Bizutages : défis sexuels et alcool à gogo - le témoignage de MisterNec
Aude Nectar - vendredi 3 septembre 2010 - Infos qui me font réagir - #670 - rss
Et voilà que s'ouvre la période des bizutages dans toutes les écoles dignes de ce nom. J'avais été sidérée lorsque MisterNec m'avait raconté le sien.
De grandes poubelles noires remplies de punch, pastis, sangria et vodka. Des premières années ne sachant pas ce qui les attendait, excités de participer à cette célèbre orgie dont tout le monde parle à chaque rentrée, et emplis de crainte à l'idée des épreuves qu'ils vont subir. Pour commencer, une fois que les étudiants ont atteint un niveau d'alcool dans le sang honorable, les anciens (c'est eux qui organisent et commandent) forment des binômes mixtes : une fille et un gars. Attention, on va leur demander de réfléchir. Pudiques et gros coincés s'abstenir (tant pis ils s'intègreront pas et c'est tout) : la nana doit mesurer la bite de son coéquipier, et lui doit relever le diamètre de son mamelon, une règle leur est fournie pour l'occasion. Gêne, rires sous capes, joues qui s'empourprent. Mais on est bourrés et on veut s'amuser, être cools et bien vus par les deuxièmes années, voire plus haut dans la hiérarchie des anciens. Et puis, ça fait partie du délire, "c'est l'esprit archi et beaux-arts", précise MisterNec, pas tellement choqué même avec du recul. Tout le monde à poil, no limit (enfin c'est pas mieux chez les médecins ou dans les écoles de commerce) ! Quelques uns refusent de participer et de dévoiler leur anatomie, encore moins de se faire à moitié peloter par de parfaits inconnus, même s'ils ont l'air aussi ridicules qu'eux. Ouououh, les organisateurs ne les forcent pas, mais ils sont pas drôles c'est clair !!
La plupart se prêtent au jeu, ivres, contents, ou contraints non pas physiquement mais par une sorte de pression sociale et psychologique. Personnellement, j'aurais été extrêmement mal à l'aise, et je l'aurais peut-être mal vécu après coup, cependant a-t-on toujours la force à 18 ans de refuser un bizutage "bon enfant", que chacun évoque comme un mythe, une tradition importante, une grande rigolade où il faut se lâcher et pas se prendre la tête, allez, tous à poil que diable !!
Il est ensuite demandé à toutes les premières années de pousser en sous-vêtements des caddies à travers l'école : "ça c'était marrant" ajoute MisterNec. "Le problème, c'est que j'ai beaucoup bu pour me désinhiber (c'est un timide), résultat je me suis retrouvé réellement tout nu, je suis tombé par la suite sur des photos de moi triomphant les couilles à l'air, ou invitant une fille à danser, sans aucun souvenir de ces moments". Est-ce qu'au moins cette prestation a aidé MisterNec à s'intégrer ? "Quand j'ai vu les photos les jours suivants, que j'ai appris qu'une étudiante que je ne connaissais pas avait du m'aider à me rhabiller, j'ai été gêné, et j'ai rasé les murs pendant des mois". Ah. Pas si cool et porteur finalement de finir à poil aux soirées de bizutage.
Quand il y repense, c'est donc un mélange de stress, d'euphorie, d'alcool fort, de bites et de nichons, de gars déjantés qui lui reviennent vaguement en mémoire. Il faut dire qu'une partie des neurones de son hippocampe a été détruite au cours de cette fameuse nuit.
Sur France Info ce matin, une étudiante témoignait de cet afflux d'alcool chez des jeunes qui ne le supportent pas toujours bien, des filles qui se dénudent ou dépassent leurs propres limites pour se faire bien voir, car elles ont perdu le contrôle, et le regrettent ensuite. Autant dire que ça ne me plait pas du tout d'imaginer plus tard mes filles dans ce bordel. J'assume d'être complètement rabat-joie, et je demande une surveillance accrue des ces défis sexuels et des dérapages. La fête OK, combien d'étudiants s'éclatent, mais combien d 'autres en sortent confus, humiliés et traumatisés chaque année ?
1. Faustine - vendredi 3 septembre 2010 - 12:14
Heureusement que le mien était bien plus soft, je suis loin d'être coincée mais la bêtise humaine ne passera pas par moi ...
2. mbangel - vendredi 3 septembre 2010 - 12:22
il doit aussi y avoir une sorte de cercle infernal, les secondes années font payer aux 1ère ce qu'ils ont pu subir à leur propre bizutage avec une escalade dans la débauche pour impressionner encore plus.
personnellement je n'ai pas subi de tel bizutage et j'en suis bien contente. surtout que je ne vois pas en quoi cela créerait du respect de se balader nue et de se faire tripoter, je penserais plus le contraire, enfin ce ne que mon opinion...
3. LMO - vendredi 3 septembre 2010 - 12:24
Ha ouais, punaise, ça fait flipper!!!
Et j'ai du mal à percevoir le côté amusant de la chose...
4. Aurélie - vendredi 3 septembre 2010 - 13:09
Et franchement quel intérêt??? C'est n'importe quoi!
5. isa - vendredi 3 septembre 2010 - 13:09
Pas de bizutage pour moi et heureusement .. je ne sais pas comment j'aurais affronter cela.
Je me souviens d'une amie qui me racontait les bizutages à la fac de médécine et je trouvais cela assez atroce !
6. Sarah - vendredi 3 septembre 2010 - 13:24
Ton article me fait peur ! Surtout que je rentre dans une école de production audiovisuelle au mois d'octobre et que je vais affronter mon premier week-end d'intégration ! Règle simple, je garde mes vacances et je ne touche aucun pénis. J'essaie de me rassurer, nous ne sommes pas beaucoup : 80 élèves, école supérieur et publique....J'ai peur !
Sinon, je rentrerais dans la case pas cool et cela je le virerai très bien.
7. Aude Nectar - vendredi 3 septembre 2010 - 13:39
Oui, si on le sent pas, mieux vaut rentrer dans la case pas cool, qui n'est pas si conne que ça au final...
Ce qui est dingue, comme le précisait un journaliste à la radio ce matin, c'est que ces étudiants qui prennent un certain plaisir à humilier les nouveaux seront les futurs patrons, médecins et ministres de demain (je parie que Bachelot est une ancienne et sévèrement bizutée, rapport au vaccin...héhé).
Heureusement, certains WE et soirées d'intégration se passent très bien, sans ce type de défis à deux balles. Le mien par exemple avait été réellement bon enfant, fête et convivialité, anciens accueillants et qui n'ont pas cherché à nous foutre à poil.
8. Papillote - vendredi 3 septembre 2010 - 13:45
délirant ce truc ! j'ai dû mal à comprendre comment on peut participer à des trucs pareils, mais bon, faut dire que je suis plutôt asociale aussi !
9. Sophie L - vendredi 3 septembre 2010 - 13:49
Je ne supporte pas ce genre de conneries et j'espère vivement qu'aucun de mes enfants ne se trouvera dans une telle situation.
10. mado - vendredi 3 septembre 2010 - 14:11
J'ai fait une école de commerce, je suis allée au week end d'intégration, et j'ai été super choquée de ce que j'ai vu... Pendant toute l'année, je n'ai pas pris de cuite, pas "chopé" dans tous les coins, pas montré mes seins ni fait quoi que ce soit que je puisse regretter. Et pourtant, je me suis très bien adaptée : je traînais avec le groupe des "cools" que tout le monde enviait, et un jour, le beau gosse de l'école m'a dit que j'étais la seule qu'il admirait et respectait parce que je faisais ce que je voulais... Comme quoi, pas besoin de se sentir forcé à faire des choses dégradantes pour s'intégrer : il suffit de savoir ce qu'on veut et de poser ses propres limites !!!
11. M1 - vendredi 3 septembre 2010 - 19:33
J'étais dans une école où le bizutage était un motif de renvoi définitif, et ça devrait l'être partout ...
12. Leona - lundi 6 septembre 2010 - 09:41
C'est tout simplement hallucinant que ces bizutages-là existent encore, alors qu'on en parle pour les dénoncer depuis des années. Dans certaines écoles, compte tenu des excès passés, ça s'est beaucoup atténué, pour ne garder que quelques "coutumes" rigolotes et surtout non humiliantes - ni dangereuses bien sûr. Se déguiser, chanter, organiser des jeux de rôle, on peut faire plein de choses marrantes sans dépasser les bornes !!
A 18-19 ans, je n'étais pas spécialement coincée, mais pour des raisons médicales je ne pouvais pas boire une seule goutte d'alcool (traitement anti-épilepsie oblige), heureusement j'étais dans une fac sans bizutage ; mais une de mes amies qui suivait le même traitement est entrée en médecine et a essayé d'expliquer aux étudiants qu'elle ne pouvait pas boire, elle s'est fait copieusement huer (ça, encore, on y survit), et trois gars déjà bien "imbibés" l'ont soulevée pour la plonger entièrement dans une barrique de bière. Suuuuper drôle, non ?? Sous le coup du stress, de la peur et de l'humiliation, et bien ça n'a pas loupé : une crise d'épilepsie, elle en a fait une juste après. Elle a porté plainte, a été soutenue par un certain nombre d'étudiants "bizutés" ou plus anciens, a persévéré jusqu'au procès malgré les pressions, et des sanctions ont été prononcées ; résultat : elle a quand même été traitée comme une pariah pendant tout le reste de l'année universitaire par un certain nombre de ses "camarades".
Mais quand est-ce qu'on interdira effectivement ce genre de pratiques ?? On a l'impression que les interdictions, quand elles existent, sont rarement mises en oeuvre...
13. Carole - lundi 6 septembre 2010 - 17:06
Et encore ce que tu décris est soft par rapport à certains bizutages... oui je sais ma fille n'a que 5 ans mais je peux te dire que j'y ai déjà pensé plusieurs fois et j'espère de tout coeur que quand elle sera en âge, ça n'existera plus. Trop d'élèves ressortent traumatisés ou mettent des années à s'en remettre...
je la mettrais dans la même école que M1 ;-)
14. e-zabel - lundi 6 septembre 2010 - 19:50
J'ai toujours eu en horreur ces "évènements" de bizutage. Que des effets de groupe très négatifs, bref, je trouve cela affreux, absolument inutiles, on a bien assez de violence comme ça autour de nous pour en provoquer volontairement !
15. pass4sure 1z0-043 - mardi 14 décembre 2010 - 08:00
C'est vraiment une bonne idée ce concours. Encore des photos, encore !!!
" Y'a du monde au balcon", j'aime beaucoup !
16. pass4sure 642-533 - mercredi 22 décembre 2010 - 08:13
C'est tout simplement hallucinant que ces bizutages-là existent encore, alors qu'on en parle pour les dénoncer depuis des années. Dans certaines écoles, compte tenu des excès passés, ça s'est beaucoup atténué, pour ne garder que quelques "coutumes" rigolotes et surtout non humiliantes - ni dangereuses bien sûr. Se déguiser, chanter, organiser des jeux de rôle, on peut faire plein de choses marrantes sans dépasser les bornes !!
thnks for sharing
17. pass4sure 642-524 - mercredi 22 décembre 2010 - 08:14
délirant ce truc ! j'ai dû mal à comprendre comment on peut participer à des trucs pareils, mais bon, faut dire que je suis plutôt asociale aussi !
18. pass4sure 310-200 - mercredi 22 décembre 2010 - 08:15
good effort sir keep it up
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