Gaffes chez sa belle-famille


Extrait du blog de Maggie.

A mes débuts avec Doudou, j’étais assez intimidée par sa famille.
Bien que ses parents aient quelques points communs avec les miens, et malgré des abords sympatiques, j’avais quand même peur de ne pas faire bonne impression. Il faut dire que sa maman était un peu froide - ce qui lui a passé dès que nous nous sommes fiancés : à partir du moment où elle pouvait s’investir avec moi, j’imagine.

Un jour, pendant le dîner, j’explique que ma maman a perdu sa propre mère à l’âge de 19 ans, et que par conséquent mon père n’a jamais connu sa belle-mère ; et je ne sais pas ce qui m’a pris, sans doute un besoin idiot de faire du remplissage, mais inspirée par ce cliché bien connu comme quoi les belles-doches sont des monstres toxiques, je crois bon de rajouter “mon père, il n’a jamais connu sa belle-mère : c’est un homme heureux !” et meeeeeeeeerde… à qui je suis en train de raconter ça, au fait ???

(Evidemment, c’était presque rien comparé à la fois où j’ai dit “il est bon votre poisson en papillotte !” et qu’on m’a répondu “c’est pas du poisson, mais bon…” - raté, c’était une saloperie de foutu lapin !)

Lien blog : La fille aux craies

 


 

Sous le pâté, la résurrection !


Extrait du blog de Jean Pierre Repiquet. Comme c'est la semaine de la résurrection...si ça peut vous donner des idées pour les restes des fêtes !

L’application que je mettais à mes études et mon sens aigu de la discipline me valurent le plaisir de passer une partie de ma scolarité dans un établissement privé où l’on nous poussait sur le chemin de la connaissance étroitement bordé, de part et d’autre, d’une infranchissable clôture de principes chrétiens.
Je ne regrette pas cette époque mais je n’en ai pas non plus de mauvais souvenirs. C’était l’âge des découvertes et j’en ai fait beaucoup…

Je me souviens en particulier d’avoir découvert la faim au son des gargouillements harmonieux de mon jeune estomac. On nous enseignait les vertus de l’ascèse et l’horreur du gaspillage. Nous nous nourrissions uniquement pour survivre et aucun d’entre nous n'aurait imaginé prendre un jour du plaisir à table…
Les gratins succédaient aux sautés avec une monotonie désolante. Le vendredi était, bien entendu, le jour du poisson. Mais avant ce point d’orgue, le jeudi, le cuisinier nous préparaient la spécialité de l’établissement : Le pâté de résurrection !
Ce nom extraordinaire désignait une trouvaille stupéfiante dont je n’ai jamais trouvé l’équivalent ailleurs. Il s’agissait tout simplement d’un astucieux mais providentiel accommodement de tous les restes de la semaine écoulée… De la pointe d’une fourchette exploratrice, nous redécouvrions avec ravissement, sous d’anciennes côtes de blettes en béchamel, un pilon de poulet dominical et des vestiges d’aile de raie côtoyant le râble de lapin du lundi. Le repas prenait soudain une tournure très scientifique et je pensait à cette époque là, devenir plus tard médecin légiste ou archéologue.
Sous le pâté il y avait la résurrection !

A la seule évocation de ce saint principe, l’appétit serait revenu à n’importe lequel d’entre nous si par hasard il lui avait fait défaut. Le père supérieur avait ramené d’Angleterre cette prodigieuse idée. Il l’avait découvert là bas sous le nom de “résurrection pie” et l’avait immédiatement inscrite à nos menus. Il aimait, à chaque occasion, en prononcer le nom anglais avec cet abominable accent palestinien qui nous faisait rire aux larmes.

Lien blog : Ludion Libre

 


 

Haine généalogique à l'approche de Noël


Extrait du blog de Jean-Patrice, qui nous raconte sa vie et ses souvenirs entre deux critiques acerbes de blogs.

Enfants, ma soeur et moi nous détestions généalogiquement. Et d'autant plus à l'approche de la sanction de Noël.
Avions-nous été suffisamment aimants pour mériter les joujoux par milliers?
Mais ce que je sais, c'est que nous jouions à faire enrager maman, excellent prétexte pour nous adonner ensuite à la pratique quotidienne de la lettre au Père Noël.
Maman était doublement ravie, elle pensait que nous y croyions dur comme fer et nous lui donnions l'occasion de la laisser tranquille boire son thé.

Ainsi, et dès le début du mois d'octobre, la guerre des missives était déclarée.
Nous corsions l'affaire en nous faisant passer tour à tour pour l'autre, de façon à augmenter le débit de notre correspondance.
Nous y trouvions notre compte d'adversité et ça se passait en silence, seul le chuintement de la mine grasse du crayon gris et nos rires étouffés perturbaient la compétition.

"Cher Papa, pour Noël, je veux du caca dans ma culotte tous les jours et des draps en fil de fer barbelé, signé ta petite Hildegarde."
"Cher Papa Noël, cette année, j'ai été d'une sagesse karmique, ainsi ne pourras-tu pas me refuser la petite fiole d'arsenic que je t'ai commandé l'an dernier, signé ton dévoué Jean-Patrice."

Jusqu'à ce que ma mère découvre nos jeux épistolaires et ne trouve d'autres solutions que de tout nous avouer.

Lien blog : J'irai cracher sur vos blogs

 


 

Incontrôlable fou rire


Extrait du blog d'Astrid, qui pour se détendre de ses journées mouvementées de mère au foyer exilée de la capitale a décidé d'essayer la sophrologie. Certains s'y retrouveront (ceux qui se faisaient virer en cours), moi oui et j'ai bien ri !

Assise en tailleur j'écoute l'animatrice. “Fermez les yeux” Je regarde si tout le monde ferme les yeux, ils ont tous les yeux fermés, c'est très très sérieux.
“Vous vous concentrez sur votre Moi, vous ne pensez plus à rien…” (je ne peux pas m'empêcher de penser à ma voisine qui respire fort et qui pue des sandales)
“…Vous sentez votre tête, votre nuque, vous descendez, vous sentez votre dos et votre ventre, vous sentez vos organes génitaux…”. J'ai rigolé… Mais pourquoi j'ai rigolé ? Je sens que j'ai cassé l'ambiance, l'animatrice a ouvert les yeux et me fixe méchament. Je ferme vite les miens et je reprends ma respiration.
“…Vos organes génitaux, votre anus”… non, là c'est trop, le mot anus me fait mourir de rire… Je me mords les joues, je pose mes mains sur mon visage et je regarde à travers mes doigts si quelqu'un rigole : per-son-ne.
“…Vos cuisses, vos jambes et vos pieds”. Silence complet. J'ai envie de hurler : Sortez vos cahiers de géographie !! interro surprise !!”. Ça me gratte partout.
L'animatrice met une petite musique. Je suis la seule à me tortiller.
ScruichSCCROUICH : c'est mon voisin qui se gratte la tête : un paquet de poils de cul longs comme des lianes, je m'écarte légèrement, j'ai peur qu'il me refile ses péloches. Je me fais un tout petit peu chier.
L'animatrice éteint la musique. “À présent vous êtes seule avec Vous. Et vous profitez pleinement de ce moment”. PRuiinnch. Ah ! Y en a une qui a craqué une tôle !! Si !! J'ai très bien entendu. Ça c'est le jus de pomme bio : ça fait péter ! Tout le monde ignore l'incident.
Je suis secouée d'un fou-rire et je ne maîtrise plus rien. Surtout que je suis vraiment la seule à rire.
L'animatrice s'est levée, doucement, à pas feutrés elle avance vers moi et me glisse à l'oreille “pour la paix du groupe, veuillez sortir, vous reviendrez lorsque vous serez calmée”.

Lien blog : Lapin malin

 


 

La prétention des blogs


Extrait du blog de ce Bref Réveil, cynique et réaliste !

Un sinistre individu un jour qualifia mon blogue de prétentieux. Je fus étonné qu’il prît la peine de faire cette remarque, car je croyais que cela était une évidence.

Si j’ai bien compris le principe même du blogue, ou carnet ouèbe selon le degré de francisation, il s’agit de rendre public l’accès à un journal personnel de pensées, d’opinions ou autres élucubrations. Le fait de publier ce journal dénote déjà une prétention de croire que des inconnus peuvent s’y intéresser. Et lorsqu’on se met à commenter régulièrement une pléthore de blogues étrangers en prenant soin d’y laisser l’adresse du sien, on frise la fatuité. Nonobstant le contenu disgracieux et parfois haineux de certains blogues, je ne crois pas que cette prétention que l’auteur accorde à ses écrits soit un mal. Tout au plus peut-elle paraître ridiculement inutile.

Quoi qu'il en soit, ce n’est pas d’hier que les essayistes, familiers de narrations à la première personne, sont fustigés. Le grand Michel de Montaigne, que l’on pourrait considérer comme l’ancêtre des blogueurs, fut lui-même mal reçu par plusieurs. Entre autres, Blaise Pascal le jugeait de façon acerbe : "Les défauts de Montaigne sont grands. Il est plein de mots sales et déshonnêtes..."

Lien blog et suite billet: L'inutile et l'incertain

Lire aussi mon billet d'humeur : Pourquoi les blogueurs bloguent-ils ?

 


 

Une semaine qui n'en finit pas


Extrait du blog de Lola, enseignante de littérature française aux Etats-Unis

Cette semaine n'en finissait pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, à le sentir : mes collègues me l'ont confirmé, mes élèves ne peuvent que le reconnaître. Je vous jure qu'ils ont rajouté un mardi ou deux, cette semaine. Et quelques heures au mercredi.
Des couches de fatigue toute fraîche sur le limon ancien du manque de sommeil. Je me trouve si vieille, en me regardant dans la glace. Et puis, un manque de bienveillance, de gentillesse, un manque d'indulgence (pour mes élèves, mes enfants, mes collègues), que je ne reconnais pas ni ne peux contrôler.
Ma chef m'a prévenue plusieurs fois cette semaine, "Apprendre à gérer les relations humaines" m'a-t-elle seriné. Oui, mais je ne trouve pas l'énergie pour cela. J'ai envoyé baladé plusieurs élèves qui pensent que mon temps est tout entier le leur, et que, parce que je suis là, je suis à leur disposition. En temps normal, je m'en accommode assez bien, mais là, j'ai réagi avec une agressivité qui ne me correspond pas, comme s'ils voulaient me voler mon temps précieux, mon unique bien.

Alors, je m'isole, me cache, disparais. A l'école, je reste dans ma salle, ou trouve refuge dans un coin de la bibliothèque. Je n'ai quasiment pas mis les pieds dans le bureau, ces derniers temps.
J'ai de plus en plus de mal à partager l'espace.
A la maison, je me retranche derrière mes barrières infranchissables. Je ne suis pas là, je ne suis pas là, ne me cherchez pas!

Lien blog : D'ici là

 


 

Chouette, du sang !


Extrait du blog de Miss Pas Touche, caissière qui analyse et raconte finement son métier et quotidien d'hôtesse de caisse.

Des cris.
Course poursuite de quelques mètres dans la galerie marchande.
Un vigile et un homme échangent quelques coups.
Les premiers badauds s'arrêtent et contemplent. L'homme se calme et l'agent de sécurité lui tient un bras.
Ils font quelques pas.
De nouveaux les poings parlent.

Le public est de plus en plus nombreux, encerclant ce spectacle inopiné. La bagarre se fait de plus en plus violente et les coups sont de plus en plus forts. Pas moins de trois agents de sécurité sont nécessaires pour venir à bout du forcené. Pendant ce temps là, les gens s'installent en rond (comme dans les combats de rue) autour de l'esclandre avec caddies, sacs et enfants.
Curiosité, voyeurisme, plus c'est sanglant et obscène, plus les gens regardent.
Et puis, quelle chance ! Du sang a giclé du nez d'un des vigiles.
Voilà qui fera fureur quand on racontera ça au prochain repas familial.

Lien blog : Les tribulations d'une caissière

 


 

Une fenêre ouverte sur la vie


Extrait du blog de Francis Vansteenwinckel, photographe de talent mais dont la plume a aussi su m'émouvoir.

Aujourd’hui, je ne puis plus regarder mon jardin que d’un seul point, par une seule fenêtre, sous un seul angle.
Mais cette vue est devenue comme une photographie, à la fois fixe et à la fois changeante avec les ciels, les instants du jour, les saisons, les ombres et les lumières.

Aussi, quand on s’est habitué à la pensée que la marche est devenue impossible, il est assez beau de découvrir que les choses ont la faculté de changer et cela sans bouger.

Ainsi, je vois un rouge-gorge en quête d’un pique-nique, un chat roux qui fait de même (fais gaffe, le rouge-gorge), un avion qui s’éloigne pour la baie de Rio, un nuage qui prend la forme d’un cœur, un ange qui passe, un baiser d’amour emporté par la brise, un vent léger qui me fait la bise.

Je demeure donc moi-même, enfant de ce monde, et mes pensées, tendues sur deux jambes mortes et longues, dansent une ronde devant une fenêtre ouverte sur la vie.

Lien blog : blog de Francis V.