Paraît qu'on va s'enrichir...


Un truc que j'aime bien, c'est le moment de la semaine où je vais acheter ma presse hebdomadaire.

Etudiante, salariée, au foyer, ça fait 25 ans que j'aime passer une demi-heure à regarder toutes les couvertures chaque semaine, au risque de finir par énerver le vendeur : "vous cherchez quelque chose ?". Moi aux anges : "non merci, ça va, je regarde !".
Et je regarde, je touche, je repose, je prends, je feuillette. La chieuse quoi. Mais une chieuse qui a au moins le mérite d'acheter au bout du compte.

Enfant c'était les Mickey, Picsou, Astrapi, J'aime Lire, revues animalières et Pif Gadget.
Adolescente, n'ayons pas honte de le dire, OK magazine et 20 ans.

Et aujourd'hui, c'est la totale. J'achète un peu de tout, actualité, people, économie, histoire, sciences, déco, revues féminines, je suis tellement open et avide de culture comme fille !

C'est une sorte de drogue. Je fume pas, je bois peu, mais je m'achèterais bien mes 10 mags chaque semaine. Faut que je me réfrène et c'est pas facile.

Tout ça pour dire qu'en ce moment, vous savez, la crise, les gens qui perdent espoir, fric, moral et confiance en eux et en la société, et bien certains mags en font leur fond de commerce. C'est très net depuis la rentrée.

C'est surtout vrai pour les revues financières et d'actualité.
Regardez les gros titres depuis au moins trois mois, c'est assez parlant : "Comment profiter de la crise", "Immobilier : les petits malins anti-crise" (Le Figaro Magazine), "Les meilleurs placement anti-crise" (Capital et consorts), "Les bons plans pour devenir riches" (Création d'entreprise), "A la poursuite du bonheur" (dernier Nouvel Obs).

Relevez et notez bien l'expression très en vogue "anti-crise", et oui, à en croire la presse, il en existe des astuces anti-crise.
Et ne vous contentez pas d'être juste anti-crise si vous êtes entreprenant et encore plus malin, mais profitez-en ! Et si possible, devenez riches. Mais pour ça faut acheter le mag et lire le super dossier, avec des conseils trop pas évidents.

Les actions soit-disant soldées d'abord, le CAC40 ayant quand même perdu 40% sur l'année 2008. Pas sur que ça continue pas à baisser, mais si vous achetez maintenant des valeurs injustement boudées et pas trop impactées par la récession (évitez les banques et l'automobile...ainsi que ce qui touche à l'immobilier), vous pourriez être gagnant d'ici deux ans. Mais c'est un pari. Et je suis quant à moi moins optimiste qu'en octobre...
La super valeur refuge anti-crise qui elle prend de la valeur, c'est l'or, un conseil qu'on voit un peu partout aussi.

Et puis l'immobilier. C'est le moment de négocier et faire baisser les prix un max. Idem pour les loyers. Ca aussi, c'est profiter de la crise. Une petite pensée en passant pour tous ceux qui ont un prêt relais et n'arrivent pas à vendre (vous avez suivi les conseils de Stéphane Plazza ?), ou qui veulent acheter et n'arrivent pas à emprunter. Et ceux qui perdent leur emploi. Pour eux, pas de recette anti-crise.
Mais la presse ne s'appesantit pas là-dessus, quand certains profitent, il y a toujours des perdants de l'autre côté. C'est la vie.
Et quant aux 24 000 personnes qui meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes, on s'en fout, c'est loin, on est pas concernés. Les gens veulent des plans anti-crise, un point c'est tout ! On aurait mieux fait de leur envoyer tout ce qu'on a perdu en Bourse.



Ah si, un top conseil pour tous, la presse vous conseille de profiter des soldes, paraît que les commerçants vont nous faire du 70% assez rapidement...crise oblige. Youpi !!

Enfin, c'est typiquement humain tout ça, de profiter de la faiblesse d'autrui :

 
 
Commentaires

1.   Equinoxe  -  samedi 3 janvier 2009 - 21:13


Alors ok... la presse qui profite de la crise pour créer un nouveau marronier je veux bien. C'est vrai que je me demande à chaque fois où ils trouvent ces journalistes si savants à chaque fois qu'il y a une crise ou un gros truc qui arrive !!! Surtout pour nous dire que l'or c'est bien, ça fait un bail qu'on sait que c'est LA valeur.
Par contre, cher Nectar du Net, Aude de votre prénom si j'ai bien saisi, je ne suis pas trop dans le trip de comparaison " Et quant aux 24 000 personnes qui meurent de faim... blablabla.", je trouve ça assez moyen comme argument... c'est comme au moment du tsunami où certains s'offusquaient qu'il n'y ait pas autant d'engouement de dons pour la recherche contre le sida qui faisait chaque jour plus de victimes.
A partir du constat où il y a toujours plus grave chez le voisin, plein de choses deviennent inutiles... comme tenir un blog par exemple ;-) A quoi ça nous sert en temps de crise ! Parce qu'entre votre massacre du Père Noël et votre refus de nous souhaiter une bonne année... vous z'êtes pas drôles en ce moment !

   
 

2.   Par Aude  -  samedi 3 janvier 2009 - 21:50


Fallait bien introduire mon illustration hein ! Et puis c'est vrai qu'il y a pire souffrance que perdre un peu de fric, certains le dramatisent un peu trop.
Mais si j'suis drôle...à ma façon :-D :-D
Dans mes reproches aux journalistes, j'ai dit globalement ce qu'il y avait à dire, eux en font des pages entières de conseils à la con sur la Bourse et l'immobilier, de pronostics foireux, j'ai cité le gros.

   
 

3.   berlioz  -  dimanche 4 janvier 2009 - 10:25


L'anti-crise on la connait, la crise aussi, c'est quelques personnes qui s'en mettent plein les fouilles pendant qu'une majorité se demande où est passé son argent. La véritable solution anti-crise serait d'inventer un nouveau rapport entre les personnes qui ne passerait pas par de l'argent et la consommation, que la bourse ne soit plus la référence absolue, que les salaires et le personnel ne soit plus une valeur d'ajustement pour conserver un taux de profit acceptable par certains.
On peu supposer qu'alors les pays qui ont été exploités jusqu'au trognon pourraient enfin trouver à manger à leur faim.

Merci d'être passé à la maison et d'en avoir laissé une petite trace. Bonne année et à très bientôt sur la toile.

   
 

4.   Equinoxe  -  dimanche 4 janvier 2009 - 10:31


C'est vrai qu'on entend beaucoup dire qu'il faut en profiter pour changer nos modes de vie. Moi, je me demande... Au moment de la crise de 1929, ça a été le cas cette remise en question ? Quelqu'un en sait quelque chose ?

   
 

5.   Par Aude  -  dimanche 4 janvier 2009 - 16:21


J'ai bien peur que lâcher ses habitudes et son petit confort soit un peu trop difficile pour la plupart d'entre nous, on rêve de la vie idéale, moins matérialiste, plus tournée vers l'autre, mais rares sont ceux qui passent à l'acte, si ?

   
 

6.   Equinoxe  -  lundi 5 janvier 2009 - 09:20


Moi franchement, je ne suis pas convaincu qu'il est nécessaire de changer... En quoi en fait ? Vous avez des exemples concrets ?

   
 

7.   Par Aude  -  lundi 5 janvier 2009 - 14:50


Chère Equinoxe, Pater Kemper me confiait récemment rêver ouvrir un petit hôtel de routards en Thaïlande, si c'est pas du changement de vie ça ?! Un peu compliqué matériellement je crois...

   
 

8.   Equinoxe  -  lundi 5 janvier 2009 - 15:59


Oui, c'est sur c'est du changement de vie ! Mais bon, en quoi ça va résoudre la crise que Pater Kemper parte en Thaïlande ?
Je voulais parler des changements de mode de vies pour faire avancer la société, ce dont parler Berlioz en fait.

   
 

9.   Par Aude  -  lundi 5 janvier 2009 - 16:13


Ca changera qu'il ouvrira son blog et nous fera voyager, et plus penser à la crise, sans compter le squat de toute la Nectar Family une fois par an !
Pour faire avancer la société : moins de superflu dans nos achats, plus de dons, de troc, de partage, d'entraide, obliger (pour commencer, puis ça viendra tout seul, c'est triste mais c'est le seul moyen d'y arriver...) chaque famille à rendre visite et s'occuper d'un petit vieux tout seul, voire d'un SDF etc sinon amende et pénal, et je dénonce moi hein !

   
 

10.   Startijenn  -  lundi 5 janvier 2009 - 16:44


Chère Aude, moi je veux bien changer de vie avec Pater Kemper !! Il est célibataire ?

   
 

11.   Par Aude  -  lundi 5 janvier 2009 - 17:21


Cher Startijenn, malheureusement Pater K n'est pas célibataire, il comptait bien inclure sa douce dans ce beau projet de l'ordre du rêve..

   
 

12.   Par Aude  -  lundi 5 janvier 2009 - 22:01


A lire sur le sujet : http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=485

   
 

13.   Equinoxe  -  mardi 6 janvier 2009 - 22:21


Chouette ! De la lecture ! Je reviens après avoir lu tout ça...

   
 

14.   Immo  -  mardi 12 mai 2009 - 13:33


La presse traditionnelle, journaux, revues, restent indispensables même si, aujourd'hui, Internet est devenu l'un des moyens de communications le plus puissant.

Parcourir un journal, s'évader dans un roman, restera un plaisir simple qu'internet ne pourra remplacer.

Pour ce qui est de l'immobilier, l'inflation que nous avons connue ces dernieres années a conduit immanquablement à l'éclatement de la bulle immobiliere par lequel, la crise fianciere l'y a plongé.

Au fil des années, de moins en moins d'acheteurs étaient présents sur le marché du fait du manque de solvabilité manifeste des ménages.

Les prix doivent aujourd'hui nécessairement baissés, pour revenir à des valeurs plus conformes aux capacités financieres réelles des ménages français.

Les établissements financiers ont contribué à l'inflation des prix de l'immobilier, ce qui leur a permis de faire recette au passage.

Les prix trop élevés ont asséché peu à peu le nombre d'acquéreurs sur le marché et plus particulierement dernierement avec le durcissement des conditions d'emprunt. Le pouvoir d'achat des francais a de ce fait fortement diminué. La part accordée à l'immobilier est devenue de plus en plus importante.
La correction du marché repose donc sur les vendeurs qui ont précédemment payé le prix fort. Tous n'ont donc pas la possibilité de revoir leur prix à la baisse. C'est pourquoi certains se retrouvent bloqués.

Le marché locatif dont les prix sont extremement élevés est étroitement lié aux prix de vente. Le vendeur amorti son investissement en fonction du prix d'achat.

Un geste de la part des établissements financiers en faveur de ces ménages serait légitime. Le soutien de l'état est désormais indispensable.

   
 

15.   Jeux  -  dimanche 23 mai 2010 - 16:59


Pour rebondir sur la Bourse et en particulier le CAC40, après avoir tenté une initiation, je n'ai pas continué plus loin. Le système de spéculation est attrayant et prenant en soit, mais l'attrait du profit rend la chose malsaine à mes yeux. Je ne serais pas surpris d'apprendre que la bourse entraine une dépendance chez certaine personne. C'est un peu comme le joueur de casino, attiré et pris par le jeu d'argent, ayant du mal à décrocher...

   
 
 

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