Aurons-nous disparu dans moins de 100 ans ?
Aude Nectar - lundi 24 janvier 2011 - Infos qui me font réagir
Pour bien commencer la semaine, quoi de mieux qu’un billet léger, léger, léger comme une plume opalescente qui survole les plaines arides et les océans céruléens, frôlant les cimes de montagnes enneigées et d'arbres centenaires, pour finir cruellement sa course dans un furieux volcan secoué de lave incandescente et de flammes.
Des scientifiques, et certains d’entre nous, pensent que la planète se réchauffe, se rebelle et se meurt, que nous ne sommes (accrochez-vous bien) que de gros pollueurs égoïstes avec une pauvre vision à court terme principalement axée sur notre intérêt personnel et l’argent, et que tout en bousillant ce qu’on a de plus beau sur cette planète on court à notre perte. C’est pas nouveau, je vous l’accorde. On est même bien bassinés par des documentaires, films et articles sur le sujet, pour nous aider à éveiller notre conscience, changer les choses, sauf qu’on peut toujours crever, justement, les principaux intéressés n'étant pas encore prêts à faire passer l’avenir de l’humanité avant leurs chiffre d’affaires, cours boursier et PIB.
Mais je ne savais pas que certains scientifiques sérieux, tels Frank Fenner
, envisageaient notre disparition avant 100 ans.
Nous serions depuis deux siècles entrés dans un nouveau cycle géologique qui pourrait nous être fatal, à partir du moment en fait où l’homme a commencé à modifier l’écosystème de la Terre par ses activités industrielles et tous les carnages et pollutions qui en découlent.
Deux principaux facteurs pourraient ĂŞtre selon ce grand sage bientĂ´t Ă la source de notre extinction :
- la population mondiale qui connait une explosion démographique inquiétante (alors que paradoxalement on se félicitait la semaine dernière de notre bon taux de fécondité, source de richesses en France)
- la consommation de masse et sans limites, au-delà de l’utile et du nécessaire, je parlais justement des téléviseurs 3D il y a peu, actuellement vantés par des fabricants tout en sachant que sera proposée une meilleure technologie dans deux ans, gardée sous silence.
La Terre existe depuis 4,6 milliards d’années, nos plus anciens ancêtres sont apparus il y a 4 millions d’années, l’homme tel qu’on le connaît aujourd’hui a 200 000 ans, mais il nous aura fallu seulement 200 ans pour parvenir à bousiller la planète au point d’envisager une fin extrêmement proche et rapide de l’humanité. On est des fous quand même.
Le pire, et le plus risible, c'est qu'on le sait tout ça. Tous les grands industriels et dirigeants sont en possession des chiffres alarmants, des prévisions pessimistes. Mais personne ne se bouge réellement. En gros, on a déjà validé l’option mort précoce en masse plutôt que l’option terrible perdre de l’argent, moins procréer et moins consommer, inenvisageables par la majorité des habitants de notre belle mais condamnée planète, par nos soins.
Je peux parler hein, avec mes trois enfants et mon iPhone tout neuf. Je contribue à la fin du monde, comme nous tous à nos petites échelles, mais on s’en tape, on ne réalise pas l’urgence. On pense comprendre, mais au fond ça nous dépasse, et puis, comment y croire ? Plus que 100 ans, à tout casser, puis plus rien ? Plus rien alors qu'on est TOUT, le centre de l'univers et tout ça ? Impossible. Rions de ces noirs scénarios plutôt qu'y attacher une quelconque importance.
Alors je ne dirais pas « attention, arrêtons les conneries » en brandissant mon billet lourd de menaces et casse moral, puisque je n’y crois même plus moi-même. On sait qu’on déconne et rien n’avance. Et puis, on a été tellement loin et vite en balançant du C02 en masse dans l’atmosphère, qu’on ne peut plus reculer aujourd'hui.
Selon Claude Lorios, galaciologue et auteur d’un livre sur le sujet : : Il est vrai que si l’humanité décidait d’arrêter totalement, dès aujourd’hui, ses émissions, la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne se réduirait qu’à un rythme très lent. Il faudra des siècles pour enrayer le réchauffement climatique. Mais la situation sera pire si l’on ne fait rien. A titre personnel, je suis toutefois pessimiste sur l’évolution de la planète dans les années à venir : je ne pense pas que l’homme soit capable d’arrêter le développement et de faire passer l’intérêt de la planète avant le sien et celui des Etats. Nous nous dirigeons donc certainement vers le pire scénario du Giec [qui prévoit une augmentation de 6°C d’ici la fin du siècle]. Malgré tout, les jeunes sont plus sensibles au respect de l’environnement. J’aime donc penser que nous sommes à l’aube d’un crépuscule, annonçant soit un coucher soit un lever de soleil.
Voilà , histoire de finir sur une note positive et pleine d'espoir, parce que finalement, c’est ce que vous attendez, les ongles tout rongés et suant devant votre ordi ? (ou rigolant tout seul en vous disant « mais c’est quoi encore ces conneries », on a le droit d’être naïfs aussi). A part ça, je suis super positive comme meuf hein, faut pas croire. On peut être lucide et positive, si si.
Oui, le mieux reste tout de même de ne pas baisser les bras, de continuer à communiquer et poursuivre nos efforts quotidiens pour ne pas précipiter les choses, voire, on ne sait jamais, inverser la tendance, même si tout le monde n'y croit plus. C'est avec une réelle intelligence et prise de conscience collective qu'on y arrivera, à tous niveaux...
Parce que malgré tout, on en a vécu des trucs sympas quand même tous ensemble, on a pas que merdé (ça c'est pour expliquer la photo trop gondolante et sympa de Woodstock avec le gars à poil).
Mais surtout, alors que les candidats pour l'élection présidentielle de 2012 se dévoilent progressivement, je me demande sérieusement si au lieu d'une sempiternelle et sanguinaire lutte gauche-droite, il ne serait pas plus censé de voter pour les partis écologiques motivés réellement pour placer en tête de leurs actions la protection de l'environnement, même si je sais qu'il y a beaucoup à faire aussi en terme d'égalité, de solidarité et de justice sociale (ce qui n'est pas incompatible) ?