Offrir la vie Ă une inconnue
Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - Cogitude attitude - #690 - rss
Un projet de loi propose de lever l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes, ainsi les enfants nés grâce à ces dons pourraient avoir accès à leur dossier à leur majorité.
Je suis pour à 100%. J’irai même plus loin. J’aimerais dans l'idéal donner mes ovocytes et connaître plus tard les enfants issus de ce don s’ils le souhaitent. Ayant connu les affres de l’infertilité, la souffrance que l’attente et les traitements engendrent, le moral en dents de scie et l’espoir qui vacille, je suis emplie de compréhension et de compassion pour tous ces couples encore en galère. La vie m’a comblée puisqu’à force de volonté, j’ai eu trois enfants. Je vivrai sans regrets car je n’en désire pas davantage (et que ma vie est devenue un peu speed depuis les jumeaux, trop vide avant, trop emplie après, on n’est jamais satisfaits) mais j'aimerais que d'autres femmes connaissent la joie de donner la vie, c'est trop cruel de la leur refuser.
En outre, cela ne me pose aucun problème d’imaginer ces futures mamans (chanceuses, étant donné les performances intellectuelles et l’extrême beauté contenues dans ces gènes) attendre et élever un enfant en partie de moi. Je sèmerai des bouts de vie à travers le monde. Je souhaite cependant que ces enfants puissent revenir vers moi s’ils le souhaitent, quelle torture pour eux que se voir interdit l’accès au nom d’un de leur parent biologique !
Le temps passera. Je penserai parfois à eux. Sont-ils nés ? Un seul peut-être ? C’est avec beaucoup de curiosité et d’amour que je les accueillerai à 20, 30 ou 40 ans lorsqu’il auront besoin de savoir qui je suis. Si jamais l’envie se manifeste. Peut-être voudront-il me rencontrer juste une fois, pour voir ma tête, peut-être m'insulteront-ils, peut-être deviendrai-je une seconde mère s’ils le souhaitent sans remplacer la première, et ma famille s’agrandira sur le tard.
Des femmes ont du mal et c’est aussi compréhensible à donner une part d’elle-même, à imaginer dans la nature un enfant qu’elles ne connaîtront pas. Je trouve cependant que c’est l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse faire à autrui. Le monde s’écroule quand on apprend qu’on est stérile, offrir la possibilité d’un enfant à un couple condamné par la médecine est magnifique.
Mais il faut savoir que donner ses ovocytes, quand on est une femme, c’est subir piqûres et suivi échographique, prélèvement sous anesthésie locale, que ce n’est pas une partie de plaisir, et bien plus compliqué et douloureux que pour un homme qui donne ses spermatozoïdes en un seul et généreux coup de branlette. C’est pour cela que la donneuse devrait être rémunérée si elle le souhaite. C’est le cas dans d’autres pays, et il y a beaucoup plus de donneuses. La France en manque cruellement.
J’espère que cette loi, bien que portée par ma « grande » amie Roselyne, sera votée. Et que des tas d’adultes nés grâce au don au lieu de rechercher en vain et être torturés toute leur vie par le secret sur leurs origines, pourront retrouver sereinement leur père ou leur mère biologique et passer un cap, avec accord du donneur. En effet, allégés de ce fardeau et des tonnes de questions existentielles qui vont avec, ils pourront continuer à vivre sans retourner dans leur tête mille fantasmes et possibilités. Il faut savoir aussi que la majorité de ces enfants ne manifesteront pas le besoin de rechercher leur parent biologique.
Bref, hommes, femmes, donnez, donnez, si vous le sentez, bien sûr !
Qu'en pensez-vous ?

Un article intéressant remet en question la levée de l’anonymat. Le risque est que cette loi freine des donneurs, à majorité contre :
LES RISQUES ET LE CONTRE
Non moins palpitant, pour la levée de l’anonymat : LE POUR
Évidemment, je ne vous raconte pas le choc au téléphone quand un petit don vous appelle 20 ans après…

On s'égare, mais en parlant d’enfants semés un peu partout, Akuku, un kenyan décédé le 3 octobre à 94 ans a été marié 130 fois (vive la polygamie, enfin pour les hommes…) et a plus de 300 enfants. Il se targue de connaître la mère et le prénom de chacun, dingue d’imaginer que cela puisse être un exploit tout de même ! Grâce aux dots de ses nombreuses femmes et filles, il a acheté des terres, élevé du bétail, créé une société de transport en minibus, et fait construire deux écoles pour ses enfants. Il a divorcé 85 fois car il ne supporte pas..l’infidélité de ses épouses.
1. Sandra - lundi 25 octobre 2010 - 10:29
donner ce bonheur ets un privilège que je trouve très bien. Mais quand à l'anonymat, je ne sais pas. Comment en pas vouloir s'immiscer dans la vie de cet enfant, et tout enfant aura envie de connaître son géniteur ou sa genitrice, c'est légitime mais comment réagir, difficile comme sujet.
2. bergie - lundi 25 octobre 2010 - 11:08
cette levée de l'anonymat risque effectivemetn d'entrainer une baisse des donneurs déja pas nombreux....un ami à lui meme fait un don de sperme et je peux te dire qu'il n'ya pas du tout l'envie de connaitre les enfants issue de ce don de sperme....c etait un don afin d'aider des couples, il ne considère pas avoir plus que le medecin qui fait l'insémination. ok il y a une histoire de gène mais quel choc un jour qq quelqun frappe à la porte et dise 'je suis votre fils", "je veux vous connaitre" ou plus......bref du point de vue d'un donneur de sperme contre le leger de l'anonymat!
Le cas est peut etre différent pour le don d'ovocyte ?!!!
3. Faustine - lundi 25 octobre 2010 - 11:51
Donnez oui, sans soucis, mais l'anonymat, je ne sais pas. je pense que ça doit se traiter au cas par cas. En fait, j'en sais rien !!!
4. M1 - lundi 25 octobre 2010 - 12:52
Je peux comprendre ta position personnelle à ce sujet, mais je trouve que ce projet de loi est totalement débile, et à terme... contre-productif : d'abord, les dons vont devenir rares, et ensuite, même les (futurs) parents vont être réticents par rapport à cette procédure, avec le risque de voir leur enfant, à sa majorité, perturbé(e) par la volonté de connaitre les donneurs et de déstabiliser ainsi et leur famille et celles des donneurs. A la limite, je trouverait cette loi complètement irresponsable, à l'image de la sinistre ministre qui la porte ! (en plus imagine qu'un gosse découvre un autre jour que sa "donneuse" est Bachelot, il se suicide direct!)
5. eddie - lundi 25 octobre 2010 - 13:02
Je suis d'accord avec toi. Je pense que la levée du secret, sous certaines conditions, est une bonne chose...
Par contre, j'admire les femmes qui font des dons, c'est quelque chose que je ne peux pas faire...
6. Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - 14:43
Une décision à murement réfléchir c'est certain, surtout que j'ai de mauvais souvenirs des traitements, et que mon passé ne fait pas de moi la candidate idéale.
Je n'avais pas pensé en effet au cas "je remonte à ma mère et c'est Roselyne, ou Paris Hilton", ça peut être chaud, en même temps tu trouves tes parents encore plus géniaux et tu arrêtes de creuser, c'est bien.
7. Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - 14:48
Autre chose, si je suis pour la levée de l'anonymat, c'est que je me mets à la place de l'adulte qui cherche et n'a pas de piste, et je ferais certainement partie de ceux qui ont besoin de savoir, qui regardent chaque passant en se demandant si c'est leur mère ou leur père, c'est terrible de vivre sans réponse et au moins une rencontre. Certains s'en foutent et c'est encore mieux.
Quand j'attendais mes enfants, je faisais partie des femmes qui n'ont pas pu attendre l'accouchement pour connaître le sexe de/des enfants, trop curieuse !
8. MissBrownie - lundi 25 octobre 2010 - 16:12
Un vrai cas de conscience...
MĂŞme si le risque est minime, il y a la peur que mon fils tombe sous le charme de sa demi-soeur sans le savoir un jour...
Je ne sais pas si je supporterai l'idée de ne pas connaître d'éventuels enfants ayant une partie de moi dans la nature, et en même temps, je trouve ça beau de pouvoir donner une chance supplémentaire à d'autres couples.
9. Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - 17:06
Oui le geste est beau, mais demande du temps et du courage.
Pour un homme c'est plus facile de donner, mais il donne des quantités plus importantes, je comprends que s'il file des milliers de spermatozoïdes, il n'aie pas envie d'être appelé toutes les cinq minutes 20 ans après par de multiples petits dons ! A moins que chaque don ne soit utilisé qu'une fois par femme.
De toutes façons, il faut l'accord du donneur. Une loi donnant tout simplement le choix aux deux parties, avec en priorité l'aval du donneur, semble pas trop ahurissante.
10. Begonia - lundi 25 octobre 2010 - 19:02
Il y a quelque chose qui m'échappe... Dire à un enfant qu'il a été adopté, je suis d'accord et ça me semble impératif. Mais pourquoi lui révéler qu'il a fait l'objet d'une procréation assistée ? Pour éviter le risque qu'évoque Miss Brownie plus haut ? (et ça serait vraiment "pas de chance...").
Papa et maman ont eu du mal à t'avoir et le médecin a aidé les petites graines à pousser, ça me semble suffisant... Pas la peine d'avouer que les graines ont été "achetées à la jardinerie"... Donner une "graine" ne veut pas dire que l'on souhaite connaître la fleur qui en résultera.... En tout cas, c'est surement l'avis de beaucoup d'hommes qui pourraient être amenés à renoncer à un don avec une loi pareille au dessus de la tête !
11. Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - 19:17
Tomber sur sa demi-soeur, ce serait vraiment pas de bol...
Si mes enfants étaient conçus avec dons d'ovocytes, je serais mal à l'aise de les entendre me dire qu'ils ont mes yeux, etc et savoir qu'une autre leur a donné ces yeux. Ils le sentent parfois eux-mêmes et le vivent mal quand on cache ce genre de truc. Il me semble au contraire qu'il est plus sain de dire la vérité, en expliquant ce qu'est un don et que le parent ne souhaite pas toujours des nouvelles de sa progéniture inconnue. A eux de choisir ensuite.
Mais c'est tellement personnel, chacun gère sa à a manière quand ça arrive, certains cachent, d'autres ne peuvent pas, ça fait partie des situations un peu compliquées que peut rencontrer une famille.
12. M1 - lundi 25 octobre 2010 - 21:13
@ Aude : je te réponds en rebondissant sur l'argument de Begonia : pourquoi le révéler? il s'agit d'une conception sommes toutes "normale", et ce n'est pas un enfant adopté ! perso je ne vois pas l'intérêt d'une telle révélation pour un enfant ...
Pour ce qui est de tomber sur sa demi-soeur ou demi-frère, je pense que la probabilité est de l'ordre d'une chance sur des centaines de millions, en plus il y a de la marge, au moins 20 ans, ça limite vachement le risque ...
13. Pinpin - lundi 25 octobre 2010 - 22:07
Bonsoir, je pense aussi qu'il faut lever l'anonymat ne serait-ce que pour être sûr qu'il n'y ait pas d'inceste entre 2 personnes ne sachant pas qu'elles ont un lien de famille!!
J'attends mon 3ème enfant et je ne me vois vraiment pas faire ce don car je n'arrive pas à imaginer un enfant qui serait une partie de moi ( car il porterait mes gènes et qu'on n'est toujours pas au fait de l'inné et de l'acquis) mais qui ne serait pas aussi partie de mon conjoint ( le père de mes 3 enfants...). Par contre je m'imagine très bien être mère porteuse, particulièrement pour une amie très chère qui en aura besoin... Malheureusement c'est interdit en France. Est-ce pourtant plus difficile de prêter son corps que de donner ses gènes???
14. Aude Nectar - lundi 25 octobre 2010 - 22:37
M1 : selon moi ce n'est pas une conception tout à fait classique quand même et j'aurais du mal à garder le secret, et faire comme si de rien n'était avec mon enfant. Même s'il serait autant mon enfant que si conçu par nous deux. Mais peut-être est-ce aussi ce que certains enfants conçus grâce au don demandent, ne pas savoir...
Pinpin, il me semble plus difficile de prêter son corps, autant psychologiquement que physiquement, que de donner ses gènes, si en plus tu prêtes ton ventre et donnes un ovocyte, c'est encore plus délicat. Apparemment tu parles de juste prêter ton corps, ce qui est un très beau geste, et c'est bien dommage que ce soit interdit en France.Toutes ces filles distilbène entre autres qui doivent aller payer des ponts d'or et se déplacer parfois loin pour vivre leur rêve, avoir un bébé...
C'est un autre débat mais pour moi une seule réponse commune : permettre le don ET d'être mère porteuse en France, autoriser la rémunération car c'est un investissement important dans la vie d'une femme, et autoriser à ces enfants d'accéder à leur dossier avec l'accord des donneurs s'ils le souhaitent. Ils n'ont pas demandé à venir au monde, ils ont le droit de connaître la vérité sur leur conception et leurs parents biologiques, même si c'est perturbant pour toute la famille. Pas obligés de tomber dans le patho que je décris plus haut parce que je suis une grande sentimentale, mais donner le choix à tout le monde, permettre aux parents stériles d'avoir un bébé, et que tout soit clair pour tout le monde !
15. Cafe Bruges - mardi 26 octobre 2010 - 10:56
I don't think, It would be okay...
It may develop serious social concerns on times.. It has to be an issue of debate..
16. M1 - mardi 26 octobre 2010 - 11:02
@ Aude : ce n'est pas une conception classique, je te l'accorde, mais mis à part le côté médicalement assisté, la grossesse, elle est tout à fait classique, et je pense que pendant ces 9 mois, les parents vivent cette expérience tout à fait naturellement, l'expérience de la parentalité aussi, je ne vois absolument pas quelle est l'utilité de dire, 20 après à une personne, que finalement c'est pas "trop" leur enfant, et qu'il peut désormais retrouver son vrai papa ou sa vraie maman, t'imagines le désastre psychologique?! Franchement je trouve la manouvre totalement débile ! Pourquoi pas aussi une loi qui obligerait les parents à le communiquer à leur enfant? ça serait cool qu'un flic débarque le jour de sa majorité pour lui souhaiter joyeux anniversaire et vérifier s'il est au courant ... c'est comique, je sais, mais ce projet de loi ne n'est pas moins : )
17. Leona - mardi 26 octobre 2010 - 12:03
Je suis plutôt pour le maintien de l'anonymat. Obliger les donneurs et donneuses à fournir, preuves à l'appui, un maximum d'informations sur leur passé médical, leur condition physique au moment du don, leur mode de vie (fumeur/non fumeur, etc), oui, évidemment. L'enfant né grâce au don doit impérativement pouvoir accéder au dossier médical le plus complet possible des donneurs. Mais à leur identité ? Pourrait-on envisager par exemple de communiquer cette identité non pas à l'enfant directement, mais à ses parents, j'entends au couple qui l'a voulu, chéri et élevé, c'est-à -dire à ses vrais parents ? A charge pour eux de choisir ou non de dire à leur enfant le nom de celui ou de celle qui a apporté une contribution biologique à sa conception... Je ne connais pas le régime juridique actuel, mais il me semble qu'on ne doit pas seulement penser aux enfants dans cette histoire, mais aussi à leurs parents "effectifs".
18. Aude Nectar - mardi 26 octobre 2010 - 12:21
Avec accord des donneurs que l'enfant puisse plus tard remonter à son parent biologique ne me choque pas, je pense que si l'info échappe un jour à ses parents alors qu'il a 50 ans et que c'est trop tard, il pourrait se sentir trahi. Autre chose, dans une famille quand un couple fait appel au don, souvent c'est à l'étranger et tellement compliqué que c'est rare que certains amis, frères et sœurs, parents etc ne soient pas au courant. Tout ce monde là qui fait semblant de rien et cache cette vérité à l'enfant, bof. Attendre pour le dire OK, même si je pense que je le ferais assez tôt, mais garder ça pour soi en pensant préserver l'équilibre familial, rebof.
Pour l'anonymat, ça se discute davantage, il semblerait qu'en GB et en Hollande, ça n'aie pas diminué le nombre de donneurs, surtout qu'ils sont rémunérés.
19. Heritage Hotel Jaipur - mardi 26 octobre 2010 - 14:51
A shortage of egg donors in the UK is leading to an increase in couples travelling abroad for treatment. A spokesman for the HFEA said: 'We know there is a shortage of donor eggs and sperm. This means that people are having to wait longer for their treatment. In some instances people are travelling abroad where there may not be such a shortage'.
20. Ann'Suffit - mercredi 27 octobre 2010 - 09:05
L' année dernière, j' ai entrepris des démarches afin de faire un don d' ovocytes . Rapidement, j' ai dû me rendre à l' évidence . Il est très compliqué d' entreprendre ce genre de chose lorsque l' on n' habite pas Nantes . La totalité des transports auraient été à ma charge et je n' en ai pas les moyens . J' ai donc du me résigner et renoncer à ce projet .
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