Un peu de poésie, dans ce monde de brutes et de cataclysmes


En cette journée mondiale de la poésie, enfin une réellement utile et belle pour l'humanité, j'aimerais partager avec vous quelques vers qui m'ont touchée, et en particulier ceux de Jean Lahor, qui n'est malheureusement plus publié, ce qui est à mon sens une belle connerie étant donné que c'est le meilleur et par conséquent mon poète préféré. Je lui rends donc hommage ici.

Je rends aussi hommage à l'amour et tout ce que la passion et le désir font vibrer et palpiter en nous, parfois douloureusement :

Tu ne me connais pas, tu ne sais qui je suis,
Tu ne m'aperçois pas, le soir, quand je te suis...


Lire la suite

 


 

Secouée, sans illusions


Un vieux billet d'archives qui se met malencontreusement en ligne ce matin (je viens de le supprimer, désolée), le Japon secoué, submergé, terrassé, puis sous menace nucléaire, à moitié irradié déjà, alors que tout roulait il y a une semaine, Kadhafi qui s'en prend violemment sans aucun scrupule à son propre peuple, en tenant des discours incohérents, dans un laisser faire et une passivité de notre part assez affligeants, c'est du grand n'importe quoi à tout niveau.
Le Japon, j'y suis née, je suis un peu assommée par cet afflux de catastrophes ces derniers jours. Je pense aux japonais, qui vivent dans l'angoisse, s'inquiétant pour leurs enfants, plus fragiles face aux effets des radiations, ayant en plus pour certains perdu un ou plusieurs membres de leur famille dans le raz de marée. Je les regarde impuissante aux infos traîner et chercher des corps à travers ces décombres, ces villes détruites par le tsunami qui, avant même une possible explosion de cette fichue centrale, rappellent déjà les villes de Hiroshima et Nagasaki au lendemain du largage des bombes atomiques. Je les regarde tenter de fuir, faire la queue aux stations pour obtenir le plein salvateur, n'obtenir que quelques litres quand ils ont de la chance, et se résigner à rester coincés, dangereusement exposés aux radiations invisibles. Ce pays, tellement attachant d'après mes parents et les expatriés qui s'enfuient à regret, ce pays est plongé en plein chaos. Et on attend, saturés de mauvaises nouvelles, la suite des évènements, qui promettent d'être encore pires. Aucun répit pour les japonais, blessés, physiquement, moralement, puis irradiés.

En France, on est cernés par des centrales. Comment peut-on être assez aveuglés pour pouvoir encore affirmer que c'est une énergie propre (les déchets radioactifs enterrés nous survivront des centaines de milliers d'années) et sans risques ? Que les Verts et les "lobbys" anti-nucléaires en profitent, les méchants, pour se faire de la pub sur le dos des japonais ? Combien de centrales encore devront nous exploser à la figure avant qu'on réagisse ?
L'homme est drôle tout de même. En plus d'être suicidaire et de privilégier ses intérêts financiers à la santé publique et à l'environnement, il ne tire aucune leçon de ses erreurs passées. Il replonge sans cesse dans des schémas de haine, d'avidité, de violence, et de luttes de pouvoir. J'ai du mal à croire que des actions intelligentes et le développement de vraies énergies propres vont découler de cet évènement, aussi catastrophique soit-il pour la population au Japon, et dans le monde. Parce que ce n'est pas notre bien-être qui compte, notre sécurité, mais le chiffre d'affaire et le cours de la bourse des grandes entreprises.

Je nage de plus en plus dans l'humanisme désillusionné de Montaigne.