On ne s’improvise pas écrivain ou poète


Depuis que je me prends au jeu de l’écriture, je ne lis plus de la même manière. Je suis plus attentive aux tournures, aux mots, au style, à ce qu’ils font chanter ou vibrer en moi, et autant je peux être transportée par un auteur, autant je peux carrément m’ennuyer avec un autre :peu de crédibilité dans l’histoire, plume hésitante ou manquant cruellement d’émotion, de passion, de sincérité.

C’est assez fascinant de constater que de grands auteurs, comme Zola qui a écrit ses premières œuvres puis sa superbe série des Rougon-Macquart, soit 20 romans, sur une durée de 30 ans, garde le même style constant et excellent d’un livre à l’autre. Je dévore Thérèse Raquin (l’un de ses premiers romans, 1867), l’Assommoir (1877) et la Bête Humaine (1890) avec le même plaisir et la même exaltation. Zola dépeint avec toujours autant de talent et de réalisme les différentes couches de la société, chaque personnage, chaque ville, chaque métier prend vie dans mon imaginaire avec la même facilité, sans que je me dise : « tiens là on voit qu’il maîtrise enfin et qu’il a pris de l’assurance le bougre ». A croire que chaque roman pondu ne peut qu’être qu’un chef-d’œuvre venant de lui, c’est ainsi, on naît puis on est grand auteur ou on laisse tomber, c’est tout.

En revanche, pour Fatou Diome, on sent au fil de ses œuvres que le temps et l’expérience jouent en sa faveur, et qu’elle n’est plus aujourd’hui l’auteur hésitant et tâtonnant de ses débuts, ce qui me semble plus logique et naturel. Ainsi, entre Inassouvies nos vies, embrouillé et naïf, et Celles qui attendent, un bijou de poésie et d’émotion, Fatou Diome a connu une progression faramineuse selon moi dans l’écriture, la cohérence, la clarté, la crédibilité. Dans ce dernier roman, elle atteint un sommet, et se dirige certainement vers d’autres cimes à l’avenir. A moins que ? Parfois, l’exploit n’est pas toujours renouvelé, malgré les espoirs et les efforts.

Dans ce cas, on voit clairement que la pratique paie, et qu’une plume gagne en qualité et en saveur avec le temps, tirant des leçons de ses errances passées. Mais il ne faut pas se leurrer, ces écrivains à succès sont doués, indubitablement, et ne s'improvisent pas écrivains en ayant juste lu deux BD des Schtroumpfs...


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Le temps passe, les souvenirs trépassent


2011, je ne suis pas encore habituée à cette année, deux mille ONZE, enfin je dois ressentir ça chaque première semaine de janvier, certainement, puis j’oublie.
J’oublie, oui, justement, c’est bien le problème.
Je ne sais pas quel âge vous avez, vous qui me lisez, 20, 30, 40, 70 ans, mais qu’importe, jeunes ou vieux, même si la vie est courte, particulièrement courte quand on la compare à celle des étoiles ou des volcans, on a eu le temps de compiler une sacrée base de données de souvenirs et d’émotions dans notre petit cerveau.
L’enfant qu’on était a disparu. De lui ne subsistent que des photos, sur lesquelles on tombe parfois avec amusement et incrédulité.


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Les lecteurs de blogs, qui sont-ils ?


Qui lit nos blogs ? Il ne faut pas se leurrer, on est en France, pas aux Etats-Unis, et si les gens lisent de plus en plus le journal sur le Web, une minorité s’intéresse aux blogs. Oui c’est dur mais c’est ainsi.
Les lecteurs sont donc à majorité des blogueurs, qui connaissent et maîtrisent cet univers, qui ont cette même passion d’écrire, et prennent plaisir à fureter et lire d'autres blogs. Ces gens bizarres qui étalent leurs opinions et vie intime n’ont peur de rien, s’expriment avec franchise et indépendance, et n’hésitent pas à commenter et rebondir sur d’autres sites.
Les amis, la famille, qui me lisent de temps Ă  autre, eux sont beaucoup plus timides...


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Bouffer du regret, trop tard


Si je devais résumer les petits mouchoirs en une phrase, elle serait : les doutes et tourments d'une bande de potes qu'on a pour RIEN AU MONDE envie d'avoir !!! Tous des boulets.

Et bien, après cette promo phénoménale, pour faire plaisir à mon copain Guillaume qui avait été peiné par ma dernière lettre, par affection pour tous ces acteurs sympathiques, j’ai fini par aller voir ce film. Qu’elle est jolie et bonne actrice Marion Cotillard. Qu’il est chargé de questions existentielles et de tristesse ce film !
J’ai rigolé de temps en temps, mais je m’attendais à plus de légèreté. La fin brutale et glauque n’était franchement pas indispensable. Une note plus positive, après toutes ces galères, histoire qu’on ne se tire pas une balle en sortant, ce n’était pas envisageable ?

Néanmoins ça fait un peu réfléchir. J’ai bien sûr pensé que cette bande de potes dépressifs à moitié névrosés voire psychotiques (à la limite de la caricature pour certains) n’est en plus qu’un amas d’égoïsme. Facile à dire. Or c’est celui qui dit qui l’est (dicton bien connu chez les moins de 8 ans). Il faut reconnaître qu’on se regarde tous le nombril, même si ce n’est pas évident de l’admettre. Quand un ami va mal, ou qu’un voisin est en galère, on est compatissant soit, on propose de l’aide OK, mais ce qui compte vraiment dans notre petite tête ce sont nos gros problèmes à nous, notre vie tellement importante : tel ne me regarde pas, tel ne m’aime plus, tel m’a fait un sale coup, quelle chieuse cette collègue, je ne gagne pas assez d’argent, tiens j’ai une migraine et si j’avais une tumeur au cerveau ? Et c’est bien dommage. Le drame qui touche cette bande de potes en est une illustration. On croit donner beaucoup, mais c’est surtout de soi qu’on se préoccupe. Ensuite on bouffe du regret et on culpabilise, mais c’est trop tard. C’était avant qu’il fallait être présent, à l’écoute.

En même temps, vous me direz que c’est dans notre corps qu’on vit, qu’on a déjà du mal à se comprendre soi-même alors les autres, c’est loin, et que chaque coup nous touche directement au cœur, alors que ceux pris par les copains, on les sent moins. Bah oui. Mais bon.

 


 

Offrir la vie Ă  une inconnue


Un projet de loi propose de lever l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes, ainsi les enfants nés grâce à ces dons pourraient avoir accès à leur dossier à leur majorité.

Je suis pour à 100%. J’irai même plus loin. J’aimerais dans l'idéal donner mes ovocytes et connaître plus tard les enfants issus de ce don s’ils le souhaitent. Ayant connu les affres de l’infertilité, la souffrance que l’attente et les traitements engendrent, le moral en dents de scie et l’espoir qui vacille, je suis emplie de compréhension et de compassion pour tous ces couples encore en galère. La vie m’a comblée puisqu’à force de volonté, j’ai eu trois enfants. Je vivrai sans regrets car je n’en désire pas davantage (et que ma vie est devenue un peu speed depuis les jumeaux, trop vide avant, trop emplie après, on n’est jamais satisfaits) mais j'aimerais que d'autres femmes connaissent la joie de donner la vie, c'est trop cruel de la leur refuser.


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La toute dernière seconde


Cet été, mon petit gars de deux ans s’est échappé du gîte où nous étions. Il a réussi à profiter de l’ouverture automatique foireuse de la grille pour s’élancer sur la route. Je l’aperçois depuis l’autre bout du jardin. Un vrombissement menaçant résonne dans la vallée. Livide, une bénéfique montée d’adrénaline me pousse à réagir, vite. Je crie son prénom, cours, cours aussi vite que me le permettent mes jambes à la musculature atrophiée.
Vous pouvez imaginer la scène au ralenti, moi le cœur battant :
- Bilououououf……..NOOOOONNNNNNN !!

Les vacanciers qui dans l’agréable jardin savourent un café au soleil autour d’une table, des lecteurs assidus sur leur chaise longue, des enfants jouant au ballon, tous arrêtent leur activité et dirigent leur regard curieux et inquiet vers moi, comprenant que le drame de toute une vie se noue.


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Je ne suis pas d'accord


Un livre encore ouvert sur son lit. La Douane de Mer, de Jean d'Ormesson. Elle le lisait pour la deuxième fois. La semaine précédente, elle me le conseillait encore.
"Aude, il faut absolument que tu le lises, c'est un chef d'œuvre. Tu me diras ce que tu en penses." Elle adorait cet auteur.
Elle ne le terminera pas. Et si je le faisais pour elle ?
Sur la table de son salon, toujours un puzzle en cours. Mais comment trouvait-elle la patience pour s'y atteler pendant des heures, et assembler ces 15 000 pièces en écoutant la radio ? Ce petit poste noir et grésillant, qui ne la quittait pas, même le soir dans son lit. Parfois, je m'asseyais près d'elle pour l'aider. Vite découragée, je tentais vainement de recomposer ce ciel immense avec des nuances de bleu à peine perceptibles, ces arbres et ces collines, parées de toutes les teintes possibles de vert. Nos deux mains se touchaient. La mienne, vive et jeune, la sienne, ridée et douce.


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Vais-je succomber Ă  l'iPhone, l'iPad ou i-Pas ?


Je viens d'avoir 34 ans en mai. Mon mari est le roi des cadeaux d'anniversaires, j'ai donc eu droit cette année à beaucoup d'amour et des roses du jardin. Il n'est pas radin, mais c'est pas son créneau c'est tout.
Cependant, il m'a confié qu'il aimerait m'offrir un iPhone pour remplacer mon antique téléphone portable tout rayé, que même que quand on l'ouvre en coulissant il y a du sable qui bloque et que ça crisse joliment. Avec pour seule application la mémoire de 20 numéros.
Mais il n'a pas pu me l'offrir le jour du grand jour, tout simplement parce que son petit frère, qui est un vrai et pur geek assez doué, ce qui ne l'empêche pas de convoler bientôt en justes noces, lui aurait conseillé d'attendre un peu. Il anticipait qu'avec la sortie du nouveau modèle, les anciens se vendraient à un prix plus intéressant. Ce qui est tout à fait juste et finaud. Comme quoi les nouvelles technologies ne rendent pas plus con, c'est qu'une légende.


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Si t'habites pas à Paris, t'as raté ta vie


Si t'as une Rolex, mais que tu vis pas à Paris, laisse tomber mon vieux, t'as quand même foiré ta vie.

Parce que faut pas se leurrer, les parisiens ont beau arborer un air outré quand on les accuse de racisme provincial, les préjugés résistent bel et bien.
Certains s'en défendront avec fougue et une certaine élégance : "mais ma mère vit à Blois, c'est très bien la province", ou "j'ai fait mes études à Lyon, alors tu vois, j'ai rien contre ces gens là". Ouais ouais ouais, à d'autres.
Certains assument encore moins, et cachent leur obscur passé à Nevers ou à Montauban. Quand on leur demande où ils ont grandi, ils éludent, ou insistent bien sur le fait qu'aujourd'hui ils ont une (bonne) adresse dans la capitale, et que cette ville, ils ne la quitteraient pour rien au monde, qu'ils ne s'ennuient jamais ici.
La province, c'est bon pour prendre l'air, voir un arbre de temps en temps, découvrir avec amusement le bruit d'une cigale ou d'une grenouille, pourquoi pas le chant d'un oiseau (pas d'un pigeon, je vois venir les contestataires, "mais on en a à Paris d'abord.."), arpenter un petit village une glace dans la main, l'appareil photo autour du cou.
Mais franchement, pensent-ils, comment ils font ces gens toute l'année dans ce bled alors que TOUT se passe à Paris...


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Les blogueurs esclaves de Wikio


Je comprends tellement bien le coup de gueule de Fransso que je profite de la polémique pour donner mon opinion sur ce sujet.
Tout ce débat semblera bien obscur aux lecteurs qui ne tiennent pas de blog, ou qui en ont un mais ne sont pas en mal de notoriété ou dans le désir de le rentabiliser.

Je déplore depuis quelques mois, un an peut-être, un asservissement de plus en plus prononcé à Wikio. En cause son principe de classement : plus il y a de liens vers un blog émis depuis d'autres blogs, plus celui-ci monte dans les classements. A la base ce n'est pas idiot et aurait du ne mettre en avant que les blogs de qualité. Ceux dont les billets sont tellement drôles, percutants, intéressants qu'ils sont cités sur d'autres sites, conseillés pour leur qualité, leur valeur ajoutée.

Malheureusement, de petits malins ont bien compris qu'il suffisait de citer à outrance les copains ou d'organiser des concours, tags et autres défis, avec l'engagement implicite de citer en retour dans une récap, pour que les règles ne changent, et que n'importe quel blog se retrouve en tête du classement.
Quelques uns ont usé et abusé de ce filon.
Devant les résultats dépassant toute espérance, beaucoup de blogs se sont infiltrés dans la brèche.
Au point qu'un doute voire un malaise important m'envahit aujourd'hui dés qu'un défi ou autre concours pour anniversaire de blog (la grande mode aussi, et un excellent moyen de gagner 50 places dans Wikio) est annoncé dans la blogosphère.
Heureusement, certains parviennent à conserver créativité, qualité et spontanéité tout en avouant en toute franchise tout mettre en ouvre pour monter dans Wikio. Je pense à Manu en particulier, entre autres, mais il n'empêche qu'il y a une réelle overdose de concours.
Chez les politiques, ce sont de vrais engagés qui sont dans les premiers et forment un réseau très solidaire, qui se citent aussi fréquemment pour conserver l'accessibilité à leurs idées et valeurs, ce qui est déjà différent. Même si pour certains copains il y a aussi le désir avoué de rester Maître et Roi de Wikio, chacun dans sa catégorie, et que ça en devient une obsession, parfois non dénuée d'humour.

Personnellement, mes intentions sont désintéressées, mais je n'ai plus l'audace face à ce malaise de lancer des concours. Pourtant j'aime les jeux d'écriture (je participe avec plaisir à certains, je manque de temps pour la plupart), la photo, les imaginations débridées, ce qui peut faire réfléchir.
En outre, même si j'ai la chance d'apprécier la grande majorité des blogueurs, dans les différents domaines, et d'avoir découvert un monde extrêmement solidaire et sympathique, ce joli monde est en train de sombrer dans un asservissement de plus en plus prononcé à ce classement.
Au lieu d'écrire spontanément un billet selon l'humeur du jour, l'actualité, une photo qu'on souhaite partager, certains deviennent des boites à concours, à défis multiples, au service parfois d'autres blogueurs sans même s'en apercevoir.


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Savoir dire NON, un art difficile mais précieux


Hier ma fille faisait ses devoirs avec son papa.
Comme d'habitude, elle a du mal à se concentrer, remue sur sa chaise, ne relit pas, répond et calcule trop vite sans vérifier, d'où des erreurs d'étourderie facilement évitables.
Elle entrecoupe ses exercices de "c'est nul l'école, j'aime que la récré", ou "elle est nulle ma vie" qui n'arrangent rien.
Complaintes évidemment exagérées dans le but de nous apitoyer sur son sort, étant donné qu'elle adore sa maîtresse et travaille mieux avec elle qu'à la maison. Enfin bon.

Ce bout de dialogue m'a néanmoins fait réfléchir et rebondir sur un débat d'actualité, vous allez comprendre pourquoi :


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Le sens de la vie


Il y a des périodes comme ça où je me pose beaucoup de questions. Trop de questions.
Du grand classique. Mais qu'est-ce qu'on fout là, pourquoi, certains comportements superficiels ou absurdes m'affligent, le manque d'évolution de l'humanité m'attriste.
Beaucoup de conflits sont encore résolus par la violence entre les peuples, qui cultivent et élèvent leurs enfants dans la haine de l'autre. Trop de libertés bafouées, de nature non respectée, d'égos démesurés, qui font passer le petit moi avant le TOUT que nous sommes, ensemble.

Et puis surtout, mais qu'est-ce qu'on fout lĂ  Ă  nous agiter dans tous les sens ?


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L'égalité hommes-femmes : une question d'éducation !


Les femmes en ont marre qu'on les considère comme meilleures que les hommes pour changer une couche (surtout si elle pue la merde "oh chérie, tu te débrouilles mieux que moi pour ça, et puis mon foot a commencé"), meilleures pour faire le ménage, laver et repasser le linge, s'occuper des enfants, gérer leurs activités, devoirs, vacances, et les leurs en passant.
L'homme peut à la limite être pas trop mauvais pour lire une histoire le soir, faire sauter un bébé sur ses genoux, mettre la table, faire une course (mais pas LES courses, nuance de toute importance), emmener les enfants à l'école ("une fois de temps en temps, faudrait voir à pas exagérer non plus") et puis, quoi, c'est déjà pas mal non ("oh ces gonzesses alors, jamais contentes, on va dire que c'est les hormones").

Et bien moi je dis STOP, arrĂŞtons de nous plaindre, car il existe une solution simple.


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