Le métro : promiscuité, volupté, éternité


Un rêve éveillé, le métro. Pas besoin de Meetic, de coke ou de vacances à l’autre bout du monde pour connaître l’extase, des sensations fortes, autant olfactives que charnelles, et pourquoi pas, rencontrer l’amour, l’art et la beauté, vous avez tout ça sous vos pieds.
Pourtant, on entend toujours les mĂŞmes complaintes.

Le métro ça pue, le métro c’est bruyant, le métro c’est dangereux, tu risques ta vie à chaque instant, ça grouille de rats qui nous refilent la leptospirose, des psychopathes te poussent sous la rame tout exprès juste quand elle débarque, le tzigane avec son harmonica te vrille les oreilles, le SDF bourré, un par station, t’insulte en titubant la bouteille à la main de bon matin. Le métro c’est des inconnus qu’on préfèrerait ne pas côtoyer, des gens qui arborent des têtes d’enterrements, le commercial avec sa cravate Mickey qui frise le ridicule, ta voisine de banquette qui lit Closer. Sans oublier le gars en face qui te frôle sensuellement le genou, l’air de rien, cachant comme il le peut une érection naissante, sa veste noire recouverte de pellicules qui donnent la nausée. L’enfer des grèves hebdomadaires est un suicide à petit feu. Pour couronner le tout, les geeks se multiplient, te foudroyant de leurs ondes nocives tout ça pour twitter et facebooker des conneries en continu (« je suis dans le métro et mon voisin a des auréoles » avec photo discrète sur Twitpic, un savoureux gros plan de l’aisselle inondée, pris de travers).

Quoi de plus naturel pourtant que rouler à tombeau ouvert chaque matin, six pieds sous terre, l’idéal pour tester ce piquant sentiment de claustrophobie que nous connaîtrons tous, plongés dans le noir, les uns à côté des autres pour l’éternité. Une adaptation quotidienne à ce qui attend chacun d’entre nous, dans un avenir plus ou moins proche, incluant les odeurs fétides et la promiscuité.

Le métro, c'est aussi un moyen absolument unique pour lire des quotidiens gratos, mater, et surtout, connaître cet instant d’éternité, quand tu es comprimé(e) contre ce bel inconnu, cette femme sensuelle (merci les grèves) pendant de longues et voluptueuses minutes, durant lesquelles il n’y a plus ni sueur, ni bousculade, ni peur d’être en retard, mais seulement vous deux, l’un contre l’autre, le cœur battant la chamade, à espérer qu’une panne d’électricité vous plonge dans le noir et vous bloque entre deux stations.

Qui n'en a pas profité ? (bon moi j'avoue, je tombe toujours contre le commercial en cravate Mickey).

 


 

Ces vieux qui crèvent tout seuls chez eux


Hier, je rentrais chez moi quand j'ai aperçu une vieille femme immobile sur le trottoir. Ses jambes tremblaient, elle semblait ne plus pouvoir avancer. Je la reconnais. Elle habite à une rue de chez nous, les gens la fuient parce qu'elle a une tête de sorcière, mais vraiment, avec le nez de Carabosse, les yeux enfoncés, tout plein de rides et la bouche édentée. Quelques mèches terriblement grasses et ternes, sur son crâne dégarni. Une dégaine de SDF new-yorkais : un imper beige tout élimé, une jupe droite en laine sous le genou, usée, des chaussettes jaunes, des baskets trouées, et surtout ces affreux bandages sales enroulés autour des chevilles.


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Les lecteurs de blogs, qui sont-ils ?


Qui lit nos blogs ? Il ne faut pas se leurrer, on est en France, pas aux Etats-Unis, et si les gens lisent de plus en plus le journal sur le Web, une minorité s’intéresse aux blogs. Oui c’est dur mais c’est ainsi.
Les lecteurs sont donc à majorité des blogueurs, qui connaissent et maîtrisent cet univers, qui ont cette même passion d’écrire, et prennent plaisir à fureter et lire d'autres blogs. Ces gens bizarres qui étalent leurs opinions et vie intime n’ont peur de rien, s’expriment avec franchise et indépendance, et n’hésitent pas à commenter et rebondir sur d’autres sites.
Les amis, la famille, qui me lisent de temps Ă  autre, eux sont beaucoup plus timides...


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Bouffer du regret, trop tard


Si je devais résumer les petits mouchoirs en une phrase, elle serait : les doutes et tourments d'une bande de potes qu'on a pour RIEN AU MONDE envie d'avoir !!! Tous des boulets.

Et bien, après cette promo phénoménale, pour faire plaisir à mon copain Guillaume qui avait été peiné par ma dernière lettre, par affection pour tous ces acteurs sympathiques, j’ai fini par aller voir ce film. Qu’elle est jolie et bonne actrice Marion Cotillard. Qu’il est chargé de questions existentielles et de tristesse ce film !
J’ai rigolé de temps en temps, mais je m’attendais à plus de légèreté. La fin brutale et glauque n’était franchement pas indispensable. Une note plus positive, après toutes ces galères, histoire qu’on ne se tire pas une balle en sortant, ce n’était pas envisageable ?

Néanmoins ça fait un peu réfléchir. J’ai bien sûr pensé que cette bande de potes dépressifs à moitié névrosés voire psychotiques (à la limite de la caricature pour certains) n’est en plus qu’un amas d’égoïsme. Facile à dire. Or c’est celui qui dit qui l’est (dicton bien connu chez les moins de 8 ans). Il faut reconnaître qu’on se regarde tous le nombril, même si ce n’est pas évident de l’admettre. Quand un ami va mal, ou qu’un voisin est en galère, on est compatissant soit, on propose de l’aide OK, mais ce qui compte vraiment dans notre petite tête ce sont nos gros problèmes à nous, notre vie tellement importante : tel ne me regarde pas, tel ne m’aime plus, tel m’a fait un sale coup, quelle chieuse cette collègue, je ne gagne pas assez d’argent, tiens j’ai une migraine et si j’avais une tumeur au cerveau ? Et c’est bien dommage. Le drame qui touche cette bande de potes en est une illustration. On croit donner beaucoup, mais c’est surtout de soi qu’on se préoccupe. Ensuite on bouffe du regret et on culpabilise, mais c’est trop tard. C’était avant qu’il fallait être présent, à l’écoute.

En même temps, vous me direz que c’est dans notre corps qu’on vit, qu’on a déjà du mal à se comprendre soi-même alors les autres, c’est loin, et que chaque coup nous touche directement au cœur, alors que ceux pris par les copains, on les sent moins. Bah oui. Mais bon.

 


 

Le remaniement ministériel par Aude Nectar, Présidente


Tout va changer ? Rien ? Des femmes ? Plus, moins ? Pour couronner le tout, Roselyne Bachelot ministre de la culture, c’est une rumeur qui circule depuis quelques temps. Elle s’accroche et veut rester au gouvernement, et après les polémiques qu’elle a suscitées concernant en particulier le vaccin contre la grippe A, il serait question de l’affecter à ce poste (au lieu de l'éjecter, ce qui semblerait plus logique, la France se distingue là encore). Le remaniement que je vous propose n’est pas plus fou, il serait même bien plus crédible et sérieux.

Attention, je place mes têtes, accrochez-vous, ça va filer droit :


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Hypocondriaque


J’en ai eu des merdes. Des tonnes de maladies. Je me demande comment je peux encore être en vie à l’heure qu’il est. Je suis certainement plus résistante que je ne le pense. Je suis très forte en diagnostics en plus. En farfouillant un peu sur internet, on trouve toutes les réponses, les phobies et crises de paranoïa aigues sont renforcées, et plus on cherche, cherche, plus on panique, panique.
J’ai ainsi survécu à :

- Une sclérose en plaques débutante. Des fourmillements sur les pieds, qui ont duré plusieurs semaines. Très vite, on imagine qu’on voit flou, de temps en temps, tiens et la fatigue c’est sûrement ça, putain, j’ai pas envie de savoir. Tu commences à chialer en te visualisant avec une béquille, puis en fauteuil roulant. Tu arrives chez le médecin avec une boule énorme dans l’estomac. Il a vainement essayé de me faire avaler que c’était une petite sciatique qui se propageait dans le pied. Mais oui. Il me sait fragile, il veut juste m’épargner.


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Quand les gens pleurent, elle danse


Jeanne est légère et passionnée. Quand les gens pleurent, elle danse. Quand ils enragent, elle rit. Quand ils frappent, elle chante.
C’est toute sa vie, danser, rire, chanter. Cette étrange attitude lui vaut bien des sobriquets. Ses collègues la surnomment la cruche, l’autiste ou la débile. Ses frères et ses amis ne l’appellent plus. Ses parents fuient ses baisers mièvres comme la peste.
Un jour, alors qu’elle dansait et chantait en riant, avec toute sa légèreté, elle a sauté d’un pont.


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Au pied l'aigle noir !


Qu'est-ce qu'on fait pas comme conneries quand il pleut. Nectarine avait entendu l'Aigle Noir de Barbara à la radio, et insistait pour qu'on trouve une vidéo sur le Net. Il y en a pas mal, on s'est bouffé de l'Aigle noir aux yeux couleur rubis, des plumes couleur de nuit, semblant crever le ciel, pendant une heure. Puis ma fille ravie, que dis-je, émerveillée, est tombée sur ce montage absolument fabuleux, on a eu une pensée émue pour la chanteuse qui doit se retourner dans sa tombe en hurlant et grattant, c'est kitch à mort, faux couchers de soleil, pégase qui n'a rien à foutre ici, angelots, homme torse nu, gracieuse femme allongée (dénudée, au bord d'un lac, elle attend son rapace qui est en réalité un acteur de film porno), bref, savourez :


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Mon coeur déchiqueté par : Nos Etoiles ont filé, d'Anne-Marie Revol


Qu’est-ce que je me suis fait mal en lisant ce livre. La douleur, la culpabilité, les souvenirs tellement adorables et émouvants, l’absence cruelle, le manque insupportable, la sensation d’injustice, l’envie fugitive de tout arrêter.
J’ai pleuré sous la douche avec le papa, je me suis jetée à terre en hurlant avec ce couple admirable en apprenant l’impensable par téléphone, j’ai flotté et tenté de m’agripper à quelques parcelles d’espoir et d’amitié à leurs côtés.


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Lettre ouverte Ă  Lady Gaga et Guillaume Canet


J’imagine sans peine votre effarement, chers Guillaume et, c’est quoi votre prénom au fait, Gaga, c'est ça ?
Nous coller ensemble dans un titre, alors qu’on n’a aucun point commun, que ce soit physiquement ou intellectuellement, c’est indigne de nous. Oui, mais à part Liliane Bettencourt et Ben Laden, beaucoup moins excitants vous me l’accorderez, on ne parle que de vous dans la presse, et malgré votre sex-appeal foudroyant, trop c’est trop.
Bon OK, Gaga c’est ton métier, faire parler de toi, et c’est plutôt réussi. Mais Guillaume, toi...


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