Une semaine qui n'en finit pas


Extrait du blog de Lola, enseignante de littérature française aux Etats-Unis

Cette semaine n'en finissait pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, à le sentir : mes collègues me l'ont confirmé, mes élèves ne peuvent que le reconnaître. Je vous jure qu'ils ont rajouté un mardi ou deux, cette semaine. Et quelques heures au mercredi.
Des couches de fatigue toute fraîche sur le limon ancien du manque de sommeil. Je me trouve si vieille, en me regardant dans la glace. Et puis, un manque de bienveillance, de gentillesse, un manque d'indulgence (pour mes élèves, mes enfants, mes collègues), que je ne reconnais pas ni ne peux contrôler.
Ma chef m'a prévenue plusieurs fois cette semaine, "Apprendre à gérer les relations humaines" m'a-t-elle seriné. Oui, mais je ne trouve pas l'énergie pour cela. J'ai envoyé baladé plusieurs élèves qui pensent que mon temps est tout entier le leur, et que, parce que je suis là, je suis à leur disposition. En temps normal, je m'en accommode assez bien, mais là, j'ai réagi avec une agressivité qui ne me correspond pas, comme s'ils voulaient me voler mon temps précieux, mon unique bien.

Alors, je m'isole, me cache, disparais. A l'école, je reste dans ma salle, ou trouve refuge dans un coin de la bibliothèque. Je n'ai quasiment pas mis les pieds dans le bureau, ces derniers temps.
J'ai de plus en plus de mal Ă  partager l'espace.
A la maison, je me retranche derrière mes barrières infranchissables. Je ne suis pas là, je ne suis pas là, ne me cherchez pas!

Lien blog : D'ici lĂ 

 


 

Chouette, du sang !


Extrait du blog de Miss Pas Touche, caissière qui analyse et raconte finement son métier et quotidien d'hôtesse de caisse.

Des cris.
Course poursuite de quelques mètres dans la galerie marchande.
Un vigile et un homme échangent quelques coups.
Les premiers badauds s'arrêtent et contemplent. L'homme se calme et l'agent de sécurité lui tient un bras.
Ils font quelques pas.
De nouveaux les poings parlent.

Le public est de plus en plus nombreux, encerclant ce spectacle inopiné. La bagarre se fait de plus en plus violente et les coups sont de plus en plus forts. Pas moins de trois agents de sécurité sont nécessaires pour venir à bout du forcené. Pendant ce temps là, les gens s'installent en rond (comme dans les combats de rue) autour de l'esclandre avec caddies, sacs et enfants.
Curiosité, voyeurisme, plus c'est sanglant et obscène, plus les gens regardent.
Et puis, quelle chance ! Du sang a giclé du nez d'un des vigiles.
Voilà qui fera fureur quand on racontera ça au prochain repas familial.

Lien blog : Les tribulations d'une caissière

 


 

Une fenĂŞre ouverte sur la vie


Extrait du blog de Francis Vansteenwinckel, photographe de talent mais dont la plume a aussi su m'émouvoir.

Aujourd’hui, je ne puis plus regarder mon jardin que d’un seul point, par une seule fenêtre, sous un seul angle.
Mais cette vue est devenue comme une photographie, à la fois fixe et à la fois changeante avec les ciels, les instants du jour, les saisons, les ombres et les lumières.

Aussi, quand on s’est habitué à la pensée que la marche est devenue impossible, il est assez beau de découvrir que les choses ont la faculté de changer et cela sans bouger.

Ainsi, je vois un rouge-gorge en quête d’un pique-nique, un chat roux qui fait de même (fais gaffe, le rouge-gorge), un avion qui s’éloigne pour la baie de Rio, un nuage qui prend la forme d’un cœur, un ange qui passe, un baiser d’amour emporté par la brise, un vent léger qui me fait la bise.

Je demeure donc moi-même, enfant de ce monde, et mes pensées, tendues sur deux jambes mortes et longues, dansent une ronde devant une fenêtre ouverte sur la vie.

Lien blog : blog de Francis V.

 


 

Les grosses balances !


Extrait d'un blog où les gens dénoncent et balancent ceux qui les agacent. C'est entre le confessionnal et le défouloir...heureusement, ce n'est pas nominatif ! Voici ma petit sélection :

Je balance mes voisins, par Sandrine, 24 ans, Besançon :
Je balance mon voisin de faire couiner ma voisine Ă  n'en plus pouvoir... Si madame pouvait crier un peu moins fort et un peu moins souvent, ce serait le top... enfin quoi ...

Je me balance, de Pimprenelle, 26 ans
Je me balance d'avoir fouillé dans toutes les affaires de mon mec, y compris son portable.
J'ai maintenant honte, mais je continue dès qu'il tourne le dos.


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Rendez-vous avec une inconnue


Extrait du blog d'un homme qui raconte ses aventures érotiques.

Je suis prĂŞt.
J’ai pris ma chambre vers 15 heures. Une belle chambre, spacieuse, classieuse, esprit lounge, chaîne B&O, écran plat grand comme un demi stade de foot, salle de bain grande comme ma cuisine, que j’ai déjà inaugurée en prenant un bain pendant presque une heure. C’est excitant, un bain, surtout en préalable à ce qui va se passer dans quelques minutes ici même.


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Ca fait drĂ´le de rebosser


Extrait du blog d'un apathique, qui vient de retrouver du travail...ce qui le fait plonger dans un étrange univers.

Je suis allé travailler ce matin. Ca fait bizarre.
Pour commencer, je me suis levé à une heure indécente.


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L'art de s'enfoncer


Extrait du blof de Fyfe. VoilĂ  qui m'a fait rire et repenser Ă  toutes les inepties que j'ai pu dire au lieu de me taire dans des situations gĂŞnantes...

Il y a des gens qui, quand ils sont mal à l'aise, savent le cacher habilement, ou pour le moins rester muets comme des carpes (encore qu'on n'a jamais prouvé que les carpes n'étaient pas les pires pourvoyeuses de ragots du monde sous-marin).

Et puis il y a des gens qui, allez savoir pourquoi, ont un débit de paroles ineptes proportionnel à leur malaise.
C'est assez idiot comme comportement.
Mais le savoir ne rend pas pour autant capable de fermer sa bouche dans une situation gĂŞnante.


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Joies de saison


Extrait du blog de La Méchante. C'est vrai que l'Automne aussi c'est chouette...voici un bon anti-dépresseur saisonnier :

Quand il commence à faire frais, que mes joues sont légèrement roses, mon teint tout pâle, que je sors mon manteau, que j'allume le radiateur, que mon chat vient se blottir, alors que ça déprime tout le monde, moi je me sens chez moi.
Si je devais donner comme ça, rapidement une image du bonheur ce serait un peu ça : après midi pluvieuse, un petit salon douillet avec un feu dans la cheminée, une partie de cartes, des marrons chauds, un thé fumant, un chat qui roupille sur une couverture moelleuse... (..).

Je crois que j'ai passé trop de bons moments dans mes bottes en caoutchouc avec mon anorak dans la forêt quand j'étais gamine pour ne pas aimer cette saison : j'adorais rentrer trempée comme une soupe, faire sécher mes vêtements et engloutir un bon chocolat chaud en famille. Aller ramasser des champignons, des marrons, courir avec les chiens (ouais, d'abord, je suis une vraie petite sauvage !), me mettre de la terre partout, c'est bien meilleur à l'automne ! Et puis je vois toujours avec plaisir arriver le raisin, les poires, pommes et clémentines, tous ces petits rendez vous de l'année quoi, je devais être une paysanne réjouie dans une vie antérieure !

Lien blog - billet complet : le blog de la méchante

 


 

Un jour, peut-ĂŞtre...


Extrait du blog de Rony

Un jour peut-être, un jour viendra, après un grand silence, après une grande folie, un jour viendra où la vie explosera enfin sans retenue. Un jour peut-être… Mais quand ?

Laissera-t-on alors la flore s’épanouir sans aucun secours, sans aucune entrave ?
Laissera-t-on alors la faune s’ébrouer dans ses lieux de prédilections, sans aucun enclos ?
Laissera-t-on alors les êtres humains s’exprimer sans ces lois et ces règles qui privent le plus grand nombre de tout et l'oblige au silence ?

Un jour peut-être…

Mais, je crois, nous avons raté ce train là, et le prochain n’est pas annoncé avant longtemps.
Alors, peut-ĂŞtre jamais ?

Lien blog : l'électron libre

 


 

Tenir le coup


Extrait du blog de 22, une jeune prof qui sait m'émouvoir.

Le quotidien est banal. J'y suis indécemment bien. Cette élève qui connaît très bien Nelson Mandela "le présentateur sportif à la télé" me réjouit.
Je retrouve des 5èmes d'il y a deux ans en 3èmes. Ils ont la voix grave et les hormones en actions. Je les aime bien.
Les 6èmes sont très chiants avec leurs dix mille questions par minutes. Mais géniaux dans leur enthousiasme pas encore éteint.

On me demande "tu tiens le coup?" et j'aime pas ça parce que je me sens coupable l'espace d'un instant de tenir le coup, effectivement. Comme si je ne devais pas.

J'oublie.
Avant je ne voyais pas si souvent maman de toute façon. Alors j'oublie facilement.

Et puis d'un coup sans prévenir, je revis la semaine noire. Comme si la nouvelle me retombait dessus par surprise.

Lien blog : 22h22 et des poussières

 


 

Laissez-le tranquille Monsieur Sarkozy !


Extrait du blog de Philippe Sage, animateur radio. Etonnante et virulente la petite dame, qui défend bec et ongles son président...!

Ce matin, dans l'émission, nous eûmes, comme de bien entendu, l'auditrice outrée par les propos que nous tenions sur le chef de l'Etat, que y'en avait marre, vous m'entendez, qu'on critique à tout va l'action du Président de la République, qu'on y trouve toujours à redire, que de toutes les façons, on voyait bien de quel côté nous penchions (surtout moi ...), que ça suffit maintenant, que ça devient insupportable, qu'elle trouvait de surcroît, cette auditrice, que nous lui manquions de respect à Monsieur Sarkozy, car oui, moi je dis "Monsieur Sarkozy", vous m'entendez (mais montait-elle sur ses grands chevaux quand sur tous les médias l'on parlait non pas de madame Royal - dont je me fous mais à un point, vous pouvez même pas imaginer ! - mais de Ségolène ?).
Oui, je lui donne du monsieur, même que c'est là qu'il commence le respect, bande de sales gauchistes, cochons de jeunes, alors arrêtez maintenant, laissez-le tranquille Monsieur Sarkozy, fichez-lui la paix, laissez le travailler, parce que lui, AU MOINS, il travaille, c'est pas comme les autres avant, à commencer par Mitt'rrand (oui, là, elle dit plus monsieur, et elle en écorche le nom ..) sous lequel, on a jamais eu autant de scandales, jamais, vous m'entendez, que c'était une honte, et que si nous en sommes là, c'est bien de la faute aux socialistes, ah ça oui, c'est eux qui l'ont ruinée la France, mais faites donc confiance à monsieur Sarkozy, lui, il va le redresser le pays, et c'est pas la rue, vous m'entendez (mais oui, on t'entend, madame ..) c'est pas la rue qui va dicter sa loi, non mais, et pis ce sont toujours les mêmes qui y sont dans la rue, toujours les mêmes qui râlent, qui bloquent le pays, mais ça va pas durer autant que les impôts, c'est moi qui vous le dis, c'est comme tous ces étrangers ..

Oui, forcément, y'a toujours un moment ou Madame Sarkocorico va placer son couplet nauséabond sur les étrangers.
Vous remarquerez qu'elle fait quand mĂŞme super gaffe !
Fine mouche, elle ne commence pas par nous parler d'eux, les étrangers, sachant pertinemment que ça ne passera pas, du moins que ça ne se passera pas comme ça.

Lien blog : Philippe Sage

 


 

Etrange intimité


Extrait du blog de Zelda

Son visage est à moins de dix centimètres du mien. On se regarde du coin de l'oeil, à deux doigts du sommeil. On ne se touche pas.
Sa bouche s'abandonne de plus en plus, il a fermé les yeux. Il me plaît davantage ainsi détendu.
Je ne sais rien de lui, sinon qu'il est brun et qu'il doit avoir mon âge.

C'est une étrange intimité que celle d'une nuit sans hier et qu'on sait sans lendemain. Les corps allongés ne se décrispent pas tout à fait, le sommeil sera léger.
On n'est pas mal pourtant, juste un peu engoncés, un peu prisonniers de nos rôles.
Il ne replacera pas la mèche qui m'est tombée sur le front, nous nous parlerons à peine. Mais toute la nuit nos respirations se rythmeront l'une à l'autre.

Au matin, il aura disparu.

Lien blog : Zelda

 


 

L'amoureux transi et mystérieux : fin mot de l'histoire


Extrait du blog de Paul

Ce soir, j’aurai de l’encre plein les mains, Emma. Je veux que chaque rue, chaque trottoir et chaque morceau de bitume se souviennent de toi. Alors, je vais taguer mon Amour partout dans Paris. Paris doit savoir que je t’aime. Paris peut me comprendre, elle connaît les amoureux mieux que personne.



Qui sont réellement Paul et Emma ?


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