Notre dîner de blogueuses avec Jacques Higelin


Ou comment je me suis invitée à sa table en lui racontant ma vie.


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Auschwitz, une douloureuse évocation, un devoir de mémoire


La première fois que j’ai réellement été confrontée à l’extermination des juifs, le pan de notre Histoire dont j’ai le plus honte aujourd’hui, qui m’abasourdit rien que de l’évoquer, j’avais 12 ou 13 ans. Mon prof d’histoire avait réuni ses deux classes de 5ème et nous a projeté un beau matin ce documentaire cru, froid, sans concessions, boum, prends-toi ça dans la gueule, allez, voyage au plus profond de ce que tu peux être, petit jeune immature qui ne connaît encore rien de l’homme et de la vie : Nuit et Brouillard. Sidérée j’étais, assise au fond de la classe sur une table, blaguant au début avec les copains, je n’ai plus émis un son ni décroché une seconde le regard de ces horreurs qui apparemment avaient été commises de sang-froid, quelques dizaines d’années seulement auparavant, par nous, choisissant nos semblables comme victimes de cette barbarie. Des montagnes de chaussures, de lunettes, de cadavres squelettiques, de regards perdus ont ensuite hanté mes nuits.


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Pulsions ordinaires


Pour tous mes lecteurs qui ne connaissent pas ce blog à l'élégant nom et aux plumes parfois surprenantes et caustiques, Mégaconnard, voici deux billets à lire et à relire, je me suis lâchée, alors surtout, faites-vous plaisir. D'après une lectrice le style est proche de celui de Hubert Selby Jr, connu pour son écriture très rythmée et très rapide, notamment du fait d'une syntaxe très abrupte et d'une ponctuation délibérément lacunaire... (je ne vais pas aussi loin), et sa vie étant aussi tumultueuse que son style (controverses, plusieurs mariage, dépendance à l'héroïne, prison) ça vous donne une petite idée de ce qui m'attend. Je ne risque pas de m'ennuyer, et s'il y a bien quelque chose qui compte c'est ça, vivre fougueusement et passionnément, sans oublier ses valeurs et les autres, en limitant les conneries si possible, évitons d'en crever, pour ne pas nourrir et ressasser des tonnes de regrets en rendant notre dernier souffle.


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J'hésite entre touch rugby et strip burlesque


Le monde des blogueurs est assez énigmatique vu de l'extérieur, et même nous, acteurs de cet immense crachoir virtuel, on se demande souvent qui se cache réellement derrière telle bannière colorée, poétique, drôle, glauque, coquine, ou désespérément neutre.
A force de lire des auteurs dont on apprécie le style, l'humour, les réflexions, on finit par les connaître un peu. D'autant plus qu'on se livre davantage, ou mieux, sur un blog balancé sur la toile comme une bouteille à la mer, que dans la vie entre quatre yeux.

Et parfois, au fil du temps, des interactions, des mails, des débuts de confidences, des coups de coeur, on se rencontre dans la vraie vie. Alors là ça devient plus compliqué...


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Cinéma fumeur, tenues indécentes et animaux acceptés


Je reviens de Paris où j'ai passé Noël en famille. Comme vous pouvez vous y attendre, j'ai rapporté dans mes chaussettes rouges de jolis cadeaux mais aussi plein de chouettes anecdotes joyeuses et colorées, qui sentent bon le sapin, la dinde aux marrons et l'émotion des instants partagés.
Un exemple concret, j'ai retrouvé mon cinéma Place Clichy, ce bon vieux Pathé Wepler, et depuis mon départ, je ne veux pas savoir ce qu'il s'y passe, mais en lisant les nouvelles consignes affichées à l'entrée, je devine qu'il y a eu des séances très très chaudes....


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Tout ce qu’on aime retrouver à Noël…ou pas


Les joies partagées dont on ne se lasse pas :

- Se faire engueuler par son frère parce qu'on lui a offert trois livres censés changer sa vie : Retrouver confiance en soi, Arrêter de fumer sans douleur, et Séduire une femme en 10 leçons. L'entendre marmonner que je suis vraiment une salope, quand il pense qu’il a fait des pieds et des mains pour me dégoter cette petite fontaine lumineuse qui chante Jingle Bells d’une voix stridente et nasillarde, on ne l’y reprendra plus.

- Etre à table, le coeur en fête, bonne ambiance, super bouffe, et BOUM, ton père fait une remarque à ta mère sur un ton pas super sympa, elle part en pleurant, tu lui dis qu’il est con, il part en claquant la porte, et on se finit (les survivants) avec notre assiette de foie gras sur les genoux devant le bêtisier des animaux 2010...


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L'homme infidèle


Un blogueur dont je préserverai l’anonymat par respect pour sa femme, et surtout pour assurer sa survie, m’a assurée (avec une certaine ironie mais..) que 90% des hommes trompaient leur douce moitié. Selon lui, c’est naturel, instinctif, en gros un homme reste un queutard, marié ou pas, qui ne peut s’empêcher de lorgner, draguer, toucher, peloter, coucher par ci par là.
La monogamie ? Mission impossible. L’homme, le vrai, accumule les aventures, et franchement, les femmes mariées devraient en faire autant (petit clin d’œil suggestif, qui, je vous rassure, ne s’est pas terminé dans une chambre d’hôtel).

Evidemment, tromper n’est pas de tout repos. Il s’agit d’être discret. La femme trahie a un sixième sens qui l’avertit assez vite du danger.


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Le métro : promiscuité, volupté, éternité


Un rêve éveillé, le métro. Pas besoin de Meetic, de coke ou de vacances à l’autre bout du monde pour connaître l’extase, des sensations fortes, autant olfactives que charnelles, et pourquoi pas, rencontrer l’amour, l’art et la beauté, vous avez tout ça sous vos pieds.
Pourtant, on entend toujours les mĂŞmes complaintes.

Le métro ça pue, le métro c’est bruyant, le métro c’est dangereux, tu risques ta vie à chaque instant, ça grouille de rats qui nous refilent la leptospirose, des psychopathes te poussent sous la rame tout exprès juste quand elle débarque, le tzigane avec son harmonica te vrille les oreilles, le SDF bourré, un par station, t’insulte en titubant la bouteille à la main de bon matin. Le métro c’est des inconnus qu’on préfèrerait ne pas côtoyer, des gens qui arborent des têtes d’enterrements, le commercial avec sa cravate Mickey qui frise le ridicule, ta voisine de banquette qui lit Closer. Sans oublier le gars en face qui te frôle sensuellement le genou, l’air de rien, cachant comme il le peut une érection naissante, sa veste noire recouverte de pellicules qui donnent la nausée. L’enfer des grèves hebdomadaires est un suicide à petit feu. Pour couronner le tout, les geeks se multiplient, te foudroyant de leurs ondes nocives tout ça pour twitter et facebooker des conneries en continu (« je suis dans le métro et mon voisin a des auréoles » avec photo discrète sur Twitpic, un savoureux gros plan de l’aisselle inondée, pris de travers).

Quoi de plus naturel pourtant que rouler à tombeau ouvert chaque matin, six pieds sous terre, l’idéal pour tester ce piquant sentiment de claustrophobie que nous connaîtrons tous, plongés dans le noir, les uns à côté des autres pour l’éternité. Une adaptation quotidienne à ce qui attend chacun d’entre nous, dans un avenir plus ou moins proche, incluant les odeurs fétides et la promiscuité.

Le métro, c'est aussi un moyen absolument unique pour lire des quotidiens gratos, mater, et surtout, connaître cet instant d’éternité, quand tu es comprimé(e) contre ce bel inconnu, cette femme sensuelle (merci les grèves) pendant de longues et voluptueuses minutes, durant lesquelles il n’y a plus ni sueur, ni bousculade, ni peur d’être en retard, mais seulement vous deux, l’un contre l’autre, le cœur battant la chamade, à espérer qu’une panne d’électricité vous plonge dans le noir et vous bloque entre deux stations.

Qui n'en a pas profité ? (bon moi j'avoue, je tombe toujours contre le commercial en cravate Mickey).

 


 

Ces vieux qui crèvent tout seuls chez eux


Hier, je rentrais chez moi quand j'ai aperçu une vieille femme immobile sur le trottoir. Ses jambes tremblaient, elle semblait ne plus pouvoir avancer. Je la reconnais. Elle habite à une rue de chez nous, les gens la fuient parce qu'elle a une tête de sorcière, mais vraiment, avec le nez de Carabosse, les yeux enfoncés, tout plein de rides et la bouche édentée. Quelques mèches terriblement grasses et ternes, sur son crâne dégarni. Une dégaine de SDF new-yorkais : un imper beige tout élimé, une jupe droite en laine sous le genou, usée, des chaussettes jaunes, des baskets trouées, et surtout ces affreux bandages sales enroulés autour des chevilles.


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Lettre ouverte Ă  Lady Gaga et Guillaume Canet


J’imagine sans peine votre effarement, chers Guillaume et, c’est quoi votre prénom au fait, Gaga, c'est ça ?
Nous coller ensemble dans un titre, alors qu’on n’a aucun point commun, que ce soit physiquement ou intellectuellement, c’est indigne de nous. Oui, mais à part Liliane Bettencourt et Ben Laden, beaucoup moins excitants vous me l’accorderez, on ne parle que de vous dans la presse, et malgré votre sex-appeal foudroyant, trop c’est trop.
Bon OK, Gaga c’est ton métier, faire parler de toi, et c’est plutôt réussi. Mais Guillaume, toi...


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Célèbres et pourtant habités par les mêmes questions que nous


C’est toujours touchant quand des écrivains, acteurs ou réalisateurs de talent se racontent à des journalistes tels qu’ils sont vraiment, sans chercher à ne nous montrer que ce qui brille pour alimenter nos fantasmes.
En dévoilant aussi leurs doutes, leurs failles, leurs questions sur la vie, ce qu’ils aiment mais aussi les agacent dans leur personnalité, ils démontrent à ceux qui en doutent que succès ou pas, on est tous pareils. Parvenir à être riche et adulé tout en étant conscient de ses défauts et ses peurs, en acceptant l’introspection, c’est plutôt honorable et me rend le personnage tout de suite sympathique.
La carapace que l’on se fabrique, la peur de la mort et de la vieillesse reviennent souvent dans les interviews que j’ai pu lire récemment, et elle font écho à mes propres réflexions, parfois, le soir, quand la lumière s’éteint, que le noir m’engloutit, que plus rien ne bouge, que les respirations se font imperceptibles, et qu’une bouffée d’angoisse m’envahit. Heureusement, ça passe vite !

Woody Allen, Guillaume Canet, Raphaël.


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Un fou rire gĂŞnant et incontrĂ´lable


Hier matin, j'ai accompagné Nectarine chez la dentiste. Une gentille dame qui ne suit que les enfants et nous propose de faire un moulage en vue d'un futur appareil dentaire.
Elle a rencontré ma fille pour la première fois en juin, et après avoir fait un état des lieux du carnage (une incisive qui pousse de travers), elle lui a raconté une histoire mignonne mais abracadabrante pour qu'elle arrête de sucer son pouce :
- Ma poulette, si tu suces ton pouce, c'est parce qu'il a froid. Alors tu vas l'habiller tous les soirs d'un pansement pour le garder bien au chaud. Ainsi, le petit coquin n'aura même plus besoin d'aller trouver chaleur et réconfort dans ta bouche. On se voit à la rentrée, et j'espère que tu m'annonceras que tu ne suces plus ton pouce.
En sortant ma fille super convaincue m'explique que ce n'est pas son pouce qui a froid, c'est sa bouche qui a besoin de quelque chose dedans pour l'apaiser.
On a essayé vainement le coup du vernis écœurant ou du pansement, échec total, cette nuit elle avait encore le pouce au fond du gosier.
- J'aime bien le goût du pansement, m'a-t-elle avoué récemment.

Ce matin, aucune de nous deux n'ose parler de notre mission de l'été complètement foirée, mais ce n'est pas le sujet heureusement.


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Martine, la prof pas comme les autres, me répond


J'avais surpris une conversation entre des étudiants concernant Martine, une prof de sciences-physiques qui partie homme en juin était revenue femme à la rentrée. Elle enseigne dans un lycée privée, les parents ont été informés pendant l'été de ce changement de sexe et d'identité, mais évidemment les élèves ont pas mal jasé les premières semaines.
Martine est tombée sur mon billet et m'a alors envoyé un mail non dénué d'humour que voici, avec son autorisation :

Bonjour Aude,


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