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En l’espace de quelques jours, ce sont deux enseignes importantes dans le domaine du jouet qui se retrouvent en grande difficulté. Mauvaise gestion ou concurrence acharnée, pourquoi La Grande Récré et Toys R Us sont-ils en difficulté ?

Le nombre de magasins de jouets en France va-t-il chuter drastiquement ?

En ce début du mois de mars, tout à tour, La Grande Récré puis Toys R Us se retrouvent dans une situation périlleuse. Un état de fait qui n’est pas nouveau, mais qui montre bien à quel point le secteur du jouet est fragile.
Les grandes surfaces généralistes sont bien évidemment montrées du doigt, mais également les ecommerçants.

Toutefois, pour le responsable de la boutique de jouets prix-cadeau proposant uniquement de la vente en ligne, pas question d’imputer la mauvaise santé de La Grande Récré et de Toys R Us à la seule concurrence du web.

La Grande Récré en redressement judiciaire

Fondée en 1977, le groupe La Grande Récré a été mis en redressement judiciaire le 14 mars 2018 par le tribunal le tribunal de commerce de Paris, avec une période d’observation de six mois. Une décision qui fait suite à la dégradation de la situation financière de l’enseigne, une situation qui a considérablement empirée en fin d’année dernière.

En effet, l’activité des points de vente spécialisés est très saisonnière et dépend pour beaucoup du nombre de licences apparues durant l’année. Or, 2017 n’a pas été un bon cru en terme de nouvelles licences. Résultat, une baisse de marché du jouet de -0,8% en France qui s’ajoute au recul des ventes de La Grande Récré.
C’est en trop pour l’enseigne qui est désormais au pied du mur.

Toys R Us va fermer 800 points de vente

En ce qui concerne le géant Toys R Us, la situation est un peu différente. Le groupe a annoncé le 15 mars 2018 la fermeture prochaine de tous ses magasins situés aux Etats-Unis et en Angleterre, dont 735 points de vente sur le seul sol américain d’après LeProgres.fr. D’autres fermetures en France et à travers le monde ne sont pas à exclure.

Toys R Us, longtemps leader mondial, a commencé a perdre pied dans les années 2000 en sous-estimant le marché internet. En 2005, il est racheté par des fonds de capital risques qui lui font supporter les intérêts colossaux de son rachat, impactant considérablement sa trésorerie. Pour y remédier, Toys R Us a choisi de serrer les cordons de la bourse au détriment du développement de son site en ligne et de ses boutiques. Une stratégie qui n’a visiblement pas été la bonne.

Web, GSM, à qui la faute ?

S’il ne faut certes pas négliger la concurrence très rude des grandes surfaces alimentaires à la période de Noël, Toys R Us a clairement sous-estimé l’importance grandissante d’internet, comme ce fut le cas de bon nombre d’enseignes historiques dans d’autres secteurs. A cela s’est ajoutée une trésorerie fortement impactée depuis 2005 et l’effritement de la rentabilité de ses points de ventes.

Pour La Grande Récré, en plus d’un effritement similaire, le spécialiste s’est surtout heurté à une concurrence rude de la part des grandes surfaces généralistes pour lesquelles le jouet n’est qu’un produit d’appel. Pour attirer les clients, elles n’hésitent pas à marger très faiblement, voire à ne rien gagner sur les produits les plus demandés. On voit d’ailleurs mal comment cet état de fait pourrait évoluer.

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