même un peu plus..j'en suis toujours au stade où lorsque je dis non, je suis vraiment mal à l'aise...y a du boulot...je vais peut-être suivre un stage )

   
 

31.   Aude Nectar  -  jeudi 1 avril 2010 - 23:31


Parfois c'est un vrai effort dans sa tête, on dit d'abord NON dans sa tête, puis on respire un grand coup, et si on trouve le courage, on bredouille, on le balance comme on peut ce non, c'est une vraie affirmation de soi, qui vaut le coup souvent, quand on le ressent bien sûr.

   
 

32.   essay custom  -  samedi 3 avril 2010 - 08:26


that is what should happen no more

   
 

33.   Catherine  -  mercredi 21 avril 2010 - 16:00


C'est vrai que ce n'est pas toujours facile de dire non (l'inverse est vrai aussi, pas toujours aisé de dire oui dans certains cas) mais je pense que dire non - de façon intelligente et raisonnée - s'apprend (dès le plus jeune âge pour ceux qui ont des parents qui préfèrent dialoguer et expliquer, ou avec l'âge pour ceux qui en ont marre de se faire piétiner !). Le libre-arbitre, les choix, ça existe pour tous, et chacun a le droit de dire 'oui' ou de dire 'non' sans se faire incendier. De mon côté, j'essaie de dire 'oui' ou 'non' selon mes convictions, mes envies, etc., mais quelle que soit la réponse, il faut qu'elle soit claire pour les autres. En fait, ce qui est difficile souvent, ce n'est pas de dire 'non', c'est le regard de l'autre en face qui ne comprend pas pourquoi il n'a pas eu la réponse qu'il attendait / espérait !

   
 

34.   clover  -  dimanche 2 mai 2010 - 23:44


Et si dire non correspondait à un choix qui s'avère non judicieux ?

Au delà du "savoir dire non", le fait d'assumer ses choix est en filigrane mais cette responsabilité est ô combien lourde encore pour un adulte, alors qu'un enfant a encore moins la lucidité des conséquences...

Mais comme le sous entend ce que j'ai écrit, je n'ai pas la solution... Et j'aime bin dire "Oui mais non"

Peut être aurais je aimé répondre ainsi :

Petite fille : J'en ai marre, pourquoi tu me grondes pendant les devoirs ?
Moi : Mais parce que tu ne te concentres pas, tu n'écoutes pas ce qu'on te dit !
Petite fille : Et tes parents aussi ils te grondaient quand t'écoutais pas ?
Moi ; Euh, mais oui, bien sûr ! (quoique la vérité ne soit pas le cas, je vais pas lui dire que j'étais un gamin super sage )
Petite fille : Ah d'accord, alors tu fais comme eux...Tu sais t'es pas obligé de faire tout comme tes parents hein !
Moi : Et tu n'es pas obligé de te comporter comme les autres enfants... Mais pourtant tu le fais, et la conséquence est que je réponds d'une façon que je connais et qui a marché pour beaucoup. Car même si c'est involontairement, il est dans la nature de l'Homme de reproduire des choses connues
Petite fille : Mais je suis pas comme les autres
Moi : mais si, tu te laisses dévorée de l'intérieur par ton ego conditionné par les médias
Petite fille : je comprends rien à ce que tu racontes
Moi : c'est bien pour cela que tu te dois d'être humble
Petite fille : Mais c'est pas juste...
Moi : mais la Vie n'est pas juste, j'aurais préféré avoir un atelier qui fait des chaussures Nike pour que tu y fasses des chaussures et me rapporter de l'argent au lieu de faire des caprices alors que tu n'es pas une déesse... Alors tu te dois de payer ton existence en faisant des efforts...

etc...


Mais bon, j'ai décidé que mes enfants devront sauver le monde... (oui, je sais, ils ne sont pas nés encore )

^_^

   
 

35.   emelire  -  mercredi 2 juin 2010 - 23:14


je sais dire non parce que je me suis retrouvée en solitude totale, sans appui, étant enfant. Un peu comme quand on a le monde contre soi, l'autorité, etc. ... ça fait douter de tout (néanmoins j'étais bonne élève et disciplinée) ... Ce que tu dis pour l'enfant c'est vraiment intéressant, bien vu. A mon avis (j'ai aussi des enfants) je pense qu'il faut leur expliquer qu'il y a des règles en société, en famille, notamment les basiques : travail scolaire, propreté, un certain respect des autres. Mais quand nos enfants expriment d'autres goûts ou valeurs que nous (par exemple je suis féministe mais je n'essaie surtout pas de leur imposer mes valeurs, ou de les priver de quelque chose à cause de mes convictions, et ça peut être dans d'autres familles de l'ordre du religieux, ou du politique, des habitudes alimentaires, etc) ... bref, c'est là je crois où si on respecte les goûts particuliers de notre enfant, alors on lui laisse sa liberté, on ne le soumet pas et il a toutes les chances de développer une personnalité propre, une vraie autonomie. Et donc, un jour savoir qu'il peut refuser telle règle, même si elle a l'air admise par les autres, car lui ou elle ne le "sent pas", ne l'approuve pas et savoir qu'il ou elle peut dire "NON"...

   
 
 

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