Conquise par : Même le silence a une fin, d’Ingrid Bétancourt
Aude Nectar - vendredi 15 octobre 2010 - Nectar de livres - #687 - rss
Je viens de terminer la dernière page de ce livre, et j’avoue que j’ai encore les larmes aux yeux en écrivant ce billet.
Pourtant, c’est avec beaucoup de recul que j’ai attaqué cette lecture. Je l’avais évoqué sur ce blog, suite à sa libération, cette femme que je percevais comme courageuse, intelligente et humaine, devenait la cible de toutes les critiques, certains otages qui avaient partagé son calvaire la décrivaient comme mesquine, égoïste et hautaine. Son mari lui-même, les associations qui l’avaient soutenue s’avouaient déçus par son comportement et son manque de gratitude lors de sa libération. Et en plus, beaucoup pensent qu'« elle l’a bien cherché, on l’avait prévenue du danger, elle s’est jetée dans la gueule du loup alors c’est pas notre problème ».
Il fallait que je lise ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait à dire, elle qui s’était murée dans le silence face à ces accusations, elle qui sortait tout juste d’un enfer qu’on ne peut même pas imaginer.
Son témoignage est magnifique. Loin du simple règlement de compte. Chaque souvenir a été creusé, analysé, retranscrit. J’ai autant été touchée par l’écriture que par la sincérité d’Ingrid, elle réussit à faire passer toutes ses émotions dans un récit absolument unique et captivant.
Ingrid raconte avec humilité la dégradation des relations humaines, l’ennui, les humiliations au quotidien, les chaînes autour du cou, les comportements mesquins et les délations qui n’ont épargné personne, soulignant qu’elle s’est déçue elle-même à maintes reprises en sombrant sans le vouloir dans l’envie et l’avarice, comme tous ses compagnons, tellement les conditions de vie étaient éprouvantes. Parfois séparés dans des cabanes minuscules, ou entassés dans un espace réduit, les uns contre les autres, ayant pour seuls biens communs quelques radios, oh combien vitales puisqu’ils pouvaient entendre les messages de leurs familles, un dictionnaire, une bible, de rares livres souvent confisqués. Des soupes et de la farine, peu de viande. Et surtout, ces longues, inhumaines et pénibles marches à travers la jungle pour changer de camp (encore plus pour une femme manquant d’entraînement). L’attaque douloureuse des fourmis géantes, moustiques et guêpes noires, la menace des tigres, anacondas et caïmans, la traversée d’immenses bouts de forêts vierges et de rivières, un sac énorme sur le dos, sous la pluie, les bottes remplies d’eau, les vêtements trempés, la faim, les gardes parfois vicieux et violents, des sommeils trop courts et inconfortables, la malaria, et ne pas savoir quand et si tout cela va un jour prendre fin.
Qu’est-ce qui a aidé Ingrid et les autres otages à tenir pendant ces 6 années et demi de captivité ? L’espoir de s’enfuir. Le souvenir de sa famille, ses enfants et sa mère en particulier. Leurs messages à la radio, alors qu’eux-mêmes ignoraient qu’elle pouvait les entendre, heureusement qu’ils ne se sont jamais lassés ! La foi. La méditation, la recherche spirituelle. La réflexion, que suis-je devenue, comment progresser et apprendre quelque chose au moins sur moi-même dans cet enfer ? La remise en question. L’amitié très forte, émouvante, qui s’est développée avec deux otages en particulier, parfois même certains gardes meilleurs que d’autres.
Les évasions d’Ingrid m’ont tenue en haleine comme jamais. J’étais à ses côtés, la machette à la main, tremblant de peur et vibrant d’espoir, essayant d’éviter les guêpes noires qui me dévoraient, sautant dans l’eau saumâtre du fleuve au milieu des piranhas, accrochée à des bidons en plastique, essayant de pêcher avec mon hameçon pour survivre, soutenant mon compagnon d’infortune, et à chaque tentative, alors que je savais qu’il lui restait tant d’années à tirer, j’avais envie d’y croire, ses fuites étaient courageuses, elle risquait gros si elle se faisait prendre. En effet, chaque évasion ratée était sévèrement punie, et elle en subissait les effets pendant plusieurs mois au quotidien. Mais elle n’avait qu’une envie, recommencer. Elle calculait, entassait des provisions, conspirait pour fuir à nouveau.
Elle a été l’objet de critiques, mais prisonniers dans la jungle, les otages développent des psychoses et des TOC, comme Clara, il était difficile pour eux de n'entendre parler que d'Ingrid sur les ondes, ils se sont sentis oubliés, niés, et une rancœur a pu se déverser sur elle. Par ailleurs, les guérilléros lui ont volontairement fourni les journaux annonçant la mort de son père ou les infidélités de son mari, qui déjà lui envoyait peu de messages radio. Les sentiments peuvent difficilement résister à cette épreuve si le doute s’insinue sournoisement.
Pour conclure, après ce bouquin, j’ai envie de lui faire confiance et de prendre sa défense, elle n’a pas été parfaite certes dans toute cette histoire, mais elle a ses raisons, elle a souffert, et a fait de son mieux. Sa force et son courage sont exemplaires. Que de traumatismes, de traces indélébiles elle gardera, et quelle force pour supporter tout cela. Une force qu’elle a puisé dans l’amour des siens, et l’espoir, toujours l’espoir d’une libération, d’une évasion réussie, des retrouvailles. Dans toutes les épreuves, c’est l’espoir et lui seul qui nous maintient en vie.

Une Ingrid jolie et en forme qui se détend après sa libération, ce qui a déclenché des rumeurs hallucinantes, j'ai pu ainsi lire sur le Net que ces années lui ont été bénéfiques, que ça sculpte un corps d'être chez les FARC, qu'on nous a mentis elle n'a pas été enlevée sinon elle serait toute maigrichonne et traumatisée, elle n'a jamais été malade et dormait dans des palaces dans la jungle, et autres accusations infondées, bref, un plaisir d'être libérée et lire tout ça après un pauvre bain de mer !
1. sabine - vendredi 15 octobre 2010 - 09:53
Ton billet aussi m'a tenu en haleine! ;-) Tu décris très bien 'ambivalence des sentiments qu'on peut avoir à l'égard d'I.Bétancourt. Tu m'as donné envie de lire son livre.
2. Eudoxie - vendredi 15 octobre 2010 - 11:16
Le ELLE a publié une excellente interview qui m'a donné envie de le lire. Ce que tu dis de ce livre me conforte dans cette idée.
3. Aude Nectar - vendredi 15 octobre 2010 - 11:47
J'ai été happée par ce bouquin. Et je ne suis pas sponsorisée par Ingrid et sa famille, hein ! Mais c'est vrai, beaucoup d'ambivalence et de questions autour de ce personnage.
Tiens, je vais acheter le Elle.
4. Mymy - vendredi 15 octobre 2010 - 12:34
Eh bien mille fois merci pour ton article. Comme toi, j'étais admirative de cette femme, et déçue après tout ce qu'il s'est passé lors de sa sortie.
Sauf que je n'ai pas eu le courage de lui laisser une chance en lisant son livre. Je vais donc le faire et arrêter de me faire manipuler par les médias qui la critiquent tant.
Merci !
5. MissBrownie - vendredi 15 octobre 2010 - 14:06
On sent que ce livre t'a captivé :)
6. Papillote - vendredi 15 octobre 2010 - 14:15
c'est délirant ces dernières accusations dans les journaux "elle n'a pas été enlevée sinon elle serait toute maigrichonne" n'importe quoi... tu me donnes envie de lire ce livre (je vais voir s'il est à la biblio tout à l'heure, j'achète pas de livres en ce moment, j'ai pas de revenus)
7. e-zabel - vendredi 15 octobre 2010 - 14:16
J'ai du mal avec elle. Je n'arrive pas à la trouver sincère... mais en tout cas, je suis loin de partager les mauvaises langues qui la disait être dans un palace ! faut pas déconner quant même !
8. LMO - vendredi 15 octobre 2010 - 14:35
La méchanceté humaine n'a pas de limite...
J'ai été outrée de lire tous les messages détracteurs à son encontre.
On ne l'a pas vécu, on ne peut pas juger!
Plusieurs années comme ça, évidement, on doit devenir fou, méchant, cruel, l'instinct de survie prend le pas sur l'être humain.
Ce bouquin a l'air très bien. Tu le retranscris avec beaucoup d'émotions!
9. Etincelle - vendredi 15 octobre 2010 - 15:19
J'ai hésité à acheter ce livre, car j'avais peur qu'il soit trop personnel, trop "voyeur" et ton article m'a fait changer d'avis. Je vais courir l'acheter car on sent que sa sincérité t'a touché.
10. Faustine - vendredi 15 octobre 2010 - 16:15
Rien que pour cette phrase "après ce bouquin, j’ai envie de lui faire confiance et de prendre sa défense", je vais te faire confiance moi aussi et acheter ce bouquin.
Merci pour cette constructive critique.
11. Aude Nectar - vendredi 15 octobre 2010 - 16:28
Pas de voyeurisme à outrance dans ce bouquin palpitant, juste une femme qui raconte avec des mots touchants et bien choisis son calvaire comme otage, humainement et personnellement très intéressant, sans compter le côté aventure, évasions et flippe dans la jungle.
Je pense à ceux qui vont le lire et j'espère qu'ils seront captivés comme moi.
Concernant le prix, 25 euros, je comprends que ce n'est pas accessible à tous, la rentrée littéraire coûte cher dés qu'on investit un peu ! Mais il y a de la matière, ce n'est pas un livrounet qu'on lit en une heure.
12. M1 - vendredi 15 octobre 2010 - 17:19
Un livre pour surtout se redonner une virginité ; ) parce que franchement, c'est pas un hasard que tous ses anciens compagnons d'infortune, sans exceptions ou presque, la traitent de salope dans leurs témoignage, même les deux agents de la CIA, qui sont restés médusés par son comportement !
J'y reviendrai ; )
13. Aude Nectar - vendredi 15 octobre 2010 - 17:42
Merde, s'opposer à M1 c'est chaud.
Sérieusement, Pinchao, Luis Eladio Perez, Marc Gonsalves ont eu des relations très amicales avec Ingrid, elle a plus qu'aidé Luis Eladio Perez (Lucho, un frère dans cette aventure) lorsqu'il avait des crises de diabète et coups au moral, il en a fait autant avec elle. Concernant Clara, leur relation était difficile (rancœurs, regrets, promiscuité, partage les premiers mois d'un unique petit matelas) et ambiguë, puisque Clara lui a demandé dans la jungle d'être la marraine de son fils.
La vérité d'Ingrid Betancourt n'est pas la seule certainement, mais son témoignage est vraiment passionnant et touchant. Avec auto-critique, le but n'étant à l'évidence pas de charger uniquement les autres et faire la blanche colombe.
J'attends ta version !
14. M1 - vendredi 15 octobre 2010 - 20:51
2 ou 3 relations amicales et qui ne l'ont pas trop défendu ...
Il y a Clara et beaucoup d'autres, je pense que c'est l'express qui avait listé tous les témoignages, qui concordaient ...
Même Raul Reyes, l'ancien n°2 des FARC, avait écrit dans ses notes le caractère ingérable d'ingrid, qui rendait la vie impossible aux autres otages et qui ne voulait pas partager ni les informations qu'elle pouvait écouter à la radio, ni ses livres...
Et puis regarde un peu comment elle s'est comporté avec son mari a sa libération
Et regarde un peu comment elle a traité les membres de l'association Ingrid Betancourt... elle leur a tout simplement notifié par son avocat qu'ils n'avaient plus le droit d'utiliser son nom pour appeler à la libération d'autres otages !
Et puis son enlèvement, elle l'avait bien provoqué en allant dans une zone infestée par les FARC, elle pensait qu'une entrevue avec Reyes allait la faire monter dans les sondages ...
T'auras bientôt ma version, mais je ne pense pas qu'elle va te plaire, mais tu peux déjà lire ce que j'avais écrit avant et juste après sa libération ; )
15. M1 - vendredi 15 octobre 2010 - 20:52
désolé pour la fautes !
16. Cécile - Une quadra - vendredi 15 octobre 2010 - 22:28
Je ne lirai sans doute pas ce bouquin, même si tu en parles très bien, parce qu'Ingrid j'en ai ras la casquette.
Les saintes et les martyrs ça va bien...
Elle savait où elle allait et les risques que cela comportait, quand à son comportement à la sortie avec l'association, etc non je ne peux pas...
Oui elle a souffert, oui ça a du être très dur, mais elle connaissait les risques et aurai pu éviter cette situation en n'y allant pas, ça n'était pas vital de rencontrer les Farc à moins que son égo et ses envies d'image de sainte Madone qui aurai pu lui faire gagner les élections n'étaient plus forts que la raison, mais dans ce cas on n'entraine personne avec soi, alors que là son équipe a morflé aussi... et ensuite on ne vient pas se plaindre, réclamer de l'argent, interdire ceci ou cela aux gens qui ont aidé à la libération.
Je n'arrives pas à être convaincue de sa sincérité, pour moi c'est une arriviste, irresponsable à l'égo démesurée
17. Aude Nectar - vendredi 15 octobre 2010 - 22:38
Son histoire avec son mari, c'est son choix, on ne sait pas tout, certaines choses l'ont aussi déçue même s'il s'était bien battu et qu'elle ne l'a peut-être su qu'après. Elle avait juste envie de retrouver et profiter de sa mère et ses enfants, elle a ses raisons.
Pour les associations, je suis plus mitigée et il y a apparemment eu un manque de gratitude, mais elle a souffert, aussi paradoxal que cela puisse paraître, que son nom soit aussi cité à la radio aux dépens des autres otages que ça a blessé, d'être autant mise en avant, et on ne sort pas indemne de cette épreuve.
Sans tenir compte de toutes ces critiques, franchement, ce témoignage, le récit de la captivité et des fuites vaut le coup d'être lu, je pense même que je le relirai un jour.
18. Bulles d'infos - samedi 16 octobre 2010 - 10:08
J'étais assez mitigée sur le personnage après avoir lu /entendu tous les témoignages sur elle, après son retour. Et puis le côté Sainte Ingrid était vraiment gonflant. Puis je l'ai entendu dans une ou 2 émissions et il m'a fallu admettre plusieurs choses : même si elle en énerve beaucoup, personne ne peut se figurer ce qu'elle a vécu. 6 ans dans la jungle,il y a de quoi devenir dingue tout simplement. Et je n'aime pas trop l'idée "qu'elle l'ait bien cherché". On a le droit de se tromper sans mériter une telle punition. Certes ce n'est pas une sainte, mais au rayon des personnages ignobles, on a connu pire que cette femme.
19. Angie - samedi 16 octobre 2010 - 13:44
Je partage un peu l'avis de @M1, je ne sais pas, mais Ingrid me donne l'impression d'être une arriviste et une sacrée opportuniste, et sont passage télé où elle demande de l'argent, pour ensuite s'excuser de l'avoir fait, je trouve cela assez choquant.
Je ne mets pas en doute les émotions vives qui peuvent en découler de ce livre, ni ce qu'elle a vécu, mais c'est aussi le but recherché, faire pleurer dans les chaumières et donner pitié.
Peut être que trop de médiatisation a tué la médiatisation.
20. Dom - samedi 16 octobre 2010 - 13:53
Qu'elle ait eu du courage, c'est indéniable,
Qu'elle se soit mise dans cette situation elle-même par son obstination, c'est aussi ce que beaucoup semblent penser.
Pour autant, je ne lirai sans doute pas ce livre, la médiatisation outrancière ainsi que les privilèges accordés à cette femme (avant, et après sa libération) qui n'en vaut pas plus qu'une autre m'avaient à l'époque indignée, aujourd'hui encore j'ai du mal quand je lis qu'elle vit "sous le seuil de pauvreté", de quel seuil parle t'on alors ?
Sachant qu'il existe bien d'autres otages français de par le monde qui ne semblent pas jouir des mêmes attentions, pour quelles raisons, ça je l'ignore.
D'une manière générale j'ai toujours beaucoup de mal avec les icônes.
21. Aude Nectar - samedi 16 octobre 2010 - 14:18
C'est raconté simplement et sans dramatisation excessive, il est vrai qu'il y a eu beaucoup de médiatisation, mais ce n'était pas non plus un otage comme un autre, que ce soit pour la France ou pour la Colombie, les FARC en étaient conscients et misaient beaucoup sur elle pour monnayer reconnaissance et libérations de prisonniers. C'est ce qui énervait d'autres otages.
Pour les privilèges et son attitude envers les associations, je comprends que ça puisse choquer.
Je pense que si vous voulez écrire sur Ingrid, comme M1, en plus de la presse et des témoignages d'otages qui avaient leurs propres névroses dans la jungle, il est utile de lire son récit. Faites comme si vous n'aviez jamais entendu parler d'elle si elle vous agace trop, mais je trouve que c'est un témoignage à lire et qui marque, fait réfléchir aussi.
22. La Guaria - samedi 16 octobre 2010 - 14:20
Oui, Ingrid Bettancourt est touchante, sincère, vraie et intelligente...mais comment expliquer qu'elle n'ait apporté aucune aide à son amie et compagne d'infortune et de lutte politique Clara Rojas lorsqu'est arrivé le moment, pour cette dernière, de mettre au monde son enfant, dans cette jungle, au milieu de ces types peu délicats ?
Pourtant, Ingrid, qui avait eu deux enfants, aurait pu la réconforter, l'accompagner, ll'assister, cela eut été la moindre des choses, non ? Ca, oui, ça me laisse bien pensive....
23. Aude Nectar - samedi 16 octobre 2010 - 14:30
Les deux témoignages divergent, des otages + Ingrid ont rapporté qu'elle a passé beaucoup de temps à lui coudre des vêtements, draps pour le bébé, et elles ont été séparées un temps pendant cette épreuve. Et les conditions sont tout de même exceptionnelles, ce n'est pas une coloc' cool dans la forêt, mais des femmes qui n'avaient pas vu leur famille depuis des années, maltraitées et parfois attachées. Les otages n'avaient parfois pas la force de s'aider eux-mêmes...Le courant est mieux passé en outre avec Lucho qu'avec Clara. De toutes façons, c'est terrible, et avoir un enfant dans ces conditions, inimaginable.
24. M1 - samedi 16 octobre 2010 - 17:47
@ Aude Nectar : pour rebondir le doute d'Angie sur les émotions et la sincérité de ce livre, il faut savoir qu'Ingrid avait mis 2 ans pour écrire ce livre, aidée par des conseillers en comm, le but étant de la rendre la plus sympa possible pour une future carrière diplomatique, elle se voyait déjà ambassadrice de france à Bogota, mais Sarko avait refusé, et Uribe a l'époque ne voulait même pas en entendre parler ...
25. Aude Nectar - samedi 16 octobre 2010 - 18:05
M1 : son livre n'est qu'une version et certaines de ses attitudes sont certainement enjolivées par rapport au point de vue d'autres otages, mais dans l'ensemble il semble sincère, ce n'est que mon impression.
Elle s'est isolée pour l'écrire pendant un an, sans toute une équipe de com autour d'elle il me semble. Certains éléments ne plaident pas en sa faveur et sont difficilement compréhensibles, je ne défends pas l'ensemble, mais chaque otage a eu de bonnes raisons de péter un peu les plombs pendant et après. Elle aurait voulu être ambassadeur pour aider les autres otages, d'après elle. Quand tu la lis et que tu l'écoutes parler, elle est très posée et touchante, maintenant évidemment, je ne peux jurer à 100% de l'intégrité totale ce qu'il y a derrière, mais je pense qu'il y a eu jugement hâtif.
Bises et bon WE !
26. Aude Nectar - samedi 16 octobre 2010 - 18:34
Tiens pour les détracteurs d'Ingrid, matez la superbe bannière de ce site qui lui est dédié, ça vous fera au moins rire : ingrid-betancourt.over-bl...
27. Fauvette - dimanche 17 octobre 2010 - 14:19
Je ne comprends pas qu'Ingrid Betancourt suscite de telles réactions ! Bon sang, on peut parler de son livre, sans avoir besoin d'insulter ou d'adorer !
Aude tu m'as donné envie de le lire, et de penser. Mais pas d'invectiver !
28. Funny Help - dimanche 17 octobre 2010 - 14:50
Je n'arrive toujours pas à comprendre qu'elle ait pu entrainer des personnes dans ce coin de jungle, elle connaissait les risques...
29. Cathy95 - dimanche 17 octobre 2010 - 19:56
Il est de même pour moi, votre billet m'a donné envie de lire ce livre.
30. le Journal de Chrys - dimanche 17 octobre 2010 - 20:25
Je me demande toujours quelle aurait été notre attitude dans ces conditions là !!!!!
31. Aude Nectar - dimanche 17 octobre 2010 - 23:13
Oui, il faut le lire de la manière la plus neutre possible, et c'est un moment fort.
Moi, à sa place, je ne préfère pas imaginer mes tourments et réactions. Fuir, en aurais-je eu le courage ?
Je crois qu'elle a amèrement regretté de s'être mise dans un tel merdier, chacun était libre de refuser, elle-même a été inconsciente et faisait confiance aux FARC qu'elle avait déjà rencontrés.
Bonne lecture, ou pas !
32. M1 - dimanche 17 octobre 2010 - 23:36
@ Aude Nectar : très beau le blog Ingrid Betancourt ; )
Elle aurait voulu être ambassadeur pour aider les autres otages? sans blague? elle n'a même pas voulu participer aux marches pour les otages depuis sa libération : )
33. Aude Nectar - lundi 18 octobre 2010 - 09:09
Il y a ce qu'on projette de faire à la sortie, puis tout qui remonte etc..et les gens pensent différemment ensuite, enfin j'imagine, d'où des errements même pour la demande d'indemnisation.
Le traumatisme, M1, le traumatisme, tu connais ?
Elle n'a plus très envie de bosser en Colombie de toutes façons, comme si elle se sentait menacée là -bas...tiens donc.
Un truc important qu'il faut comprendre : ça a énervé les otages pendant la captivité d'entendre tous les jours le nom d'Ingrid associé à eux, à la radio, toujours son nom, et jamais le leur, ils s'en sont parfois pris à elle à cause de ça, c'est comme si elle seule était encore vivante pour les français et les colombiens, elle l'a tellement bien compris et mal vécu qu'elle ne veut plus être associée aux otages, elle préfère que leurs vrais noms, ce qu'ils sont, soient cités sur les ondes, dans la presse, pas encore elle. J'ai compris ce point en lisant le bouquin, on ne le réalise pas comme ça.
Après, on ne comprendra jamais tout, elle reste humaine.
Allez, tu essaies de le lire, au moins le début, M1 ? Ca te fera mal au cul d'investir aussi je pense (hihi).
34. shalima - lundi 18 octobre 2010 - 13:17
Je n'ai jamais eu d'avis vraiment tranché au sujet d'Ingrid Bétancourt, trop de sources diverses, d'opinions également... De plus, je connais mal les tenants et aboutissants. Mais j'aime bien ton article, Aude, car on sent la personne humaine derrière cette icône (sainte pour les uns, salope pour les autres), avec ses failles et ses erreurs. Lire vos commentaires est assez instructif aussi, on ressent bien la dualité du personnage.
En revanche, une chose me dérange, lorsqu'on parle de l'équipe qui l'a accompagnée. "Comment a-t-elle osé leur faire prendre des risques ?". Euh mais pardon, si elle connaissait les risques, eux aussi, non ? Elle ne les a pas forcés, quand même ? Attention, je ne dis pas que ce qui leur est arrivé est "bien fait", bien au contraire, car pouvaient-ils vraiment imaginer les 6 années qui allaient suivre ? Mais accabler Ingrid Betancourt sur ce point-là précis et la rendre coupable du sort de son équipe, je ne comprends pas.
35. Aude Nectar - lundi 18 octobre 2010 - 15:11
Je te comprends, c'est aussi pour cela que j'ai lu son livre.
Pour les risques encourus, je te rejoins aussi, elle n'a forcé personne...et a d'ailleurs demandé aux FARC qu'ils ne gardent qu'elle. Bon après, les gars ils ont fait comme ils voulaient.
36. M1 - lundi 18 octobre 2010 - 17:21
@ Aude Nectar : disons que le traumatisme et le syndrome du Kapo n'avaient frappé qu'Ingrid alors ; )
De toutes les manières les colombiens ne veulent même plus entendre parler d'Ingrid, donc la question de sa sécurité ne se pose même pas ; )
Pour le livre, j'attend qu'une copine finisse de le lire, je ne mettrai même pas un rouble pour l'acheter ; )
37. Aude Nectar - mardi 19 octobre 2010 - 15:51
Je te l'apporte sous ton parasol, tu m'offres le voyage pour compenser ? ;-)
38. La Guaria - jeudi 21 octobre 2010 - 16:32
Je n'achèterai pas le bouquin d'Ingrid non plus... Au fond cette fille ne s'est jamais remise d'ètre née dans un milieu où tout était facile, elle est une véritable caricature.
Bon, ce qu'il y a de sûr, c'est qu'elle n'a en fait pas grand chose en commun avec les colombiens, sinon elle n'aurait pas réagi comme elle l'a fait à son retour de captivité. Dommage que cette intelligence ne soit au service que d'elle même.
Si vous voulez lire un bon bouquin écrit par un vrai colombien, achetez "Perdre est une question de méthode" de Santiago Gamboa, Editions Métailié (tiens, je me demande si Ingrid l'a lu !!). En plus, en ces temps sinistres, ça vous remontera le moral... Salut à toutes et tous...
39. baobab - lundi 13 décembre 2010 - 04:32
Le livre d'Ingrid est une formidable leçon de vie , de courage et d'endurance .Et surtout une fenêtre ouverte sur la nature humaine , ses grandeurs et ses bassesses .
Arrêtons de nous comporter comme des marionnettes face aux médias . On accuse Ingrid d'être manipulatrice ...mais alors que dire des médias qui en font une sainte pendant 7 ans , pour ensuite la lyncher aux yeux de tous ...Et nous suivons , comme un troupeau de bovins .
Pour lire ce témoignage , il faut oublier tout ce qui a été dit et écrit pour ou contre elle ; Se mettre en mode " reset " et tendre l'oreille pour décrypter l'insupportable souffrance vécue par ces otages , et la façon dont l'horreur du quotidien fait émerger du fond de nous le meilleur rarement , mais surtout le pire . J'ai dit " nous " volontairement , car nous aurions sûrement réagi comme eux , privés de nourriture , privés d'amour , privés de dignité , privés de sommeil et de soins . Qui d'entre nous peut affirmer qu'il n'aurait pas essayé de s'attirer les faveurs des geôliers pour survivre un peu mieux ? Quitte à s'opposer à ses co détenus .
Ce livre est bouleversant , riche en enseignement et surtout honnête . Merci à cette femme de l'avoir écrit avec sincérité . Elle nous a donné les clés pour essayer de comprendre le fond de l'horreur .Et sans jamais , tout au long des pages , faire preuve de la moindre méchanceté vis à vis des autres otages ou de leurs bourreaux .Une leçon d'humanité .
40. Bhoutanais - mercredi 29 décembre 2010 - 21:09
Comme il est curieux qu'Ingrid Bettencourt bénéficie d'une telle auréole en France...loin d'être partagée dans son pays et par ceux qui l'on cotoyée.
41. Brigitte S - mardi 8 février 2011 - 19:27
Le livre d'Ingrid Betancourt est tout simplement bienfaisant, tellement il bouscule l'égo (le notre), et fait grandir notre âme.
Comment peut-on la juger d'arrogante, d'avoir un égo démesuré, et autres qualificatifs des plus humiliants ...,après avoir vécu 6 ans otage dans la jungle, et dans des conditions inimaginables .
Par ailleurs son livre que j'ai lu !, est bien écrit, captivant, et rempli d'humilité.
Quelle leçon elle nous donne, en nous emmenant sur le chemin de la dignité et du courage.
Que ceux qui doutent de son honnêteté, de son intégrité, lisent son livre, ou vivent ce quelle a vécu .
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