Extrait du blog de Charly Le Prof

Il était 7h20 ce matin, une belle journée d’automne, comme je les aime, avec ses forêts mouillées, leurs nuanciers châtains, méchés de roux et de brun, et ses jolies grèves des trains.

Je roulais au pas, bloqué dans un bouchon de quatre véhicules, derrière un tracteur, sifflotant, tout à ma joie de retrouver mes racaillettes, quand soudain, je vis par delà les clôtures de notre si belle campagne, un spectacle à peine soutenable. Je stoppai mon véhicule sur le bas-côté, descendis et rejoignis la clôture la plus proche pour me retrouver comme figé par la vision. Je décidai d’alerter le monde.

Oui, c’est une des conséquences de la grève des trains, nos vaches n’ont plus rien à regarder.
Alors elles s’étaient regroupées à l’autre bout du champ, au pied du talus, fixant la voie silencieuse, attendant le TER 7687 de 7h13 qui ne viendra jamais, ce que je me gardai bien de leur dire, et ça meuglait, ça beuglait, mon vieux, ça faisait peine à voir.
Oui, nos vaches sont prises en otage, qu’on se le dise.
Ben c’est vrai, quand ta vie est rythmée par le TER de 7h13, le Corail de 10h28, et l’Elipsos de 19h44, ben quand y’a grève, t’es comme légèrement dévariée, et tu rechignes un poil à te faire tirer sur la mamelle comme si de rien n’était. C’est humain comme réaction, mais bon, n’imaginez pas que ce soit sans conséquences sur le yaourt.

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