Jouissance en pot de chambre


Oyé oyé bonnes gens.

Veuillez faire fi de ce titre qui n'a aucun sens (quoique) mais annonce la couleur de ce qui va suivre. Un peu marrie de chercher des titres intelligents pour tout dire.

Je reviens du Périgord Noir, superbe région débordant de châteaux et forteresses du Moyen-âge.

En parallèle, et c'était cocasse, j'ai terminé Un monde sans fin de Ken Follett, digne suite des Piliers de la Terre, dont l'action se déroule au 13ème siècle. Chaque soir, j'étais complètement happée par ces aventures de familles de lainiers, de bâtisseurs, de procès en sorcellerie mensongers, de médecine foireuse à base de saignées, de magouilles de prieurs et de moines pour s'élever dans la hiérarchie de l'Église, de guerres, de peste décimant la population, de cruauté et d'amoooour aussi bien entendu.

D'ailleurs, il est chaud Ken. Il est comme dans son premier bouquin persuadé que toute femme a un ou deux orgasmes à chaque fois qu'elle fait l'amour, à condition qu'elle aime un tant soit peu son partenaire. Quels que soient les couples, l'endroit, le degré de fatigue, c'est toujours torride, sauf en cas de viol et encore. C'est le travers un peu Angélique Marquise des Anges de Ken, mais ses descriptions des sentiments, des métiers et de la vie à l'époque sont tellement bons qu'on ne va pas lui reprocher de vouloir nous exciter un peu.

Fornication à volonté, surtout pour les seigneurs (droit de cuissage oblige), chasse, bonne bouffe, les hommes riches lorsqu'ils ne guerroyaient pas menaient la belle vie. Pour les femmes, mariées jeunes, peu de choix, enfanter, enfanter encore, crever en cas d'accouchement difficile, travailler comme une bête avec son mari si elles faisaient partie des pauvres et des serfs. Coucher par terre sur une paillasse en rentrant des champs le soir, toute la famille dans la même pièce, avec un reste de potage à l'oignon dans le ventre. Leur avis avait moins d'importance que celui d'un homme, et elles ne pouvaient exercer les métiers de médecin ou notable. Certaines finissaient coureuses de remparts et puterelles. Pas toujours enviable quoi.

Et moi, petite bretonne privilégiée du 21ème siècle, tout en marchant dans ces vieilles ruelles pavées inondées de glycine et de vieilles pierres jaunes périgourdines, j'imaginais qu'il n'y a pas si longtemps, des cochons s'y roulaient dans la crotte, des colporteurs hurlaient pour vendre leur marchandises, des femmes balançaient leurs ordures et contenus de pots de chambre par la fenêtre, en hurlant aussi pour prévenir les passants, les chevaux martelaient le sol de leurs sabots, les ménestrels chantaient, les mendiants imploraient, bref un sacré bordel.

Les touristes et gentils villageois assis sur leur banc sont bien silencieux à côté. C'est même à se demander parfois si ces bourgades sont réellement habitées, ou réduites à de simples cités conservées pour leur Histoire, et les tournages de films.
Apercevoir une vieille femme à sa fenêtre, entourée de colombages, ou du linge dans un jardin qui donne sur le fleuve, la vallée et les châteaux me fait presque bizarre.
Puis, quand apparaît une affiche annonçant le 3ème gala de l'accordéon, un vide-grenier, un panneau indiquant le camping Calmésympa, ou que je traverse les villages de Groslejac ou Le Pet, je suis rassurée. Tout est normal, plein d'humour et vivant finalement.

Sérieux, une région magnifique que je vous conseille, pleine d'Histoire et de Préhistoire avec ses grottes anciennement habitées, des visites passionnantes pour les enfants aussi (ils peuvent essayer des armures de chevaliers dans certains châteaux, et constater que ça pèse son poids, ou voir des scènes grandeur nature reconstituées des hommes des cavernes), des paysages verts et en fleurs superbes. Une semaine c'est bien trop court pour faire le tour de tous ces trésors.
Ce qui a le plus marqué les enfants reste néanmoins ce qui suit, dans quelques années quand nous reviendrons ils se souviendront peut-être du reste...


Un paon magnifique aperçu aux Cabanes du Breuil


Une taupe morte, oui je sais, paix à son âme...

 
 
Commentaires

1.   AurĂ©lie  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:08


Comme j'aimerais retourner dans le Périgord... on croirait que le temps s'est arrêté...

   
 

2.   M1  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:21


J'adore, c'est un véritable voyage dans le temps !

Besson ne va pas trop apprécier l'humour de ta dernière photo : )

   
 

3.   Sandra  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:23


Héhé je ne peux pas être objective là!!!!!!

C'est chez moi......même si je suis plus dans le Périgord blanc!!!

   
 

4.   Didier Goux  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:33


Le "droit de cuissage" au sens où vous semblez l'entendre est une pure légende, vous savez...

   
 

5.   Natacha  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:43


Magnifique le paon, l'oiseau qui porte les cents yeux d'Argos, fidèle serviteur de la déesse Héra. Je vois que cette visite a été aussi un voyage dans le temps. Nous nous plaignions parfois des désordres de notre époque, mais comparé au passé, finalement c'est pas si mal, surtout pour nous les femmes.

   
 

6.   Aude Nectar  -  dimanche 25 avril 2010 - 19:56


Un voyage dans le temps en imagination par la lecture, et dans les lieux avec des guides qui ont su nous intéresser, j'ai adoré.
Le droit de cuissage était peut-être une légende, mais il était assez difficile pour une servante (ou une serve encore plus) de se plaindre (même si dans le bouquin de Ken Follett justement, l'une d'entre elle suite à un viol poursuit son Seigneur et qu'avec l'appui du village elle parvient à ses fins, mais cela reste exceptionnel et il était déjà mal vu) et certains seigneurs ne se gênaient pas pour en profiter, pratique qui a perduré longtemps par la suite. Quand grossesse il y avait, point de test ADN, tout pouvoir du Seigneur et petit Baron, donc tranquillité assurée, la nana se démerde et c'est tout.
Les bâtards reconnus en cas de maîtresses officielles et aimées à Versailles par la suite, c'est une autre histoire.

Le Périgord blanc, Noir...je compte bien y revenir, trop de choses à voir, rien qu'en voiture sur les petites routes c'est l'hallu.

Ce sont en effet des centaines de yeux bleus qui s'ouvrent sur nous quand le paon déploie sa roue, c'est assez surnaturel.

J'espère bien ne froisser personne avec la taupe, ce serait dommage.

   
 

7.   the parisienne  -  dimanche 25 avril 2010 - 20:34


merci pour ce très joli voyage dans le temps ET dans le présent ... :)

   
 

8.   La Mère Joie  -  dimanche 25 avril 2010 - 21:18


Sarlat est magnifique ! J'ai hâte d'y retourner.

   
 

9.   val  -  dimanche 25 avril 2010 - 22:21


Malgré la documentation et les films, malgré tout ce que l'on sait du passé, j'ai du mal à imaginer ce que fut la vie auparavant. Je n'y arrive pas. Mon chéri adore lui par contre et ferait des détours incroyables pour apercevoir une motte féodale...

   
 

10.   Carole  -  lundi 26 avril 2010 - 10:39


je suis déjà allée deux fois dans le Périgord Noir et c'était magnifique. C'est aussi une région assez préservée dès que tu t'aventures hors des villages touristiques...
Le Ken m'attend dans ma bibliothèque mais en ce moment je n'arrive pas à lire!

   
 

11.   Faustine  -  lundi 26 avril 2010 - 11:32


Et dire que c'est lĂ  que je vais me marier ;)))

   
 

12.   Aude Nectar  -  lundi 26 avril 2010 - 13:03


Un mariage dans le Périgord Noir, splendide...
On a fait le tour de Sarlat, c'est bien joli. Les petits ont surtout aimé les chiens et le gâteau aux noix.
Je souligne qu'à Domme, il y a sur la grande place un large point de vue superbe, et un glacier maison de pure folie, je me suis tapée deux fois deux boules à la suite (sans humour foireux).

M'imaginer à une autre époque, c'est toujours dingue.

   
 

13.   orelyly  -  lundi 26 avril 2010 - 15:16


j'adore les taupes, c'est tout doux

   
 

14.   Leona  -  lundi 26 avril 2010 - 16:11


J'adore ton analyse "à chaud" du deuxième K. Follett ! :-D Perso, j'ai tellement aimé "Les Piliers de la Terre" que je l'ai relu plusieurs fois, par contre j'ai été extrêmement déçue par le second, j'ai eu l'impression qu'il reprenait simplement les mêmes "ingrédients" que dans le premier sans se donner vraiment du mal, histoire de "surfer" sur le succès énorme du premier. Du réchauffé, quoi.

J'ai passé 15 jours dans le Périgord noir, un de mes plus beaux souvenirs de vacances - malgré la pluie !
Dommage, je n'ai pas vu de taupe morte... une spécialité culinaire de la région, qui en compte de magnifiques ???

   
 

15.   Kahlan  -  lundi 26 avril 2010 - 20:27


J'aime moi aussi beaucoup m'imaginer à quoi ressembler les villes que je visite il y a quelques siècles, et c'est surtout impressionnant dans les lieux chargés d'histoire.
Pour la taupe morte, j'en avais une sur mon paillasson l'autre jour, rapportée par un de mes chats. Mais un peu moins grosse, quand même !:D

   
 

16.   Aude Nectar  -  lundi 26 avril 2010 - 21:13


Mais qui a déjà caressé une taupe ?
Morte j'ai pas osé, même si en effet elle avait l'air douce.
Mon chat me rapportait des pigeons morts à Paris, c'était moins sympa.

Pour Ken c'est clairement du réchauffé, ça m'a agacée au début puis j'ai été transportée comme il faut !

   
 

17.   lili est insolente  -  mardi 27 avril 2010 - 10:41


Chaque été je pars là-bas, et je retourne au cabanes du breuil et chaque été j'attends le paon et il ne me fait jamais sa roue... je suis vexée

   
 

18.   Aude Nectar  -  mercredi 28 avril 2010 - 22:40


Le secret : être accompagné d'une chipie de 6 ans qui course le paon et essaye de lui arracher une plume. Je l'ai retenue à temps, mais il a eu peur le pauvre, et pendant une heure faisait la roue dés que Nectarine s'approchait, à la joie de tous les visiteurs, et la notre, finalement...
La roue n'est donc pas qu'un acte de séduction, mais aussi de protection, enfin croit-il. C'est vrai que tous ces yeux bleus braqués sur nous c'était fascinant et inspirait le respect.

   
 

19.   windows 2003 iscsi initiator download  -  vendredi 25 fĂ©vrier 2011 - 11:46


Merci Aude pour cette interview que j'ai trouvé très intéressante et très franche !

   
 
 

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