Des poux morts lui tombent sur la joue


Et voilà, après quelques semaines de lutte à coups de spray répulsif sur la tête de ma fille chaque matin, l'invasion de poux est telle cette année à l'école qu'on a retrouvé des lentes hier sur ses cheveux. J'ai été confirmer l'horrible nouvelle avec ma gentille pharmacienne, qui s'est bien lavée les mains après (et a fermé boutique pour désinfection générale, surtout qu'elle a gagné son beurre pour la journée avec tout ce que j'ai investi dans la lutte anti-poux).
Je pense que certains œufs venaient d'éclore car Nectarine se grattait vigoureusement la tête depuis son réveil. Quand elle a appris son état, elle a sauté de joie :
- Ouais ! Ca va remplacer le lapin que vous vous voulez pas m'acheter ! Je les ai enfin mes animaux de compagnie.
Faut être sacrément motivée et en manque d'affection pour s'attacher à des bestioles qui piquent et grattent, j'ai failli lui offrir direct son lapin. Mais non.
Nectarine y a ensuite trouvé un second avantage, le moyen de pression :
- Si tu m'obliges Ă  finir mon assiette, je te refile mes poux !


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Offrir la vie Ă  une inconnue


Un projet de loi propose de lever l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes, ainsi les enfants nés grâce à ces dons pourraient avoir accès à leur dossier à leur majorité.

Je suis pour à 100%. J’irai même plus loin. J’aimerais dans l'idéal donner mes ovocytes et connaître plus tard les enfants issus de ce don s’ils le souhaitent. Ayant connu les affres de l’infertilité, la souffrance que l’attente et les traitements engendrent, le moral en dents de scie et l’espoir qui vacille, je suis emplie de compréhension et de compassion pour tous ces couples encore en galère. La vie m’a comblée puisqu’à force de volonté, j’ai eu trois enfants. Je vivrai sans regrets car je n’en désire pas davantage (et que ma vie est devenue un peu speed depuis les jumeaux, trop vide avant, trop emplie après, on n’est jamais satisfaits) mais j'aimerais que d'autres femmes connaissent la joie de donner la vie, c'est trop cruel de la leur refuser.


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Qu’est-ce qu’on fait alors, on pique les vieux ?


Quel bordel incroyable dans la rue, quelle tempête de contestations, quel entêtement extraordinaire contre la réforme des retraites ! J’en profite pour caser que j’ai plus d’essence.

Hier, alors que j'attendais mon tour chez le kiné, une vieille dame de 85 ans environ est arrivée dans la salle d’attente en pantoufles. Je raconte ça juste parce que c’était marrant, c'est pas pour me foutre des personnes âgées, et totalement hors sujet je vous l’accorde. Elle était voûtée mais à l’aise, et en plus ça choquait personne parce qu’elle avait plus de 75 ans, je l’enviais presque. Et bien, en sortant de son massage rapport aux rhumatismes, arthroses et polyarthrites qui envahissent son petit corps tremblant, elle confie cyniquement au kiné devant sa porte :
- Vous savez, c’est pas drôle, je souffre, ils ont raison tous ces jeunes qui disent que les vieux, faut les piquer.


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Une pluie continue de baisers


J’ai un gros souci docteur, je suis complètement accro aux bisous. Une vraie sangsue avec mes enfants. Ils n'en peuvent plus, et je ne sais comment décrocher de cette drogue dure. C'est plus fort que moi.
Dés que je vois mes jumeaux de deux ans assis dans leur lit à barreaux le matin, à peine réveillés en train de tripoter leur doudou, se demandant où est leur lait chaud, je les prends dans mes bras et piiif, je leur colle un gros bisou prolongé et bien appuyé sur chaque joue. Là ils se disent, ça y est, elle remet ça. Résignés, ils préfèrent en sourire, parfois ils essaient de s’extraire mais c’est inutile, c’est moi la plus forte. En les laissant à la crèche, ils n’y coupent pas, flopée de bisous. Comptez une minute avant que je ne décolle ma bouche de leur joue. Multiplié par 4 joues, ça prend un peu de temps, les autres parents trépignent derrière. Au retour de la crèche, rebelote. Le WE, ils croulent sous les bisous. Les pauvres ne peuvent plus me passer devant sans que je ne m’accroupisse en gémissant : « un bisou ! ». La petite Clémentine vient toujours avec plaisir tendre la joue, elle le dit très bien, d’ailleurs, le mot bisou, elle commence à connaître. Le petit gars essaie de m’éviter, mais je ne me laisse pas abattre, je le poursuis dans toute la pièce, il rigole, je finis par le coincer contre un meuble et là, punition de bisous, ça lui apprendra.


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Conquise par : Même le silence a une fin, d’Ingrid Bétancourt


Je viens de terminer la dernière page de ce livre, et j’avoue que j’ai encore les larmes aux yeux en écrivant ce billet.
Pourtant, c’est avec beaucoup de recul que j’ai attaqué cette lecture. Je l’avais évoqué sur ce blog, suite à sa libération, cette femme que je percevais comme courageuse, intelligente et humaine, devenait la cible de toutes les critiques, certains otages qui avaient partagé son calvaire la décrivaient comme mesquine, égoïste et hautaine. Son mari lui-même, les associations qui l’avaient soutenue s’avouaient déçus par son comportement et son manque de gratitude lors de sa libération. Et en plus, beaucoup pensent qu'« elle l’a bien cherché, on l’avait prévenue du danger, elle s’est jetée dans la gueule du loup alors c’est pas notre problème ».
Il fallait que je lise ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait à dire, elle qui s’était murée dans le silence face à ces accusations, elle qui sortait tout juste d’un enfer qu’on ne peut même pas imaginer.
Son témoignage est magnifique. Loin du simple règlement de compte. Chaque souvenir a été creusé, analysé, retranscrit. J’ai autant été touchée par l’écriture que par la sincérité d’Ingrid, elle réussit à faire passer toutes ses émotions dans un récit absolument unique et captivant.


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Célèbres et pourtant habités par les mêmes questions que nous


C’est toujours touchant quand des écrivains, acteurs ou réalisateurs de talent se racontent à des journalistes tels qu’ils sont vraiment, sans chercher à ne nous montrer que ce qui brille pour alimenter nos fantasmes.
En dévoilant aussi leurs doutes, leurs failles, leurs questions sur la vie, ce qu’ils aiment mais aussi les agacent dans leur personnalité, ils démontrent à ceux qui en doutent que succès ou pas, on est tous pareils. Parvenir à être riche et adulé tout en étant conscient de ses défauts et ses peurs, en acceptant l’introspection, c’est plutôt honorable et me rend le personnage tout de suite sympathique.
La carapace que l’on se fabrique, la peur de la mort et de la vieillesse reviennent souvent dans les interviews que j’ai pu lire récemment, et elle font écho à mes propres réflexions, parfois, le soir, quand la lumière s’éteint, que le noir m’engloutit, que plus rien ne bouge, que les respirations se font imperceptibles, et qu’une bouffée d’angoisse m’envahit. Heureusement, ça passe vite !

Woody Allen, Guillaume Canet, Raphaël.


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Un fou rire gĂŞnant et incontrĂ´lable


Hier matin, j'ai accompagné Nectarine chez la dentiste. Une gentille dame qui ne suit que les enfants et nous propose de faire un moulage en vue d'un futur appareil dentaire.
Elle a rencontré ma fille pour la première fois en juin, et après avoir fait un état des lieux du carnage (une incisive qui pousse de travers), elle lui a raconté une histoire mignonne mais abracadabrante pour qu'elle arrête de sucer son pouce :
- Ma poulette, si tu suces ton pouce, c'est parce qu'il a froid. Alors tu vas l'habiller tous les soirs d'un pansement pour le garder bien au chaud. Ainsi, le petit coquin n'aura même plus besoin d'aller trouver chaleur et réconfort dans ta bouche. On se voit à la rentrée, et j'espère que tu m'annonceras que tu ne suces plus ton pouce.
En sortant ma fille super convaincue m'explique que ce n'est pas son pouce qui a froid, c'est sa bouche qui a besoin de quelque chose dedans pour l'apaiser.
On a essayé vainement le coup du vernis écœurant ou du pansement, échec total, cette nuit elle avait encore le pouce au fond du gosier.
- J'aime bien le goût du pansement, m'a-t-elle avoué récemment.

Ce matin, aucune de nous deux n'ose parler de notre mission de l'été complètement foirée, mais ce n'est pas le sujet heureusement.


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Nous ferons un Paris où le fric sera roi, où la coke sera loi…


Paris sans enfants, Paris squatté par les grandes fortunes, c’est un max de blé pour enfin mener à bien quelques projets indispensables à la survie de ses habitants et déjà trop de fois repoussés. C'est-à-dire :

Installer une piscine et un tennis en haut de chaque immeuble. Un golf suspendu et arboré entre la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse serait aussi bienvenu. Ca manque.
A la place des squares et des crèches, il devient possible de créer des bars à coke pour les stars internationales et dirigeants survoltés. Mais aussi des bars à massages, des bars à magnums de champagne à ciel ouvert avec canapés sous les arbres...


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