Entendu, noté, rapporté


Extrait du blog Entendu Ă  Paris, quand les parisiens ont les oreilles qui traĂźnent...

Dans le bus rue Richelieu, un petit garçon à sa mÚre :
- Maman, regarde, des Sarkos !
- Non mon chéri, ce sont des policiers.
Entendu par Remartin

Dans le bar Le Cochon à l'Oreille, rue Montmartre, une femme au comptoir se rend compte qu'on ne lui à pas servi la 1664 promise mais une Leffe. Le patron lui fait remarquer qu'elle aurait pu s'en rendre compte avant d'avoir bu la moitié du brevage. Elle répond :
- J'm'en suis rendu compte parce que j'ai arrĂȘtĂ© de parler. Mon cerveau s'est remis en route.
Entendu par Elodie

Dans le métro, une dame demande à un jeune qui écoute son lecteur mp3 :
- Est ce que vous pourriez baisser s'il vous plaĂźt ?
- Non, moi j'aime écouter fort.
Entendu par Morgane

Lien blog : Entenduaparis

 


 

On l'a bien cherché


Extrait du blog de l'Enervé, professeur de Sciences dans l'Enseignement Supérieur.

"Les Ă©lĂšves français tout juste dans la moyenne. La France peut mieux faire pour ses Ă©lĂšves, qui reculent encore dans le classement de l'enquĂȘte internationale sur les savoirs acquis en sciences, en maths et en comprĂ©hension de l'Ă©crit."
Voici ce que l'on peut lire sur le site de Libération, qui cite l'étude "Pisa" menée par l'OCDE.
Ben oui, nous l'avons bien cherchĂ©: Ă  force de procĂ©der Ă  des rĂ©formes dĂ©biles sans queue ni tĂȘte, Ă  force de faire inspecter les instits et les profs par des inspecteurs qui n'ont pas mis les pieds dans une salle de classe depuis 10 ans, Ă  force de faire rĂ©diger les programmes de physique de 5Ăšme par des types sortis de Normale Sup, pour qui le monde tangible n'est que la manifestation Ă©mergente du principe d'exclusion de Fermi-Dirac et qui ont sans doute les plus grandes peines du monde Ă  utiliser la fonction d'onde de Schrödinger pour faire tourner la clĂ© dans la porte de leur appartement, nous y sommes arrivĂ©s.
(...)
Maintenant, ces jeunes, je les rĂ©cupĂšre en Ă©cole d'ingĂ©nieur, Ă  Bac + 3. Ils ne savent plus faire une rĂšgle de trois. Ils ne savent plus calculer l'aire d'un triangle ou d'un trapĂšze, parfois mĂȘme pas celle d'un cercle. Avant, on savait ça aprĂšs la 5Ăšme. Maintenant, je dois le leur apprendre quand ils ont 21 ans. Pourtant, je continue de les "vendre" aux employeurs comme les meilleurs de leur gĂ©nĂ©ration. Et le pire, c'est que c'est presque vrai. Ce sont ces Ă©tudiants, qui ne savent pas calculer le volume d'un cylindre, qui vont faire les calculs de conception des rĂ©seaux d'eau potable, des rĂ©seaux d'assainissement, des stations d'Ă©puration de vos villes. J'ai plein d'anciens Ă©lĂšves qui travaillent chez Veolia, Saur, DegrĂ©mont...
Ils ne savent plus rien faire? Ce n'est pas grave, prétendent la moitié de mes collÚgues: leur boulot ne sera pas de faire les choses, mais de les faire faire aux autres. Eux, ils aligneront les chiffres dans une feuille Excel pour estimer le coût des projets et passeront un jour directeurs de filiale. Comme me le disent mes collÚgues, "tu crois que leurs chefs comprennent mieux qu'eux comment coule la flotte" ? Merci les gars, sacrée consolation.

Vous avez peur? Moi aussi.

Lien blog et billet complet : L'énervé de service

 


 

Pardon de vouloir vivre...


Extrait du blog de Catherine, maman de Yoan.

Le comportement de Yoann est parfois atypique mĂȘme si Yoann sait ĂȘtre poli et bien se tenir Ă  l'extĂ©rieur.
J'aimerais ĂȘtre un peu plus cool, et pouvoir aller partout avec Yoann. Ne pas me poser la question de l'accessibilitĂ©, ne pas me poser la question de la place, la question de la grandeur des toilettes, etc !
J'aimerais ne pas ĂȘtre obligĂ©e de dire Ă  notre interlocuteur que Yoann sait parler et qu'il comprend tout, comme si je devais lui donner une lĂ©gitimitĂ©.
Ne pas m'excuser Ă  chaque fois que je veux passer dans certains endroits avec le fauteuil.
Ne plus avoir le sentiment d'embĂȘter les gens avec le handicap.
J'aimerais ne pas avoir le sentiment de faire l'aumÎne auprÚs d'organismes divers et variés, quand Yoann a besoin d'aides techniques.

Je suis dĂ©solĂ©e de vous embĂȘter avec mes histoires mais j'ai besoin que vous sachiez que Yoann n'a pas choisi de naĂźtre handicapĂ© !
C'est trĂšs frustrant de ne pas se sentir Ă  sa place, c'est trĂšs frustrant d'ĂȘtre obligĂ© d'attendre des lois en faveur des personnes handicapĂ©es, c'est trĂšs frustrant de voir que nos droits ne sont pas respectĂ©s.
Pardon de vouloir prendre le bus, pardon de vouloir investir les bancs des écoles, pardon de vouloir aller au théùtre, au cinéma, pardon de vouloir avoir un travail, pardon de vouloir faire du sport, de vouloir bénéficier des animations...

Lien blog : Infirmité Motrice Cérébrale PlanÚte Orange

 


 

Bousculons nos sens


Extrait du blog de Memorandhomme. Mesdames, du calme ! Voilà un style littéraire que j'aime beaucoup, et des récits qui ne laissent pas indifférents.

Si je croise votre chemin, vous ne me remarquerez sans doute pas.
Si vous ĂȘtes une femme, vous remarquerez peut-ĂȘtre mes mains. Des mains de pianiste Ă  ce qu'il paraĂźt.
Si vous ĂȘtes sensible Ă  l'Ă©lĂ©gance masculine, vous apprĂ©cierez peut-ĂȘtre la façon dont je m'habille. J'y passe du temps.
Si vous ĂȘtes sensible Ă  la voix, vous aimerez peut-ĂȘtre mon timbre, ma façon de poser les mots. Bien entendu je dĂ©teste ma voix.
Généralement, cependant, vous ne me remarquerez pas. Je serai pour vous cet homme anonyme, un visage de plus dans la foule, un dos déjà oublié.
L'endroit oĂč vous me remarquerez sera cet espace confinĂ© oĂč il y aura moi, et vous.
Dans cet espace oĂč il y aura votre corps et le mien.
Certes, vous m'aurez choisi.
Certes, vous m'aurez convié.
Mais c'est Ă  ce moment-lĂ  que vous me verrez tel que je suis.
C'est Ă  ce moment-lĂ  que vous saurez Ă  quel point je peux ĂȘtre l'opposĂ© de cet homme civilisĂ© et soigneusement habillĂ© que vous auriez Ă  peine remarquĂ© la demi-heure avant.
C'est lĂ  que vous comprendrez que mon langage est celui de la peau.
La vĂŽtre et la mienne.
C'est en bousculant vos sens, en saisissant vos reins, en envahissant votre corps, en noyant votre visage sous la pression de mon Ă©paule que je serai l'homme que je n'ai jamais cessĂ© d'ĂȘtre.
C'est en dévorant chaque parcelle de vous, en humant chaque parfum et chaque odeur, en lapant chaque goutte de vos fluides les plus intimes que je vous connaitrai, et que vous me connaitrez.
C'est en heurtant nos corps, en mĂȘlant nos souffles et nos rĂąles, en fouaillant Ă  l'intĂ©rieur de nos orifices que nous toucherons du bout de nos doigts souillĂ©s la nature de ce que nous sommes.
C'est Ă  ce moment-lĂ , au moment oĂč vous et moi serons perdus, que vous saurez qui je suis.
Un homme heureux. Un homme Ă  vous.

Lien blog : Memorandhomme

 


 

Souvenirs d'une année impudique


Extrait du blog d'Ada, qui nous offre un beau voyage tumulteux dans une autre annĂ©e, un autre siĂšcle dĂ©jĂ , qui vous pousseront peut-ĂȘtre Ă  vous remĂ©morer vos propres annĂ©es folles...en attendant de vivre celle qui commence.

1996 est mon annĂ©e la plus impudique, la plus outrĂ©e. Je me suis cherchĂ©e un peu partout. Je suis entrĂ©e dans un jeu que je croyais ĂȘtre de l’amour mais qui avec le recul ressemble plus aux dĂ©boires de l’amour propre.
Nous avons fait durer ça presque un an. Un an pour se dĂ©chirer, se comprendre, aller au bout de soi-mĂȘme, des ses dĂ©sirs, de ses ambiguitĂ©s, de ses lĂąchetĂ©s aussi.
Des cris, de la vaisselle cassĂ©e. Des ventres nouĂ©s, des mensonges, des silences aussi. J’ai goĂ»tĂ© aux affres de la jalousie puis de la dispersion, et je n’ai pas du tout aimĂ© ça. Je n’ai pas du tout aimĂ© ce moi lĂ . Je n’ai pas vraiment envie d’en parler. Avec le jugement Ă  la fois compatissant et sans appel que je peux avoir sur moi-mĂȘme, je trouve ça peu reluisant.
Avec le recul, je me rends compte malgrĂ© tout que cette annĂ©e miĂ©vro-dramatique a Ă©tĂ© capitale dans ce que je suis devenue. Il fallait aussi en passer par lĂ . Pourquoi ? VoilĂ  une question Ă  laquelle je n’ai toujours pas rĂ©pondu, c'est celle de la dĂ©couverte douloureuse de l'altĂ©ritĂ© je prĂ©sume.

Je n’ai envie de garder de cette annĂ©e-lĂ  que le piquant d’un coup de soleil sur les seins attrapĂ© de maniĂšre totalement inattendue dans les eaux baignant la Bretagne, le vĂ©lo, la sensation de libertĂ© au bord de la riviĂšre du Krach, les Ă©mouvants menhirs de Carnac et la tendre sollicitude d’un ami qui, peut-ĂȘtre sans le savoir m’a aidĂ©e Ă  retrouver le nord. Ou plutĂŽt le sud. Je ne veux pas non plus oublier les pyjamas Ă  fleurs et l’écoute bienveillante que m’a prĂȘtĂ©s mon amie A. pendant les deux trois jours que j’ai passĂ©s chez elle Ă  pleurnicher.

Lien blog : Iles on l'on ne prendra jamais terre