Notre dîner de blogueuses avec Jacques Higelin


Ou comment je me suis invitée à sa table en lui racontant ma vie.


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Quand j'étais petite, à Tokyo




Quand j'étais bébé, j'ai découvert le monde, ses joies et ses peines dans une ville étrange, bien loin de ma France actuelle, à Tokyo.


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On ne s’improvise pas écrivain ou poète


Depuis que je me prends au jeu de l’écriture, je ne lis plus de la même manière. Je suis plus attentive aux tournures, aux mots, au style, à ce qu’ils font chanter ou vibrer en moi, et autant je peux être transportée par un auteur, autant je peux carrément m’ennuyer avec un autre :peu de crédibilité dans l’histoire, plume hésitante ou manquant cruellement d’émotion, de passion, de sincérité.

C’est assez fascinant de constater que de grands auteurs, comme Zola qui a écrit ses premières œuvres puis sa superbe série des Rougon-Macquart, soit 20 romans, sur une durée de 30 ans, garde le même style constant et excellent d’un livre à l’autre. Je dévore Thérèse Raquin (l’un de ses premiers romans, 1867), l’Assommoir (1877) et la Bête Humaine (1890) avec le même plaisir et la même exaltation. Zola dépeint avec toujours autant de talent et de réalisme les différentes couches de la société, chaque personnage, chaque ville, chaque métier prend vie dans mon imaginaire avec la même facilité, sans que je me dise : « tiens là on voit qu’il maîtrise enfin et qu’il a pris de l’assurance le bougre ». A croire que chaque roman pondu ne peut qu’être qu’un chef-d’œuvre venant de lui, c’est ainsi, on naît puis on est grand auteur ou on laisse tomber, c’est tout.

En revanche, pour Fatou Diome, on sent au fil de ses œuvres que le temps et l’expérience jouent en sa faveur, et qu’elle n’est plus aujourd’hui l’auteur hésitant et tâtonnant de ses débuts, ce qui me semble plus logique et naturel. Ainsi, entre Inassouvies nos vies, embrouillé et naïf, et Celles qui attendent, un bijou de poésie et d’émotion, Fatou Diome a connu une progression faramineuse selon moi dans l’écriture, la cohérence, la clarté, la crédibilité. Dans ce dernier roman, elle atteint un sommet, et se dirige certainement vers d’autres cimes à l’avenir. A moins que ? Parfois, l’exploit n’est pas toujours renouvelé, malgré les espoirs et les efforts.

Dans ce cas, on voit clairement que la pratique paie, et qu’une plume gagne en qualité et en saveur avec le temps, tirant des leçons de ses errances passées. Mais il ne faut pas se leurrer, ces écrivains à succès sont doués, indubitablement, et ne s'improvisent pas écrivains en ayant juste lu deux BD des Schtroumpfs...


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Pourquoi j'adore la Saint-Valentin...




Et oui, on ne peut rien vous cacher, je suis une amoureuse, une romantique, une sentimentale, une rêveuse, rêveuse et fan de tout ce qui est beau, de tout ce qui est rouge, de tout ce qui s'aime, de tout ce qui est en forme de coeur (mais aussi d'étoile et de lune). A croire que la Saint-Valentin a été créée pour moi. Quel bonheur sans nul autre pareil de s'émerveiller sous ces cascades de rubis, de papillonner gaiement à travers les rues de la ville qui se transforme, qui se pare d'amour avec un grand A, qui nous invite à éveiller nos multiples sens, à nous abîmer dans la luxure et la concupiscence, à nous enlacer tendrement puis sauvagement, à nous dévorer de baisers, et surtout, surtout, à s'acheter des cadeaux très chers et pas du tout kitsch...


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Street art : ces chaussures suspendues



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Auschwitz, une douloureuse évocation, un devoir de mémoire


La première fois que j’ai réellement été confrontée à l’extermination des juifs, le pan de notre Histoire dont j’ai le plus honte aujourd’hui, qui m’abasourdit rien que de l’évoquer, j’avais 12 ou 13 ans. Mon prof d’histoire avait réuni ses deux classes de 5ème et nous a projeté un beau matin ce documentaire cru, froid, sans concessions, boum, prends-toi ça dans la gueule, allez, voyage au plus profond de ce que tu peux être, petit jeune immature qui ne connaît encore rien de l’homme et de la vie : Nuit et Brouillard. Sidérée j’étais, assise au fond de la classe sur une table, blaguant au début avec les copains, je n’ai plus émis un son ni décroché une seconde le regard de ces horreurs qui apparemment avaient été commises de sang-froid, quelques dizaines d’années seulement auparavant, par nous, choisissant nos semblables comme victimes de cette barbarie. Des montagnes de chaussures, de lunettes, de cadavres squelettiques, de regards perdus ont ensuite hanté mes nuits.


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