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L’une des vertus de la récente crise sanitaire qui a secoué la planète, si l’on voulait en trouver une, c’est d’avoir fait prendre conscience au consommateur qu’il valait mieux consommer local ou Français plutôt que de s’approvisionner en produits importés de l’étranger.

D’après un récent sondage effectué pour Leclerc, pendant la période de confinement en raison de la Covid-19, 45 % des sondés ont préféré les produits fabriqués en France, 37% les produits frais ou issus des circuits courts.

Par ailleurs 93 % des Français seraient favorables à payer un peu plus cher les produits régionaux.

Cette tendance au localisme ou du « patriotisme économique » n’est pas uniquement imputable à la pandémie. Elle s’est installée depuis plusieurs années dans l’esprit des clients des grandes surfaces qui regardent de l’œil droit le prix des produits et du gauche leur provenance. Cette dernière prend de plus en plus d’importance lors de l’achat.

Les acteurs de la grande distribution ont bien intégré qu’il ne s’agit nullement d’un simple effet de mode. Preuve en est le dernier catalogue d’Intermarché (1). Il suffit de le feuilleter pour tomber sur le pâté de campagne Ranou estampillé « préparé dans notre charcuterie à Pontivy (56) » ou la barquette de taboulé « préparé dans notre atelier de Croisilles (61). Il en va ainsi tout du long du catalogue dans lequel on indique pour chaque produit dans quel département il a été préparé ou fabriqué.

Carrefour de son côté mise dans son catalogue sur le label « Origine France Garantie » (2)

De quoi rassurer le consommateur !

D’où provient cette envie de localisme ?

La grande distribution qui pendant longtemps était fustigé, à juste titre, pour la qualité médiocre des produits industriels qu’elle proposait à ses clients a-t-elle changé ? Est-t-elle devenue plus vertueuse ?

Ce sont des questions que l’on peut se poser. En vérité, les patrons d’Auchan, Carrefour ou Intermarché n’ont pas été foudroyé par une divine révélation qui leur fait se tourner de plus en plus vers les producteurs locaux.

C’est plutôt le consommateur qui a changé.

Il y a une vingtaine d’année qui se souciait vraiment de savoir d’où venaient les produits, s’ils étaient bio ou pas ?  A part quelques initiés, la plupart d’entre nous remplissait son caddie sans trop se poser de questions en cherchant les prix les plus bas.

Mais, le changement climatique, les diverses campagnes de sensibilisations sur l’agriculture et l’élevage intensif, l’usage de pesticides, les maladies engendrées par une mauvaises alimentation, l’obésité ont fait prendre conscience au consommateur qu’il fallait un peu changer la façon de s’alimenter.

Au cours des dix dernières années les Biocoop, Bio c’ Bon et autres enseignes spécialisées dans les produits issus de l’agriculture biologique et locaux ont fleuri un peu partout dans l’Hexagone en remportant des parts du marché non négligeables. Grâce à ces dernières le bio s’est petit à petit démocratisé, au fur et à mesure que la demande a augmenté, la production a suivi et les prix sont devenus plus abordables.

La grande distribution a très vite vu monter cette demande pour les produits locaux ou biologiques. Elle s’est organisée en conséquence soit en fabricant ou préparant une partie de ses produits dans ses propres ateliers comme c’est le cas d’Intermarché soit comme Leclerc qui se fourni auprès de producteurs locaux.

Que l’on soit pour ou contre la grande distribution il faut lui reconnaître que son rôle a été déterminant dans le développement et la distribution de produits locaux.

 

1. Voir le catalogue Intermarché

2. Lire l’article : Carrefour lance le mois Origine France Garantie

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