Ce 1er avril qui m'a laissé un goût amer


J'ai du mal à écrire ce billet.
Je suis pudique, alors il me semble indécent.

Mais comme ce blog (on m'avait posé la question), je l'écris aussi pour moi, je me lance.
Tant pis si vous aviez envie de rigoler.

Et oui, aujourd'hui, pour beaucoup, c'est le jour de l'humour, la blague lourde, le gag du poisson dans le dos.
Moi aussi ça me faisait rire il y a quelques années le 1er avril, j'ai gardé un esprit d'enfant pour ces trucs là.

Jusqu'au 1er avril 2005.
Ce jour là, j'étais enceinte de plus de deux mois.
J'avais fait une écho de contrôle à 6 semaines et on avait vu avec émotion le petit cœur battre.
Ca y est, il était bien là ce bébé, en train de se former et grandir.
Pour Nectarine ça avait pris plus de temps. J'étais donc contente que ça aie marché plus facilement cette fois-ci.
Le lendemain, on devait aller à Paris passer un WE en famille.
J'étais un peu inquiète, j'avais des petites douleurs au ventre.
Moins de nausées aussi.
Avant de me lancer dans un long trajet en voiture, je voulais vérifier que tout allait bien.
C'était juste pour me rassurer, parce que autant les galères d'attente pour avoir un bébé, je connaissais, autant les fausses couches, j'en étais persuadée, c'était plus rare et n'arrivait qu'aux autres.
A des femmes qui avaient encore moins de bol que moi question fertilité.
MisterNec m'a accompagnée.
Dans la salle d'attente, des gens attendaient qu'une femme accouche. Le mari est venu leur annoncer la bonne nouvelle au bout d'un quart d'heure.
Tout le monde s'est réjoui.

Moi j'étais un peu stressée.
Je repensais à ces nausées qui avaient diminué, alors que pour Nectarine elles avaient été fortes plus longtemps.
Mais bon, chaque grossesse est différente.
Et ces maux dans le bas ventre ?
Le bébé qui s'installe, tout simplement, classique. Les ligaments, tout ça.

Un interne accompagné d'une aide soignante nous accueille et nous fait entrer dans un bureau.
Je lui explique que je viens juste pour être rassurée, j'ai quelques douleurs inhabituelles.
Je m'allonge sur la table d'examen, et le doc commence son écho.

Le soleil est éblouissant.
La salle est complètement baignée de lumière, j'entraperçois un morceau de ciel tout bleu par la fenêtre.
Les oiseaux chantaient dans la rue quand on est arrivés.
Rien de grave ne peut arriver par un temps pareil.
Je regarde le médecin qui observe son écran.
La sage-femme se penche aussi l'air soucieux.
Il marmonne un truc en donnant un petit coup dessus.
Ouf, pas de panique. Son matériel ne fonctionne pas. Je respire.
Il arrête l'écho.
Je me dis qu'il va aller en chercher un autre qui marche.

L'air gêné, il m'annonce : "le cœur ne bat plus. Depuis une semaine environ je pense".
Je ne réalise pas ces mots. Je ne veux pas les entendre. Qu'est-ce qu'il me raconte ?
Il s'est trompé, c'est impossible.
Pourquoi mon bébé ne vivrait plus ?
Je l'avais vu son petit cœur, trois semaines auparavant. On avait même été fêter ça au Macdo ensuite avec MisterNec, tout joyeux et légers.
Je suis assommée. Comme dans un rêve.
Je me relève, me rhabille, m'assois à côté de Mister nec.
Beaucoup de femmes et d'amies autour de moi dans ce genre de circonstances se sont plaintes du manque d'humanité du médecin.
Dans mon malheur, j'ai eu de la chance, ce jeune interne était adorable.
Il avait l'air peiné pour nous, vraiment.
Il a tenté de me rassurer, m'a parlé statistiques, pas de chance, garder confiance pour les autres grossesses.
Je ne peux pas retenir mes larmes.
Puis il m'a expliqué en quoi consistait un curetage.
Il m'a déconseillé d'attendre. Il m'a dit que si j'étais sa femme, il me dirait la même chose, de ne pas laisser faire la nature.
C'est traumatisant de voir le foetus s'évacuer dans les toilettes, quand enfin les règles arrivent.

Je l'écoutais en pleurant, sans pouvoir m'arrêter. J'étais sous le choc. Incapable de prononcer le moindre mot.
Je sens encore cet afflux de larmes sur mes joues.
C'est pas vrai, c'est pas possible, non, non, non, me répétais-je dans ma tête.

J'ai préféré subir un curetage dans la foulée.
Les aides-soignants qui m'accompagnaient plaisantaient. On est de bonne humeur en général le 1er avril.
Puis ils m'ont demandé si j'étais là pour un avortement. Quel tact !
Non, une fausse couche, je réponds, les larmes aux yeux.
Ils arrêtent de rigoler, l'air gêné. La routine aidant, ils ne réalisent même plus que pour les patientes des drames se jouent parfois.

En salle d'opération, j'ai fait une demande incongrue au gynéco.
Je l'ai supplié de vérifier une dernière fois que vraiment le petit cœur ne battait plus.
Peut-être était-ce une erreur. Et si on m'enlevait ce petit être alors qu'il était encore vivant ?
Il a finalement compris, et a pris 5 minutes pour faire venir un appareil.
Il a regardé, puis m'a confirmé que c'était bien fini.
Il le savait déjà.
Il l'a tourné vers moi et m'a montré la petite chose sans vie.
Finalement, j'aurais préféré ne rien voir.

J'ai reposé la tête, pris une grande inspiration et j'ai dit que j'étais prête.
L'anesthésiste m'a prévenu que le produit allait brûler dans le bras.
Je l'ai senti passer en effet puis me suis endormie.
Quand je me suis réveillée, j'étais seule dans la salle.
C'était fini.
Une couverture me recouvrait jusqu'à la poitrine.
Une chanson à fond, rien que pour moi, laissée par les infirmières : Les Mots Bleus de Christophe.
Je l'aime bien cette chanson.
Elle reste à jamais marquée par cet évènement maintenant.
Les mots bleus, c'est mon bébé en devenir qui s'en est allé.
Ma chanson d'adieu.
Mais je ne l'oublie pas.

Parfois, je me demande si c'était une fille ou un garçon, à qui il aurait ressemblé, quelle complicité il aurait avec Nectarine.

J'en ai peu parlé depuis. La famille et les amis évitaient d'aborder ce sujet gênant.
MisterNec ne savait pas comment réagir et préférait aussi laisser ça derrière lui.
Je me suis enterrée quelques temps dans mes livres, j'ai loupé la fac un mois (j'avais repris des études à cette période).
Puis j'ai remonté la pente.

Heureusement que j'ai gardé espoir et jamais baissé les bras, sinon les jumeaux ne seraient pas là aujourd'hui.
Ils ont 5 ans d'écart avec l'aînée, on aurait préféré moins, mais on ne contrôle pas tout dans la vie.
Voilà un billet triste mais qui fait du bien, même aussi longtemps après.

Je ne vous cache pas que j'ai le coeur serré, mais je vais quand même aider ma fille à découper des poissons.
Et rire avec elle quand elle m'en collera un dans le dos.

Sachant qu'avec la facétieuse Nectarine, tout le monde y a droit..



Et merci la vie, pour mes trois enfants.

 
 
Commentaires

1.   Aude (l'autre)  -  mercredi 1 avril 2009 - 10:03


Quelle pénible épreuve,
c'est sûr qu'on préfère quand tu nous fais rire, mais cet épisode fait partie de ta vie et de celle de ta famille,
ce petit bout a traversé ton existence et c'est important de se rappeler de lui/elle...
c'est aussi important pour nous de réaliser la chance que nous avons quand tout se passe bien...
Bon courage pour cette journée "si spéciale"....

   
 

2.   Miss Brownie  -  mercredi 1 avril 2009 - 10:22


Parfois ça fait du bien d'écrire ses épreuves comme ça.
Après on se sent un peu moins lourde même si cela fait remonter pas mal de souffrances sur le coup .

J'aime pas le 1er avril ...

   
 

3.   Boulevard Sévigné  -  mercredi 1 avril 2009 - 10:31


Je suis en train de pleurer, je reviendrais plus tard .... si j'ai une bonne blague à raconter.

   
 

4.   chocoladdict  -  mercredi 1 avril 2009 - 10:33


ça me rappelle de biens mauvais souvenirs car je suis passée par là moi aussi même si je n'ai pas subi de curetage...il faudra que j'ai le courage de le raconter un jour car rien que d'y penser j'ai encore les larmes aux yeux....

   
 

5.   M.  -  mercredi 1 avril 2009 - 10:34


J'ai plusieurs amies qui ont vécu ça, parfois même à répétition, et je sais que ça peut être très dur.
Le principal c'est de ne as "baisser les bras" comme tu dis.

Bravo d'avoir pu en parler comme ça.

M.

   
 

6.   François  -  mercredi 1 avril 2009 - 11:00


Merci pour ce beau texte, très élégant malgré la tristesse du propos.

Trop facile de coller un poisson dans le dos des petits jumeaux !

   
 

7.   angelita  -  mercredi 1 avril 2009 - 11:20


Cela a peut-être été dur à écrire, mais tu as su trouver les mots avec pudeur.
Amuse toi bien quand même avec tes enfants.

   
 

8.   bouboub  -  mercredi 1 avril 2009 - 11:52


...
tu as gagné, finalement !

   
 

9.   frieda l'écuyère  -  mercredi 1 avril 2009 - 11:57


Tellement touchant, ce billet...

   
 

10.   ZesteDeCitron  -  mercredi 1 avril 2009 - 12:11


Ton récit est touchant ... et même si je n'ai pas vécu cela je peux comprendre ... je n'aurais jamais dû être fille unique ...

   
 

11.   teawithmilk  -  mercredi 1 avril 2009 - 15:27


Les larmes me montent aux yeux à la lecture de ce billet. J'ai eu la chance de ne pas connaitre cela personnellement. Bon courage pour cette journée spéciale

   
 

12.   UneChambreàMoi  -  mercredi 1 avril 2009 - 21:21


Tu as raison d'exprimer ça sur ton blog. Faire rire, c'est génial, et talentueux de ta part, mais le fait que tu passes par des moments "nature", où tu aies envie de parler de ce qui te touche vraiment, donne encore plus de personnalité à ton blog.
Rire est bien souvent un moyen, très pudique, de prendre du recul, et de passer outre. On peut choisir de se plaindre, ou de rire. Je dis tout ça parce que moi aussi, je suis assez décalée et 2ème degré, sur mon blog. Et quand j'écris en déconnant, c'est parce qu'au fond, la vie est parfois un peu difficile, et pour tout le monde.
L'humour est bien la politesse du désespoir, non?
Je suis heureuse que tu aies pu donner naissance à 3 beaux enfants finalement, et que cette douloureuse expérience soit derrière toi.
J'ai eu, au début de ma grossesse, une chance sur deux que le foetus tienne.... finalement, au bout de 10 jours alitée, le sourire des médecins à l'échographie m'a permis de me projeter dans les 8 mois de grossesse qui me restaient! En dix jours, j'avais eu le temps d'angoisser...

   
 

13.   funnounou  -  mercredi 1 avril 2009 - 21:27


Ton billet me parle, m'émeut ......
Il t'en a fallu du courage pour nous dévoiler ainsi cette partie intime de ta vie.
Le plus dur est de continuer à avancer, tu as réussie !
Le plus beau dans ton histoire est que ton homme ai été là, et soit toujours avec toi...
Ton histoire me rappelle un peu la mienne, les mots me manquent....
A++

   
 

14.   Oum  -  mercredi 1 avril 2009 - 22:02


Ca me touche beaucoup ce que tu dis, tu décris. J'en ai eu les larmes aux yeux. C'est très courageux de ta part d'avoir réussi à remonter la pente, toute seule et d'avoir remis les jumeaux en route...
Ton histoire me parle car il a failli m'arriver la même histoire, sauf que c'était une fausse alarme et que ma petite est bien là aujourd'hui.

   
 

15.   Mister B.  -  mercredi 1 avril 2009 - 22:49


Ah ben voilà, c'est malin ! On se connait à peine, et tu me fais pleurer.

Allez, je t'en veux pas ;-)
J'aime pas non plus les 1er avril, ça m'agace, mais j'ai aucune raison pour ça.

Mais dites-moi un peu, tous ici... D'où ça vient cette histoire de poisson dans le dos les 1er avril ? hein ? d'où ?


   
 

16.   Aude Nectar  -  mercredi 1 avril 2009 - 23:04


Votre émotion à la lecture de cette épreuve et vos mots me touchent, merci.
Je vois que je ne suis pas la seule à être passée par des moments difficiles, je m'en doutais mais c'est autre chose de le lire, et je vous remercie d'avoir su ou pu en parler ici.
Être enfant unique ou n'avoir qu'un, ou pire pas d'enfant, après ce genre de traversée du tunnel doit laisser beaucoup de regrets, et je m'estime heureuse d'avoir finalement réussi à compléter ma famille comme nous le désirions.

   
 

17.   Aude Nectar  -  mercredi 1 avril 2009 - 23:06


Mais c'est vrai ça, d'où vient cette coutume idiote du poisson dans le dos ?

Voici ce que j'ai trouvé, si vous avez d'autres éléments, n'hésitez pas, car ça reste flou :

Voici l'histoire la plus répandue concernant l'origine des farces du 1er avril. Autrefois, la nouvelle année ne commençait pas comme maintenant le 1er janvier, mais le 1er avril. Cette date coïncidait avec l'arrivée du printemps et la fin du carême. Or, au XVIème siècle, le roi Charles IX modifia cet ordre des choses et décida que désormais l'année commencerait le 1er janvier. Beaucoup de gens, ne s'habituant pas à ce changement, continuèrent de se congratuler et de s'offrir des étrennes le jour du 1er avril. Pour ne pas s'offrir deux fois dans l'année de riches cadeaux, le cadeau du 1er avril devint un cadeau sans valeur financière, qui pouvait prêter à rire. Le jour du 1er avril serait ainsi devenu un jour où la dérision était autorisée. Le rapprochement avec le carnaval a été mis en évidence : en effet les deux fêtes permettent un renversement des valeurs établies. Le jour du carnaval on peut se déguiser en femme quand on est un homme, ou en riche quand on est pauvre. Le jour du 1er avril on peut répandre une rumeur, se faire passer pour ce qu'on est pas, s'amuser en toute impunité et même se moquer des autres ! Un autre point commun du carnaval et du 1er avril, c'est le fait d'encadrer la période du carême : le carnaval marque le début du carême, le 1er avril marque sa fin....

Des farces, oui, mais pourquoi avec des poissons ?

On peut se demander pourquoi les farces du 1er avril mettent souvent en scène le poisson. L'explication la plus répandue est que le 1er avril se situe à la fin du carême, période durant laquelle les Chrétiens ne devaient pas consommer de viande. On imagine aisément qu'à la fin du carême il était devenu lassant de manger du poisson, et y faire allusion relevait de la dérision.
Une autre explication pourrait être qu'au début avril commence la période de frai, période de reproduction des poissons pendant laquelle il était interdit de pêcher afin de laisser les populations de poissons se renouveler. Mettre un faux poisson dans le dos d'une personne pouvait être une allusion à cette interdiction.
Ainsi naquit le poisson, le poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement.

   
 

18.   Carole  -  jeudi 2 avril 2009 - 10:44


Ton récit est bouleversant...J'imagine combien les larmes ont coulé quand tu l'as écrit...
tout ça reste ancré j'imagine même avec le bonheur procuré par les autres enfants... Un mauvais jour à passer...
Pour te faire sourire, enfin j'espère, mon homme est né le 1er avril et quand on annoncé à son père qui était au boulot qu'il était "papa" il a évidemment cru à poisson d'avril!

   
 

19.   pervenche  -  jeudi 2 avril 2009 - 13:10


Tiens, on dirait moi il y a 2 mois ! (sauf que j'ai eu grandement envie d'en parler).
Du coup, je ne rêve plus que d'attendre des jumeaux (et une grossesse de moins, une !)
Merci pour votre blog
Pervenche

   
 

20.   c.  -  jeudi 2 avril 2009 - 16:17


En lisant tes lignes, l'angoisse remonte, les souvenirs et des larmes aussi... Je connais tout ça pour l'avoir vécu 4 fois à 3 mois passés (dont une paire de vrais jumeaux morts l'un après l'autre à 15 jours d'intervalle) ... curetages aussi et à chaque fois un véritable traumatisme dont je ne peux parler qu'avec celles qui connaissent. Le coup de l'IVG, on me l'a fait aussi ...
En te relisant, tout revient ... Voilà juste envie de partager ... ça fait du bien !
Donc, ces petits on ne les oublie pas dans nos coeurs de maman, mais la vie est plus forte ! Car malgré tout ça, nous avons eu de beaux enfants (que des filles !! les garçons ils ne tenaient pas le coup avec moi !). Et je râle maintenant d'être débordée ... dans tous les sens : trop de boulot, trop de bonheur !!
Bonne route avec votre tribu joyeuse et turbulente !!

   
 

21.   frannso  -  jeudi 2 avril 2009 - 19:39


Je ne suis pas une chialouse mais là ...
Enfin si tu posais ta main sur ton écran, saches que que je la serrerai de toutes mes forces .

   
 

22.   MISTERSUPEROLIVE  -  jeudi 2 avril 2009 - 20:26


Un petit coucou en passant pour ce billet émouvant qui me rappelle à moi aussi des moments difficiles... A bientôt

   
 

23.   Aude Nectar  -  jeudi 2 avril 2009 - 21:24


Heureusement la vie peut faire aussi de beaux cadeaux, il n'y a pas que des épreuves et des galères.

Pour celles qui attendent un enfant, ou ont perdu un, des bébés en devenir, ne vous découragez pas (pas facile avec toutes ces naissances toujours autour de nous, ça a l'air si facile pour les autres !), ce n'est pas évident de ne pas focaliser mais faites autre chose, des voyages, du sport, voir des amis, des petits cinés, et dites-vous que ça arrivera un jour.
Nous on était partis pour adopter après Nectarine, on pensait ne plus y arriver, et j'ai voulu quand même y croire, retenter, mais en gardant le moral, en me changeant les idées, et j'ai eu deux beaux bébés.
Courage.
Et encore merci pour vos petits messages, du virtuel naissent de vraies émotions et sentiments, de l'amitié, c'est étonnant parfois !

   
 

24.   lapinmalin  -  jeudi 2 avril 2009 - 22:09


Moi j'arrive même pas à en parler…mais j'en rêve encore.

   
 

25.   Xiou  -  jeudi 2 avril 2009 - 22:56


Bonsoir,
Je te lis depuis qq semaines et là ton post m'a vraiment ému. C'est formidable que tu ais pu écrire cela et aider d'autres personnes à vivre ce cap difficile et compliqué...
Quelle belle famille tu as !

   
 

26.   ratounette  -  jeudi 2 avril 2009 - 23:28


Ton histoire ressemble à la mienne.
A la difference près que mon mari m'a tourné le dos.
Je suis partie 1 mois chez mes parents à l'époque pour remonter la pente, quand je suis rentrée tout avait changé, on a essayé mais on a fini par divorcer.

Quand ce drame m'est arrivé, mes collegues et les gens autour me disaient "c'est pas grave, ça arrive souvent, tu n'es pas la seule.." je n'ai eu personne pour m'aider, ce fut dur, très dur.. d'autant plus que je n'ai pas eu de curetage je l'ai evacué sous la douche...

Maintenant tout va bien, j'ai refait ma vie et j'ai un fils de 5 ans et demi, mais je n'oublie pas...

   
 

27.   Maya  -  vendredi 3 avril 2009 - 15:00


Merci pour ce témoignage extrêmement touchant, c'est très courageux de ta part. La fausse-couche est un réel traumatisme trop souvent banalisé

   
 

28.   Aude Nectar  -  vendredi 3 avril 2009 - 17:28


Lapin, tu devrais en parler, même si ça fait longtemps, garder tout ça pour soi et le fait d'en rêver montre que c'est encore vivace, et que le deuil n'est pas réellement fait, non ?
Ratounette, triste histoire aussi, perdre son bébé trop tôt et en plus réaliser que son mari n'est pas là pour soi et indifférent à cette perte, ça fait un double choc à gérer. Ce triste évènement a eu au moins le mérite de te permettre d'ouvrir les yeux sur lui, comprendre que ce n'était pas le bon, et trouver quelqu'un de bien.

Je pensais que c'était du passé, mais le fait d'y penser quand le 1er avril approche, de pleurer en évoquant ce jour, l'annonce de l'interne et tout le reste, et en l'écrivant ici, montre qu'on a du mal à oublier.
Ca reste un traumatisme, que la naissance d'autres enfants estompe petit à petit.

Vous êtes chouettes en tout cas, je ne regrette pas d'avoir partagé ça avec vous, vos réactions sont toutes super gentilles.
Je souhaite des jumeaux à toutes celles qui attendent un bébé depuis trop longtemps !

   
 

29.   MamanCélib  -  dimanche 5 avril 2009 - 13:05


A part les mots bleus et le délai, j'ai vécu exactement la même chose : même coeur qui bat, puis qui ne bat plus, deux passages pour moi sur la table d'opération... et cette tristesse qui parait insurmontable...

   
 

30.   Aude Nectar  -  lundi 6 avril 2009 - 14:47


Mais on est combien dans la blogosphère à avoir connu cette épreuve...?

Pensées pour vous et les petits anges.

   
 

31.   Eärlindë  -  lundi 6 avril 2009 - 20:47


Pour avoir failli perdre mon fils, tout au long de ma grossesse, tu as toute mes pensées et ma compréhension.
Beaucoup de tristesse à te lire, beaucoup a de joies à te savoir maman de trois petites crapules..

   
 

32.   Pralinette  -  mardi 7 avril 2009 - 18:18


C'est atroce, vraiment...
Je crois que les mots bleus, c'est une chanson que je détesterais.... définitivement.
Oui il en faut du courage !

   
 

33.   Maman à l'école  -  mardi 7 avril 2009 - 22:13


J'ai l'impression que tu racontes mon histoire... J'aurais pu raconter mot pour mot la même chose (l'IVG compris...gaffe d'une infirmière indélicate qui, au vue de mes larmes, m'a méchamment fait comprendre qu'après tout c'était mon choix. C'est le médecin qui m'a emmené au bloc qui s'est excusé à sa place).

J'étais enceinte de trois mois, et contrairement à ma première grossesse, je l'avais déjà annoncé à tout le monde. C'était extrêment dur de devoir dire autour de moi que j'avais perdu le bébé.

Par contre, au contraire de toi, je suis très vite retournée à la fac: ça permet de centrer ses pensées sur autre chose.

Maintenant j'ai un pincement au coeur quand la date arrive, mais si ce bébé était toujours là, je n'aurais jamais donné naissance à mon adorable petite fille (je suis tombée enceinte quatre mois après...). Ce n'est pas de la tristesse que je ressent, c'est comme si c'était déjà elle qui avait été dans mon ventre.

Adorable, en tout cas, le poisson sur le pyjama!

   
 

34.   pénélope  -  mercredi 8 avril 2009 - 09:36


Comme je compatis, je revis les mêmes moments douloureux !
J'ai deux fils de 13 ans d'écart, entre les deux j'ai fait deux fausses couches avec curetage (j'ai horreur de cette appellation!....) je trouve que l'on devrait trouver un autre nom à ce rendez-vous maternel raté....
Je garderai toujours en mémoire ces caillots de sang énormes dans la cuvette des toilettes de la maternité, la petite chose qui était en moi s'est évacuée spontanément avant le curetage, ce qui n'a bien évidemment pas évité celui-ci après...Il faut avoir vécu ça pour comprendre à quel point c'est douloureux psychiquement, surtout quand le désir d'enfant est là depuis des années !
Sale farce pour toi en ce jour du premier avril , mais je vois avec plaisir que tu es récompensée maintenant, ta petit famille est magnifique, superbes bébés !

   
 

35.   La fille de pralinette  -  mercredi 8 avril 2009 - 14:40


Bonjour Aude.
J'ai lu avec beaucoup d'émotion votre récit, j'en ai pleurée même... Je suis très touchée par ces mots car le 2 Mai de l'année dernière, je vivais la même chose.... Sauf que je n'ai pas eu de "curetage"... Moi aussi, le cœur ne battais plus, a presque 3 mois de grossesse.... C'est dur et je crois que l’on n’oublie jamais... Pareil que vous, je me posse des questions sur le sexe, la ressemblance.... Bref, ce "bébé" restera à tout jamais prés de mon cœur. Je vous embrasse et vous souhaite beaucoup de courage.
Amicalement

   
 

36.   Aude Nectar  -  mercredi 8 avril 2009 - 23:04


Nous aussi on l'avait annoncé à la famille et aux amis.
Devoir répondre que c'est fini ou appeler pour annoncer la mauvaise nouvelle, c'est terrible.
On sent bien que la plupart des proches ne savent pas comment réagir, ne disent rien, enfin parfois ça vaut mieux, quand certains commentent ça comme si c'était banal c'est dur aussi.

J'aurais été traumatisée de perdre le fœtus avant et de discerner des détails humains, non merci.

C'est important d'avoir d'autres projets ou l'idéal un autre enfant après pour ne pas focaliser ou trop y penser.

Bon courage à toutes celles, tous ceux, qui vivent ou ont vécu cette perte. Et gardez espoir, regardez où j'en suis, deux d'un coup, et trop mignons ! Ca n'arrive pas qu'aux autres, non..

   
 

37.   machaisnotdead  -  vendredi 15 mai 2009 - 18:37


gloups

   
 

38.   machaisnotdead  -  vendredi 15 mai 2009 - 18:50


Mêmes angoisses, mêmes palpitations (hélàs, pas les miennes) lorsque j'ai découvert, toute embrochée que j'étais par une sonde vaginale de l'échographie, l'écran assorti à la mine de circonstance du médecin; verdict sans appel: grossesse extra- utérine.
Alors fébrilement en rentrant chez soi on pianote sec et on lit ces témoignages de non- mamans qui désespèrent de l'être un jour. Déprime assurée. On remonte à cheval, on retente. Une fausse couche, presqu'une réjouissance, et si ça marchait?? "Une femme sur trois" répondit la gynéco, presque normal dans ces temps de pollution, pesticides etc. Une deuxième fausse couche. Enervant à la fin. Sûr qu'on l'appelllera Désiré s'il se décide un jour. Deux ans plus tard le miracle se produit, puis un autre deux ans après le premier. Parcours de la combattante, le tien me rappelle étrangement le mien. Ouffff. Ceci est un message d'espoir à toutes celles qui...

   
 

39.   Aude Nectar  -  dimanche 17 mai 2009 - 16:51


Heureuse que tu aies réussi à avoir deux enfants, quelle frustration et souffrance de ne jamais donner la vie !

   
 

40.   E.  -  samedi 30 janvier 2010 - 20:22


Evidemment avec presque 2 ans de retard mon commentaire est un peu inutile. mais je voulais juste te dire que c'est un tres beau billet, tres emouvant: j'ai vecu ca 2 fois...

   
 

41.   demande à maman !  -  jeudi 18 février 2010 - 14:09


Quel billet émouvant.

   
 

42.   George  -  jeudi 18 février 2010 - 18:27


Je n'avais pas lu ce billet quand tu l'as écrit, je viens de lire à la suite de ton billet d'aujourd'hui. J'ai vécu la même chose (peut-être le sais-tu), j'étais enceinte de 7 mois et demi, mon congé maternité commençait à peine, et comme pour toi, le coeur de ma petite fille s'est arrêté. Nous avions tout préparé : la chambre, l'armoire avec quelques vêtements, des doudous... tout s'est écroulé d'un coup, un énorme coup de massue, je me suis écroulée, je crois n'avoir jamais ressenti une telle douleur, un tel vide, c'était le 11 septembre 2002, c'est toujours comme si c'était hier... nous avons pu l'inscrire sur notre livret de famille, et c'est vraiment très important pour moi, qu'il y ait une trace tangible quelque part de son existence... Alors bien sûr j'ai eu mes deux loulous, c'est une immense joie, mais immanquablement je ne cesse de me dire qu'il me manque ma fille... c'est ainsi, c'est une douleur que l'on ne peut pas effacer.
Je t'embrasse, merci d'avoir eu le courage de raconter cela, moi je ne l'ai pas eu sur mon blog !

   
 

43.   Aude Nectar  -  vendredi 19 février 2010 - 22:33


Commentaires jamais inutiles, même longtemps après !
Je resterai toujours un peu marquée par cet évènement, et ce jour en particulier.
George, c'est terrible, tu as perdu un bébé, une petite fille sur le point de naître, je comprends qu'elle te manque.
Heureusement que des enfants pour nous deux sont venus ensuite, mais je compatis vraiment. C''est dur à raconter, je n'en parle plus d'ailleurs, mais il reste une trace de cette petite vie en moi.
Pensons surtout à notre famille aujourd'hui, la vie est courte, et nos enfants nous apportent tellement de joies au quotidien. Bises à toi, et courage à toutes celles qui passent par cette épreuve, le temps apporte consolation et d'autres évènements plus heureux, il faut garder espoir !

   
 

44.   lyly  -  mercredi 7 avril 2010 - 01:21


Coucou. Vraiment désolée pour ce qui t'es arrivé ce 1er avril.
Je voulais juste te préciser que une aide-soignante et une sage-femme c'est différent, car je pense que tu as confondu les deux dans ton article.
Sage-femme, c'est une profession MEDICALE à Bac +5 avec le concours COMMUN avec médecins et dentistes(donc 1ere année médecine commune pour les 3 professions)
Aide soignante est une profession paramédicale et il me semble bien qu'il n'y a pas besoin d'avoir le bac systématiquement, et la formation dure 10 mois.
Désolée mais je n'en peux plus de voir ma profession si peu reconnue !
Amicalement

   
 

45.   annetribute  -  dimanche 30 mai 2010 - 07:47


j'ai les larmes aux yeux!
je n'ai pas connu cette douleur ! en parler çà fait du bien je pense!!

je te souhaite une très très belle fête des mamans! pleins de bisous!

   
 

46.   Livre photo personnalisé  -  mercredi 4 août 2010 - 17:44


Je compatis, cela nous est arrivé aussi dès la première écho et le coeur ne battait plus depuis déjà 5 semaines selon le gynéco. Mon mari s'en est trouvé mal et le gynéco a du l'allonger à ma place tellement il était blanc et froid... C'est vraiment un sale souvenir...

   
 

47.   buy tramadol  -  jeudi 28 octobre 2010 - 07:45


Lee bébé qes' insele, tout simempleent, classieLes ligameets, toeut ça.

   
 

48.   rent villa  -  lundi 15 novembre 2010 - 08:46


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49.   mamande3  -  mercredi 24 novembre 2010 - 16:21


Même des années après, cela résonne en moi...cette grossesse inachevée, cette impression de gachis et cette incompréhension. Merci et bravo pour ton témoignage. je vous souhaite une belle vie familiale.

   
 

50.   Fort Lauderdale personal injury attorneys  -  lundi 27 décembre 2010 - 20:50


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52.   mesa law group  -  mercredi 29 décembre 2010 - 15:40


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