SuperOlive dévoile son champ de mines


Extrait du blog de M. SuperOlive, qui m'a bien amusée avec sa visite chez la gentille dermato pleine de tact...

ll y a quelques jours, j'ai effectué ma première visite chez le dermatologue pour faire vérifier mes grains de beauté dont la nature m'a copieusement arrosé l'enveloppe corporelle.
J'arrive à l'heure, ce qui n'est pas le cas d'une jeune femme qui arrive après moi. Elle se fait proprement mais fermement remettre les pendules à l'heure par le médecin.
La dermato (c'est une femme) : "Je vous ai attendu, vous aviez RDV Ă  9h00 Mlle Truc, reprenez RDV un autre jour".
Bon, rien d'anormal, mais dans le ton et les propos on sent que ça ne rigole pas du tout!


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Entendu, noté, rapporté


Extrait du blog Entendu à Paris, quand les parisiens ont les oreilles qui traînent...

Dans le bus rue Richelieu, un petit garçon à sa mère :
- Maman, regarde, des Sarkos !
- Non mon chéri, ce sont des policiers.
Entendu par Remartin

Dans le bar Le Cochon à l'Oreille, rue Montmartre, une femme au comptoir se rend compte qu'on ne lui à pas servi la 1664 promise mais une Leffe. Le patron lui fait remarquer qu'elle aurait pu s'en rendre compte avant d'avoir bu la moitié du brevage. Elle répond :
- J'm'en suis rendu compte parce que j'ai arrêté de parler. Mon cerveau s'est remis en route.
Entendu par Elodie

Dans le métro, une dame demande à un jeune qui écoute son lecteur mp3 :
- Est ce que vous pourriez baisser s'il vous plaît ?
- Non, moi j'aime écouter fort.
Entendu par Morgane

Lien blog : Entenduaparis

 


 

On l'a bien cherché


Extrait du blog de l'Enervé, professeur de Sciences dans l'Enseignement Supérieur.

"Les élèves français tout juste dans la moyenne. La France peut mieux faire pour ses élèves, qui reculent encore dans le classement de l'enquête internationale sur les savoirs acquis en sciences, en maths et en compréhension de l'écrit."
Voici ce que l'on peut lire sur le site de Libération, qui cite l'étude "Pisa" menée par l'OCDE.
Ben oui, nous l'avons bien cherché: à force de procéder à des réformes débiles sans queue ni tête, à force de faire inspecter les instits et les profs par des inspecteurs qui n'ont pas mis les pieds dans une salle de classe depuis 10 ans, à force de faire rédiger les programmes de physique de 5ème par des types sortis de Normale Sup, pour qui le monde tangible n'est que la manifestation émergente du principe d'exclusion de Fermi-Dirac et qui ont sans doute les plus grandes peines du monde à utiliser la fonction d'onde de Schrödinger pour faire tourner la clé dans la porte de leur appartement, nous y sommes arrivés.
(...)
Maintenant, ces jeunes, je les récupère en école d'ingénieur, à Bac + 3. Ils ne savent plus faire une règle de trois. Ils ne savent plus calculer l'aire d'un triangle ou d'un trapèze, parfois même pas celle d'un cercle. Avant, on savait ça après la 5ème. Maintenant, je dois le leur apprendre quand ils ont 21 ans. Pourtant, je continue de les "vendre" aux employeurs comme les meilleurs de leur génération. Et le pire, c'est que c'est presque vrai. Ce sont ces étudiants, qui ne savent pas calculer le volume d'un cylindre, qui vont faire les calculs de conception des réseaux d'eau potable, des réseaux d'assainissement, des stations d'épuration de vos villes. J'ai plein d'anciens élèves qui travaillent chez Veolia, Saur, Degrémont...
Ils ne savent plus rien faire? Ce n'est pas grave, prétendent la moitié de mes collègues: leur boulot ne sera pas de faire les choses, mais de les faire faire aux autres. Eux, ils aligneront les chiffres dans une feuille Excel pour estimer le coût des projets et passeront un jour directeurs de filiale. Comme me le disent mes collègues, "tu crois que leurs chefs comprennent mieux qu'eux comment coule la flotte" ? Merci les gars, sacrée consolation.

Vous avez peur? Moi aussi.

Lien blog et billet complet : L'énervé de service

 


 

Pardon de vouloir vivre...


Extrait du blog de Catherine, maman de Yoan.

Le comportement de Yoann est parfois atypique même si Yoann sait être poli et bien se tenir à l'extérieur.
J'aimerais être un peu plus cool, et pouvoir aller partout avec Yoann. Ne pas me poser la question de l'accessibilité, ne pas me poser la question de la place, la question de la grandeur des toilettes, etc !
J'aimerais ne pas être obligée de dire à notre interlocuteur que Yoann sait parler et qu'il comprend tout, comme si je devais lui donner une légitimité.
Ne pas m'excuser Ă  chaque fois que je veux passer dans certains endroits avec le fauteuil.
Ne plus avoir le sentiment d'embĂŞter les gens avec le handicap.
J'aimerais ne pas avoir le sentiment de faire l'aumône auprès d'organismes divers et variés, quand Yoann a besoin d'aides techniques.

Je suis désolée de vous embêter avec mes histoires mais j'ai besoin que vous sachiez que Yoann n'a pas choisi de naître handicapé !
C'est très frustrant de ne pas se sentir à sa place, c'est très frustrant d'être obligé d'attendre des lois en faveur des personnes handicapées, c'est très frustrant de voir que nos droits ne sont pas respectés.
Pardon de vouloir prendre le bus, pardon de vouloir investir les bancs des écoles, pardon de vouloir aller au théâtre, au cinéma, pardon de vouloir avoir un travail, pardon de vouloir faire du sport, de vouloir bénéficier des animations...

Lien blog : Infirmité Motrice Cérébrale Planète Orange

 


 

Bousculons nos sens


Extrait du blog de Memorandhomme. Mesdames, du calme ! Voilà un style littéraire que j'aime beaucoup, et des récits qui ne laissent pas indifférents.

Si je croise votre chemin, vous ne me remarquerez sans doute pas.
Si vous êtes une femme, vous remarquerez peut-être mes mains. Des mains de pianiste à ce qu'il paraît.
Si vous êtes sensible à l'élégance masculine, vous apprécierez peut-être la façon dont je m'habille. J'y passe du temps.
Si vous êtes sensible à la voix, vous aimerez peut-être mon timbre, ma façon de poser les mots. Bien entendu je déteste ma voix.
Généralement, cependant, vous ne me remarquerez pas. Je serai pour vous cet homme anonyme, un visage de plus dans la foule, un dos déjà oublié.
L'endroit où vous me remarquerez sera cet espace confiné où il y aura moi, et vous.
Dans cet espace oĂą il y aura votre corps et le mien.
Certes, vous m'aurez choisi.
Certes, vous m'aurez convié.
Mais c'est Ă  ce moment-lĂ  que vous me verrez tel que je suis.
C'est à ce moment-là que vous saurez à quel point je peux être l'opposé de cet homme civilisé et soigneusement habillé que vous auriez à peine remarqué la demi-heure avant.
C'est lĂ  que vous comprendrez que mon langage est celui de la peau.
La vĂ´tre et la mienne.
C'est en bousculant vos sens, en saisissant vos reins, en envahissant votre corps, en noyant votre visage sous la pression de mon épaule que je serai l'homme que je n'ai jamais cessé d'être.
C'est en dévorant chaque parcelle de vous, en humant chaque parfum et chaque odeur, en lapant chaque goutte de vos fluides les plus intimes que je vous connaitrai, et que vous me connaitrez.
C'est en heurtant nos corps, en mêlant nos souffles et nos râles, en fouaillant à l'intérieur de nos orifices que nous toucherons du bout de nos doigts souillés la nature de ce que nous sommes.
C'est Ă  ce moment-lĂ , au moment oĂą vous et moi serons perdus, que vous saurez qui je suis.
Un homme heureux. Un homme Ă  vous.

Lien blog : Memorandhomme

 


 

Souvenirs d'une année impudique


Extrait du blog d'Ada, qui nous offre un beau voyage tumulteux dans une autre année, un autre siècle déjà, qui vous pousseront peut-être à vous remémorer vos propres années folles...en attendant de vivre celle qui commence.

1996 est mon année la plus impudique, la plus outrée. Je me suis cherchée un peu partout. Je suis entrée dans un jeu que je croyais être de l’amour mais qui avec le recul ressemble plus aux déboires de l’amour propre.
Nous avons fait durer ça presque un an. Un an pour se déchirer, se comprendre, aller au bout de soi-même, des ses désirs, de ses ambiguités, de ses lâchetés aussi.
Des cris, de la vaisselle cassée. Des ventres noués, des mensonges, des silences aussi. J’ai goûté aux affres de la jalousie puis de la dispersion, et je n’ai pas du tout aimé ça. Je n’ai pas du tout aimé ce moi là. Je n’ai pas vraiment envie d’en parler. Avec le jugement à la fois compatissant et sans appel que je peux avoir sur moi-même, je trouve ça peu reluisant.
Avec le recul, je me rends compte malgré tout que cette année miévro-dramatique a été capitale dans ce que je suis devenue. Il fallait aussi en passer par là. Pourquoi ? Voilà une question à laquelle je n’ai toujours pas répondu, c'est celle de la découverte douloureuse de l'altérité je présume.

Je n’ai envie de garder de cette année-là que le piquant d’un coup de soleil sur les seins attrapé de manière totalement inattendue dans les eaux baignant la Bretagne, le vélo, la sensation de liberté au bord de la rivière du Krach, les émouvants menhirs de Carnac et la tendre sollicitude d’un ami qui, peut-être sans le savoir m’a aidée à retrouver le nord. Ou plutôt le sud. Je ne veux pas non plus oublier les pyjamas à fleurs et l’écoute bienveillante que m’a prêtés mon amie A. pendant les deux trois jours que j’ai passés chez elle à pleurnicher.

Lien blog : Iles on l'on ne prendra jamais terre

 


 

2008 : une étendue de neige vierge


Extrait du blog de la Griotte, afin de vous donner un bel élan et de l'enthousiasme pour cette nouvelle année !

J'aime l'idée de commencer une nouvelle année.
D'envisager son inconnu comme la source possible d'évènements agréables.
Elle s'étale comme une étendue de neige que personne n'a encore foulée...Vierge. Disposée à recevoir nos projets, à prendre forme sous nos actions, à se modeler de souvenirs au fil des jours...

Pour ces raisons, je commence toujours une nouvelle année par un bon pas, franc et enthousiaste, qui j'espère donnera le ton à tous ceux qui suivront...

Lien blog : La Griotte croque son blog est de retour, j'en suis heureuse !

 


 

Gaffes chez sa belle-famille


Extrait du blog de Maggie.

A mes débuts avec Doudou, j’étais assez intimidée par sa famille.
Bien que ses parents aient quelques points communs avec les miens, et malgré des abords sympatiques, j’avais quand même peur de ne pas faire bonne impression. Il faut dire que sa maman était un peu froide - ce qui lui a passé dès que nous nous sommes fiancés : à partir du moment où elle pouvait s’investir avec moi, j’imagine.

Un jour, pendant le dîner, j’explique que ma maman a perdu sa propre mère à l’âge de 19 ans, et que par conséquent mon père n’a jamais connu sa belle-mère ; et je ne sais pas ce qui m’a pris, sans doute un besoin idiot de faire du remplissage, mais inspirée par ce cliché bien connu comme quoi les belles-doches sont des monstres toxiques, je crois bon de rajouter “mon père, il n’a jamais connu sa belle-mère : c’est un homme heureux !” et meeeeeeeeerde… à qui je suis en train de raconter ça, au fait ???

(Evidemment, c’était presque rien comparé à la fois où j’ai dit “il est bon votre poisson en papillotte !” et qu’on m’a répondu “c’est pas du poisson, mais bon…” - raté, c’était une saloperie de foutu lapin !)

Lien blog : La fille aux craies

 


 

Sous le pâté, la résurrection !


Extrait du blog de Jean Pierre Repiquet. Comme c'est la semaine de la résurrection...si ça peut vous donner des idées pour les restes des fêtes !

L’application que je mettais à mes études et mon sens aigu de la discipline me valurent le plaisir de passer une partie de ma scolarité dans un établissement privé où l’on nous poussait sur le chemin de la connaissance étroitement bordé, de part et d’autre, d’une infranchissable clôture de principes chrétiens.
Je ne regrette pas cette époque mais je n’en ai pas non plus de mauvais souvenirs. C’était l’âge des découvertes et j’en ai fait beaucoup…

Je me souviens en particulier d’avoir découvert la faim au son des gargouillements harmonieux de mon jeune estomac. On nous enseignait les vertus de l’ascèse et l’horreur du gaspillage. Nous nous nourrissions uniquement pour survivre et aucun d’entre nous n'aurait imaginé prendre un jour du plaisir à table…
Les gratins succédaient aux sautés avec une monotonie désolante. Le vendredi était, bien entendu, le jour du poisson. Mais avant ce point d’orgue, le jeudi, le cuisinier nous préparaient la spécialité de l’établissement : Le pâté de résurrection !
Ce nom extraordinaire désignait une trouvaille stupéfiante dont je n’ai jamais trouvé l’équivalent ailleurs. Il s’agissait tout simplement d’un astucieux mais providentiel accommodement de tous les restes de la semaine écoulée… De la pointe d’une fourchette exploratrice, nous redécouvrions avec ravissement, sous d’anciennes côtes de blettes en béchamel, un pilon de poulet dominical et des vestiges d’aile de raie côtoyant le râble de lapin du lundi. Le repas prenait soudain une tournure très scientifique et je pensait à cette époque là, devenir plus tard médecin légiste ou archéologue.
Sous le pâté il y avait la résurrection !

A la seule évocation de ce saint principe, l’appétit serait revenu à n’importe lequel d’entre nous si par hasard il lui avait fait défaut. Le père supérieur avait ramené d’Angleterre cette prodigieuse idée. Il l’avait découvert là bas sous le nom de “résurrection pie” et l’avait immédiatement inscrite à nos menus. Il aimait, à chaque occasion, en prononcer le nom anglais avec cet abominable accent palestinien qui nous faisait rire aux larmes.

Lien blog : Ludion Libre

 


 

Haine généalogique à l'approche de Noël


Extrait du blog de Jean-Patrice, qui nous raconte sa vie et ses souvenirs entre deux critiques acerbes de blogs.

Enfants, ma soeur et moi nous détestions généalogiquement. Et d'autant plus à l'approche de la sanction de Noël.
Avions-nous été suffisamment aimants pour mériter les joujoux par milliers?
Mais ce que je sais, c'est que nous jouions à faire enrager maman, excellent prétexte pour nous adonner ensuite à la pratique quotidienne de la lettre au Père Noël.
Maman était doublement ravie, elle pensait que nous y croyions dur comme fer et nous lui donnions l'occasion de la laisser tranquille boire son thé.

Ainsi, et dès le début du mois d'octobre, la guerre des missives était déclarée.
Nous corsions l'affaire en nous faisant passer tour à tour pour l'autre, de façon à augmenter le débit de notre correspondance.
Nous y trouvions notre compte d'adversité et ça se passait en silence, seul le chuintement de la mine grasse du crayon gris et nos rires étouffés perturbaient la compétition.

"Cher Papa, pour Noël, je veux du caca dans ma culotte tous les jours et des draps en fil de fer barbelé, signé ta petite Hildegarde."
"Cher Papa Noël, cette année, j'ai été d'une sagesse karmique, ainsi ne pourras-tu pas me refuser la petite fiole d'arsenic que je t'ai commandé l'an dernier, signé ton dévoué Jean-Patrice."

Jusqu'à ce que ma mère découvre nos jeux épistolaires et ne trouve d'autres solutions que de tout nous avouer.

Lien blog : J'irai cracher sur vos blogs

 


 

IncontrĂ´lable fou rire


Extrait du blog d'Astrid, qui pour se détendre de ses journées mouvementées de mère au foyer exilée de la capitale a décidé d'essayer la sophrologie. Certains s'y retrouveront (ceux qui se faisaient virer en cours), moi oui et j'ai bien ri !

Assise en tailleur j'écoute l'animatrice. “Fermez les yeux” Je regarde si tout le monde ferme les yeux, ils ont tous les yeux fermés, c'est très très sérieux.
“Vous vous concentrez sur votre Moi, vous ne pensez plus à rien…” (je ne peux pas m'empêcher de penser à ma voisine qui respire fort et qui pue des sandales)
“…Vous sentez votre tête, votre nuque, vous descendez, vous sentez votre dos et votre ventre, vous sentez vos organes génitaux…”. J'ai rigolé… Mais pourquoi j'ai rigolé ? Je sens que j'ai cassé l'ambiance, l'animatrice a ouvert les yeux et me fixe méchament. Je ferme vite les miens et je reprends ma respiration.
“…Vos organes génitaux, votre anus”… non, là c'est trop, le mot anus me fait mourir de rire… Je me mords les joues, je pose mes mains sur mon visage et je regarde à travers mes doigts si quelqu'un rigole : per-son-ne.
“…Vos cuisses, vos jambes et vos pieds”. Silence complet. J'ai envie de hurler : Sortez vos cahiers de géographie !! interro surprise !!”. Ça me gratte partout.
L'animatrice met une petite musique. Je suis la seule Ă  me tortiller.
ScruichSCCROUICH : c'est mon voisin qui se gratte la tête : un paquet de poils de cul longs comme des lianes, je m'écarte légèrement, j'ai peur qu'il me refile ses péloches. Je me fais un tout petit peu chier.
L'animatrice éteint la musique. “À présent vous êtes seule avec Vous. Et vous profitez pleinement de ce moment”. PRuiinnch. Ah ! Y en a une qui a craqué une tôle !! Si !! J'ai très bien entendu. Ça c'est le jus de pomme bio : ça fait péter ! Tout le monde ignore l'incident.
Je suis secouée d'un fou-rire et je ne maîtrise plus rien. Surtout que je suis vraiment la seule à rire.
L'animatrice s'est levée, doucement, à pas feutrés elle avance vers moi et me glisse à l'oreille “pour la paix du groupe, veuillez sortir, vous reviendrez lorsque vous serez calmée”.

Lien blog : Lapin malin

 


 

La prétention des blogs


Extrait du blog de ce Bref Réveil, cynique et réaliste !

Un sinistre individu un jour qualifia mon blogue de prétentieux. Je fus étonné qu’il prît la peine de faire cette remarque, car je croyais que cela était une évidence.

Si j’ai bien compris le principe même du blogue, ou carnet ouèbe selon le degré de francisation, il s’agit de rendre public l’accès à un journal personnel de pensées, d’opinions ou autres élucubrations. Le fait de publier ce journal dénote déjà une prétention de croire que des inconnus peuvent s’y intéresser. Et lorsqu’on se met à commenter régulièrement une pléthore de blogues étrangers en prenant soin d’y laisser l’adresse du sien, on frise la fatuité. Nonobstant le contenu disgracieux et parfois haineux de certains blogues, je ne crois pas que cette prétention que l’auteur accorde à ses écrits soit un mal. Tout au plus peut-elle paraître ridiculement inutile.

Quoi qu'il en soit, ce n’est pas d’hier que les essayistes, familiers de narrations à la première personne, sont fustigés. Le grand Michel de Montaigne, que l’on pourrait considérer comme l’ancêtre des blogueurs, fut lui-même mal reçu par plusieurs. Entre autres, Blaise Pascal le jugeait de façon acerbe : "Les défauts de Montaigne sont grands. Il est plein de mots sales et déshonnêtes..."

Lien blog et suite billet: L'inutile et l'incertain

Lire aussi mon billet d'humeur : Pourquoi les blogueurs bloguent-ils ?

 


 

Une semaine qui n'en finit pas


Extrait du blog de Lola, enseignante de littérature française aux Etats-Unis

Cette semaine n'en finissait pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, à le sentir : mes collègues me l'ont confirmé, mes élèves ne peuvent que le reconnaître. Je vous jure qu'ils ont rajouté un mardi ou deux, cette semaine. Et quelques heures au mercredi.
Des couches de fatigue toute fraîche sur le limon ancien du manque de sommeil. Je me trouve si vieille, en me regardant dans la glace. Et puis, un manque de bienveillance, de gentillesse, un manque d'indulgence (pour mes élèves, mes enfants, mes collègues), que je ne reconnais pas ni ne peux contrôler.
Ma chef m'a prévenue plusieurs fois cette semaine, "Apprendre à gérer les relations humaines" m'a-t-elle seriné. Oui, mais je ne trouve pas l'énergie pour cela. J'ai envoyé baladé plusieurs élèves qui pensent que mon temps est tout entier le leur, et que, parce que je suis là, je suis à leur disposition. En temps normal, je m'en accommode assez bien, mais là, j'ai réagi avec une agressivité qui ne me correspond pas, comme s'ils voulaient me voler mon temps précieux, mon unique bien.

Alors, je m'isole, me cache, disparais. A l'école, je reste dans ma salle, ou trouve refuge dans un coin de la bibliothèque. Je n'ai quasiment pas mis les pieds dans le bureau, ces derniers temps.
J'ai de plus en plus de mal Ă  partager l'espace.
A la maison, je me retranche derrière mes barrières infranchissables. Je ne suis pas là, je ne suis pas là, ne me cherchez pas!

Lien blog : D'ici lĂ