The french Dream : Martial Denêtre, Directeur Général


Lors de mon petit séjour à la thalasso de Carnac, la responsable clientèle m'a gentiment proposé de rencontrer le Directeur, Martial Denêtre.
Un peu intimidée, je me suis demandée ce que j'allais pouvoir lui demander, en dehors des questions basiques sur les produits, la clientèle, les soins.
J'ai alors eu envie d'en savoir plus sur son parcours.
Je n'ai pas regretté cet échange, retour sur un french dream qui rendra tout américain vert de jalousie.

Moi : bonjour ! Merci pour ce séjour, mon amie et moi avons passé un très bon moment.

Martial Denêtre, ravi : tant mieux. C'est la première fois que nous recevons une blogueuse.

Ils sont tombés sur un bon numéro avec moi, rapport à mon humour, ma belle franchise et mes traces de chaussettes, mais je pense qu'ils le découvrira bien assez tôt.
Une superbe journaliste d'investigation, dresseuse de portrait atypique et au vitriol, rentre alors dans le vif du sujet (c'est moi pour ceux qui n'auraient pas fait le rapprochement) :

- Pourriez-vous m'indiquer votre âge et votre parcours ?

Il s'exécute avec plaisir, et une honnêteté qui me plaît.

- J'ai 45 ans. J'ai commencé à travailler à 18 ans, avec un CAP dans l'hôtellerie-restauration en poche. J'ai débuté tout en bas de l'échelle à Marseille. Réceptionniste, barman, pâtissier..

- Et vous êtes directeur aujourd'hui, comment en êtes vous arrivé là ?

- J'ai toujours été curieux et travailleur. Mais surtout, j'apprends très vite. De réceptionniste, j'ai été assistant Maître d'hôtel, puis Maître d'hôtel, puis Économe, enfin Directeur d'un hôtel 4* à Montpellier. J'avais à peine 30 ans que je dirigeais le Centre de thalassothérapie de Pornic. J'y ai été Directeur pendant 16 ans, avant d'arriver à Carnac.

- Quels ont été vos atouts pour être amené à diriger de grands hôtels aussi jeune, aussi rapidement ?

- Je crois que je dois beaucoup à ma mémoire. J'étais une véritable éponge. Avide d'apprendre, de progresser, de comprendre comment tout fonctionnait au delà de mes compétences. Aussi, je n'ai jamais été avare de mon temps. Les journées de travail commençant à 6 heures du matin, se terminant à 22 heures, n'ont pas été rares. J'ai certainement eu de la chance aussi, des opportunités qui se sont présentées au bon moment dans ma carrière.

- Certains croient que seuls les anciens de HEC, Polytechnique ou l'ESSEC ont le monopole des postes clés de direction en France, vous nous démontrez qu’on peut y arriver sans études supérieures..

- Les études m'ennuyaient, je n'étais pas fait pour ça. C'est sur le terrain, dans l'échange que j'ai tout appris. Analyser des situations, prendre des risques, creuser pour mieux comprendre et améliorer les choses me passionnent. En 15 ans à Carnac, le Centre a évolué, la fréquentation annuelle est passée de 120 000 à 300 000 personnes. L'arrivée de l'hôtellerie, des courts séjours et des 35 heures ont contribué à cet essor. En 2007, nous avons ajouté le SPA Marin à la piscine. Il a été possible pour les gens de venir en profiter quelques heures, pour une pause détente plus courte.

- Et aujourd'hui, qu'est-ce qui vous intéresse, qu'apprenez-vous encore ?

- Après avoir expérimenté une bonne partie des métiers de l'hôtellerie et de la restauration, je me passionne maintenant pour le marketing et la gestion. J'ai découvert aussi que gérer des hommes, les rapports sociaux n'est pas toujours évident. Nous venons de passer un an et demi à élaborer notre nouvelle gamme de produits Bio Carnac, à base d'eau de mer de Carnac et d'algues. Concevoir ces produits respectueux de l'environnement, de notre santé, qui respirent la Bretagne, nous ont permis de nous démarquer de la concurrence et répondre à la demande actuelle.

- Est-ce que le fait d'avoir commencé tout en bas vous aide à mieux comprendre vos salariés ?

- Vous savez, le temps passe. C'est vrai que le gars qui passe la serpillière, je suis passé par là. Je suis issu d'un milieu ouvrier. Mais eux me voient comme leur Directeur, et c'est ce que je suis dorénavant dans ma tête. Quand on a la responsabilité de deux hôtels, des résidences et du Centre de Thalassothérapie de Carnac, cela oblige à prendre des décisions, il faut que ça tourne, que les employés suivent. J'essaie d'être le plus juste possible. Mais j'attends de mes salariés un minimum d'investissement et de motivation. Une entreprise est un groupe de personnes, chacun doit remplir sa mission pour que le tout fonctionne.

- Et...votre vie de famille ? Un peu de temps pour elle ?

- Je suis marié. Mais mon travail passe avant tout. J'ai été honnête avec ma femme. Je lui ai expliqué avant le mariage tout ce que cela représentait pour moi. Que j'y consacrerai beaucoup de temps, qu'il était possible que cela empiète sur notre vie de couple. Elle-même travaille à plein temps. Nous avons trois enfants.

- Votre Credo, des conseils pour ceux qui voudraient marcher sur vos pas ?

- Oui, je suis convaincu que les faiblesses deviennent des forces avec le temps. Qu'avec une bonne dose de volonté, de la curiosité, on peut arriver à tout.

- Si j'ai bien compris, votre épanouissement dans la vie passe principalement par votre travail ?

- Détrompez-vous. Si je gagne au Loto demain, j'arrête tout. J'ai simplement besoin de défis.
Il m'est impossible de rester inactif. Tondre ma pelouse et regarder les passants assis sur mon banc, ce n'est pas fait pour moi. Si j'avais assez d'argent pour ne plus travailler, je me lancerais dans l'ascension de l'Everest.
Le monde est tellement vaste aussi. J'espère bien le parcourir un jour.

Mes moteurs sont l'action et la liberté.

 
 
Commentaires

1.   Frannso  -  mercredi 28 avril 2010 - 11:43


Il vient de me filer une de ces pêches ton ami Martial ! Si je comptabilise mes faiblesses, et j' en ai pas mal, je suis donc destinée à un riche avenir ? J' aurai aussi ma part de French Dream ?
Je veux du rêve moi aussi !!! En attendant, j' y travaille ...

   
 

2.   Gaëlle  -  mercredi 28 avril 2010 - 12:54


Merci Aude pour cette interview que j'ai trouvé très intéressante et très franche !
Effectivement, il donne la pêche ce monsieur...et il a un joli parcours
Bien sûr, étant donné la thématique de mon blog, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur la façon dont il avait concilié avec sa vie familiale et ses responsabilités parentales :-))

   
 

3.   Oum  -  mercredi 28 avril 2010 - 15:55


Je suis un peu comme Gaëlle, je me demandais comment il faut au jour le jour avec 3 enfants... et comment il fait pour avoir une pêche comme ça... Seraient-ce des messages à répétition :)

   
 

4.   Pierrot  -  mercredi 28 avril 2010 - 20:42


Très intéressant ce parcours.

   
 

5.   Aude Nectar  -  mercredi 28 avril 2010 - 22:37


Pour la famille, je n'ai pas pu par discrétion pousser le questionnaire aussi loin que je l'aurais voulu, mais il a eu la franchise d'avouer que le travail comptait autant voire plus que la famille.
Je voulais ajouter aussi que j'ai été surprise par la chute, agréablement, en fait ce n'est pas tant monter et bosser qui compte, mais être actif et libre, bouger, découvrir des choses, que ce soit un métier ou le monde, c'est une vision qui me rejoignait bien plus et un état d'esprit aventurier plutôt sympathique.
Mais physiquement, il faut tenir, que ce soit avec ou sans diplômes, sans pistons, c'est beaucoup de temps et d'investissement personnel pour en arriver là, ça ne tombe pas du ciel.

J'espère que nous connaitrons tous notre french dream...

   
 

6.   windows 2003 iscsi initiator download  -  vendredi 25 février 2011 - 11:41


Merci Aude pour cette interview que j'ai trouvé très intéressante et très franche !

   
 
 

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