Les lecteurs de blogs, qui sont-ils ?


Qui lit nos blogs ? Il ne faut pas se leurrer, on est en France, pas aux Etats-Unis, et si les gens lisent de plus en plus le journal sur le Web, une minorité s’intéresse aux blogs. Oui c’est dur mais c’est ainsi.
Les lecteurs sont donc à majorité des blogueurs, qui connaissent et maîtrisent cet univers, qui ont cette même passion d’écrire, et prennent plaisir à fureter et lire d'autres blogs. Ces gens bizarres qui étalent leurs opinions et vie intime n’ont peur de rien, s’expriment avec franchise et indépendance, et n’hésitent pas à commenter et rebondir sur d’autres sites.
Les amis, la famille, qui me lisent de temps Ă  autre, eux sont beaucoup plus timides...


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Bouffer du regret, trop tard


Si je devais résumer les petits mouchoirs en une phrase, elle serait : les doutes et tourments d'une bande de potes qu'on a pour RIEN AU MONDE envie d'avoir !!! Tous des boulets.

Et bien, après cette promo phénoménale, pour faire plaisir à mon copain Guillaume qui avait été peiné par ma dernière lettre, par affection pour tous ces acteurs sympathiques, j’ai fini par aller voir ce film. Qu’elle est jolie et bonne actrice Marion Cotillard. Qu’il est chargé de questions existentielles et de tristesse ce film !
J’ai rigolé de temps en temps, mais je m’attendais à plus de légèreté. La fin brutale et glauque n’était franchement pas indispensable. Une note plus positive, après toutes ces galères, histoire qu’on ne se tire pas une balle en sortant, ce n’était pas envisageable ?

Néanmoins ça fait un peu réfléchir. J’ai bien sûr pensé que cette bande de potes dépressifs à moitié névrosés voire psychotiques (à la limite de la caricature pour certains) n’est en plus qu’un amas d’égoïsme. Facile à dire. Or c’est celui qui dit qui l’est (dicton bien connu chez les moins de 8 ans). Il faut reconnaître qu’on se regarde tous le nombril, même si ce n’est pas évident de l’admettre. Quand un ami va mal, ou qu’un voisin est en galère, on est compatissant soit, on propose de l’aide OK, mais ce qui compte vraiment dans notre petite tête ce sont nos gros problèmes à nous, notre vie tellement importante : tel ne me regarde pas, tel ne m’aime plus, tel m’a fait un sale coup, quelle chieuse cette collègue, je ne gagne pas assez d’argent, tiens j’ai une migraine et si j’avais une tumeur au cerveau ? Et c’est bien dommage. Le drame qui touche cette bande de potes en est une illustration. On croit donner beaucoup, mais c’est surtout de soi qu’on se préoccupe. Ensuite on bouffe du regret et on culpabilise, mais c’est trop tard. C’était avant qu’il fallait être présent, à l’écoute.

En même temps, vous me direz que c’est dans notre corps qu’on vit, qu’on a déjà du mal à se comprendre soi-même alors les autres, c’est loin, et que chaque coup nous touche directement au cœur, alors que ceux pris par les copains, on les sent moins. Bah oui. Mais bon.

 


 

Le remaniement ministériel par Aude Nectar, Présidente


Tout va changer ? Rien ? Des femmes ? Plus, moins ? Pour couronner le tout, Roselyne Bachelot ministre de la culture, c’est une rumeur qui circule depuis quelques temps. Elle s’accroche et veut rester au gouvernement, et après les polémiques qu’elle a suscitées concernant en particulier le vaccin contre la grippe A, il serait question de l’affecter à ce poste (au lieu de l'éjecter, ce qui semblerait plus logique, la France se distingue là encore). Le remaniement que je vous propose n’est pas plus fou, il serait même bien plus crédible et sérieux.

Attention, je place mes têtes, accrochez-vous, ça va filer droit :


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Hypocondriaque


J’en ai eu des merdes. Des tonnes de maladies. Je me demande comment je peux encore être en vie à l’heure qu’il est. Je suis certainement plus résistante que je ne le pense. Je suis très forte en diagnostics en plus. En farfouillant un peu sur internet, on trouve toutes les réponses, les phobies et crises de paranoïa aigues sont renforcées, et plus on cherche, cherche, plus on panique, panique.
J’ai ainsi survécu à :

- Une sclérose en plaques débutante. Des fourmillements sur les pieds, qui ont duré plusieurs semaines. Très vite, on imagine qu’on voit flou, de temps en temps, tiens et la fatigue c’est sûrement ça, putain, j’ai pas envie de savoir. Tu commences à chialer en te visualisant avec une béquille, puis en fauteuil roulant. Tu arrives chez le médecin avec une boule énorme dans l’estomac. Il a vainement essayé de me faire avaler que c’était une petite sciatique qui se propageait dans le pied. Mais oui. Il me sait fragile, il veut juste m’épargner.


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Quand les gens pleurent, elle danse


Jeanne est légère et passionnée. Quand les gens pleurent, elle danse. Quand ils enragent, elle rit. Quand ils frappent, elle chante.
C’est toute sa vie, danser, rire, chanter. Cette étrange attitude lui vaut bien des sobriquets. Ses collègues la surnomment la cruche, l’autiste ou la débile. Ses frères et ses amis ne l’appellent plus. Ses parents fuient ses baisers mièvres comme la peste.
Un jour, alors qu’elle dansait et chantait en riant, avec toute sa légèreté, elle a sauté d’un pont.


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Au pied l'aigle noir !


Qu'est-ce qu'on fait pas comme conneries quand il pleut. Nectarine avait entendu l'Aigle Noir de Barbara à la radio, et insistait pour qu'on trouve une vidéo sur le Net. Il y en a pas mal, on s'est bouffé de l'Aigle noir aux yeux couleur rubis, des plumes couleur de nuit, semblant crever le ciel, pendant une heure. Puis ma fille ravie, que dis-je, émerveillée, est tombée sur ce montage absolument fabuleux, on a eu une pensée émue pour la chanteuse qui doit se retourner dans sa tombe en hurlant et grattant, c'est kitch à mort, faux couchers de soleil, pégase qui n'a rien à foutre ici, angelots, homme torse nu, gracieuse femme allongée (dénudée, au bord d'un lac, elle attend son rapace qui est en réalité un acteur de film porno), bref, savourez :


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Mon coeur déchiqueté par : Nos Etoiles ont filé, d'Anne-Marie Revol


Qu’est-ce que je me suis fait mal en lisant ce livre. La douleur, la culpabilité, les souvenirs tellement adorables et émouvants, l’absence cruelle, le manque insupportable, la sensation d’injustice, l’envie fugitive de tout arrêter.
J’ai pleuré sous la douche avec le papa, je me suis jetée à terre en hurlant avec ce couple admirable en apprenant l’impensable par téléphone, j’ai flotté et tenté de m’agripper à quelques parcelles d’espoir et d’amitié à leurs côtés.


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Lettre ouverte Ă  Lady Gaga et Guillaume Canet


J’imagine sans peine votre effarement, chers Guillaume et, c’est quoi votre prénom au fait, Gaga, c'est ça ?
Nous coller ensemble dans un titre, alors qu’on n’a aucun point commun, que ce soit physiquement ou intellectuellement, c’est indigne de nous. Oui, mais à part Liliane Bettencourt et Ben Laden, beaucoup moins excitants vous me l’accorderez, on ne parle que de vous dans la presse, et malgré votre sex-appeal foudroyant, trop c’est trop.
Bon OK, Gaga c’est ton métier, faire parler de toi, et c’est plutôt réussi. Mais Guillaume, toi...


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Des poux morts lui tombent sur la joue


Et voilà, après quelques semaines de lutte à coups de spray répulsif sur la tête de ma fille chaque matin, l'invasion de poux est telle cette année à l'école qu'on a retrouvé des lentes hier sur ses cheveux. J'ai été confirmer l'horrible nouvelle avec ma gentille pharmacienne, qui s'est bien lavée les mains après (et a fermé boutique pour désinfection générale, surtout qu'elle a gagné son beurre pour la journée avec tout ce que j'ai investi dans la lutte anti-poux).
Je pense que certains œufs venaient d'éclore car Nectarine se grattait vigoureusement la tête depuis son réveil. Quand elle a appris son état, elle a sauté de joie :
- Ouais ! Ca va remplacer le lapin que vous vous voulez pas m'acheter ! Je les ai enfin mes animaux de compagnie.
Faut être sacrément motivée et en manque d'affection pour s'attacher à des bestioles qui piquent et grattent, j'ai failli lui offrir direct son lapin. Mais non.
Nectarine y a ensuite trouvé un second avantage, le moyen de pression :
- Si tu m'obliges Ă  finir mon assiette, je te refile mes poux !


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Offrir la vie Ă  une inconnue


Un projet de loi propose de lever l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes, ainsi les enfants nés grâce à ces dons pourraient avoir accès à leur dossier à leur majorité.

Je suis pour à 100%. J’irai même plus loin. J’aimerais dans l'idéal donner mes ovocytes et connaître plus tard les enfants issus de ce don s’ils le souhaitent. Ayant connu les affres de l’infertilité, la souffrance que l’attente et les traitements engendrent, le moral en dents de scie et l’espoir qui vacille, je suis emplie de compréhension et de compassion pour tous ces couples encore en galère. La vie m’a comblée puisqu’à force de volonté, j’ai eu trois enfants. Je vivrai sans regrets car je n’en désire pas davantage (et que ma vie est devenue un peu speed depuis les jumeaux, trop vide avant, trop emplie après, on n’est jamais satisfaits) mais j'aimerais que d'autres femmes connaissent la joie de donner la vie, c'est trop cruel de la leur refuser.


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Qu’est-ce qu’on fait alors, on pique les vieux ?


Quel bordel incroyable dans la rue, quelle tempête de contestations, quel entêtement extraordinaire contre la réforme des retraites ! J’en profite pour caser que j’ai plus d’essence.

Hier, alors que j'attendais mon tour chez le kiné, une vieille dame de 85 ans environ est arrivée dans la salle d’attente en pantoufles. Je raconte ça juste parce que c’était marrant, c'est pas pour me foutre des personnes âgées, et totalement hors sujet je vous l’accorde. Elle était voûtée mais à l’aise, et en plus ça choquait personne parce qu’elle avait plus de 75 ans, je l’enviais presque. Et bien, en sortant de son massage rapport aux rhumatismes, arthroses et polyarthrites qui envahissent son petit corps tremblant, elle confie cyniquement au kiné devant sa porte :
- Vous savez, c’est pas drôle, je souffre, ils ont raison tous ces jeunes qui disent que les vieux, faut les piquer.


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Une pluie continue de baisers


J’ai un gros souci docteur, je suis complètement accro aux bisous. Une vraie sangsue avec mes enfants. Ils n'en peuvent plus, et je ne sais comment décrocher de cette drogue dure. C'est plus fort que moi.
Dés que je vois mes jumeaux de deux ans assis dans leur lit à barreaux le matin, à peine réveillés en train de tripoter leur doudou, se demandant où est leur lait chaud, je les prends dans mes bras et piiif, je leur colle un gros bisou prolongé et bien appuyé sur chaque joue. Là ils se disent, ça y est, elle remet ça. Résignés, ils préfèrent en sourire, parfois ils essaient de s’extraire mais c’est inutile, c’est moi la plus forte. En les laissant à la crèche, ils n’y coupent pas, flopée de bisous. Comptez une minute avant que je ne décolle ma bouche de leur joue. Multiplié par 4 joues, ça prend un peu de temps, les autres parents trépignent derrière. Au retour de la crèche, rebelote. Le WE, ils croulent sous les bisous. Les pauvres ne peuvent plus me passer devant sans que je ne m’accroupisse en gémissant : « un bisou ! ». La petite Clémentine vient toujours avec plaisir tendre la joue, elle le dit très bien, d’ailleurs, le mot bisou, elle commence à connaître. Le petit gars essaie de m’éviter, mais je ne me laisse pas abattre, je le poursuis dans toute la pièce, il rigole, je finis par le coincer contre un meuble et là, punition de bisous, ça lui apprendra.


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Conquise par : Même le silence a une fin, d’Ingrid Bétancourt


Je viens de terminer la dernière page de ce livre, et j’avoue que j’ai encore les larmes aux yeux en écrivant ce billet.
Pourtant, c’est avec beaucoup de recul que j’ai attaqué cette lecture. Je l’avais évoqué sur ce blog, suite à sa libération, cette femme que je percevais comme courageuse, intelligente et humaine, devenait la cible de toutes les critiques, certains otages qui avaient partagé son calvaire la décrivaient comme mesquine, égoïste et hautaine. Son mari lui-même, les associations qui l’avaient soutenue s’avouaient déçus par son comportement et son manque de gratitude lors de sa libération. Et en plus, beaucoup pensent qu'« elle l’a bien cherché, on l’avait prévenue du danger, elle s’est jetée dans la gueule du loup alors c’est pas notre problème ».
Il fallait que je lise ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait à dire, elle qui s’était murée dans le silence face à ces accusations, elle qui sortait tout juste d’un enfer qu’on ne peut même pas imaginer.
Son témoignage est magnifique. Loin du simple règlement de compte. Chaque souvenir a été creusé, analysé, retranscrit. J’ai autant été touchée par l’écriture que par la sincérité d’Ingrid, elle réussit à faire passer toutes ses émotions dans un récit absolument unique et captivant.


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